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«Un beau bébé» de 18m et 5 tonnes: le sapin waimerais planté sur la Grand-Place de Bruxelles

Le sapin de la Grand-Place est arrivé de Waimes ce 19 novembre. Il sera garni sur le thème du «renouveau»: 1km de guirlande et 250 fleurs le décoreront.ÉdA – Julien RENSONNET

Le sapin de Noël de la Grand-Place de Bruxelles a été planté sans heurt et dans un temps record ce 19 novembre. Ses anciens propriétaires, restaurateurs à Robertville, n'ont rien perdu du spectacle. En chef d'orchestre: un pépiniériste spécialiste du sapin de Noël.

Le sapin coupé la veille à Robertville est arrivé sur la Grand-Place de Bruxelles ce 19 novembre. Se faufilant dans la rue de la Tête d’Or, ce mastodonte de 18m et 5 tonnes a fait son arrivée à 6h tapantes sous les façades dorées du Roy d’Espagne et de la Brouette.

«Il a de la gueule celui-ci! Faut dire qu’on leur a déjà refilé des cadavres, hein!», entend-on peu avant que la tronçonneuse ne se mette à brailler. Et un initié de renchérir: «Y en a même déjà eu un qui était scolyté». Un troisième larron se prend la tête dans les mains: «Les autres années, quand je vois les images à la télé, je n’en crois parfois pas mes yeux».

 

 

«Un beau bébé» de 18m et 5 tonnes: le sapin waimerais planté sur la Grand-Place de Bruxelles
Le rituel est identique chaque année: le sapin arrive sur un semi-remorque aux dimensions gargantuesques. Il est ensuite treuillé par une immense grue et soulevé à plusieurs mètres pour un ballet aérien sous les beffrois gothiques qui a quelque chose de poétique. ÉdA – Julien RENSONNET

Il a été planté quand il mesurait 2m de haut, soit une quinzaine d’années. Il est resté 27 ans dans sa parcelle privée. Il doit avoir au moins 35 ans

 

«Un beau bébé» de 18m et 5 tonnes: le sapin waimerais planté sur la Grand-Place de Bruxelles
Birgit Condat a vu grandir ce magnifique Nordmann: elle n’a rien perdu de son arrivée hypermédiatisée à Bruxelles. ÉdA – Julien RENSONNET
Aucun souci avec ce Nordmann déménagé du jardin de Birgit et Didier Condat, restaurateurs sur les hauts plateaux ardennais: il est touffu de la base à la cime et l’élasticité de ses branches témoigne de sa bonne santé. «Il a été planté quand il mesurait 2m de haut, soit à une quinzaine d’années. Il est resté 27 ans dans sa parcelle privée. Il doit avoir au moins 35 ans», assure Pierre Demesmaeker. C’est sa société Inter-Arbo qui offre le conifère à la capitale. «Vous aurez peu de travail dessus», lance-t-il au bûcheron wallon chargé de lui ratiboiser le tronc. Celui-là n’en est pas à son coup d’essai sur la Grand-Place. En quelques minutes, l’écorce est dégommée et le bois frais taillé en pointe, histoire que l’arbre se glisse entre Hôtel de Ville et Maison du Roi comme une fleur dans son vase.

«Le plus gros sapin que j’ai jamais livré, on l’a planté à Mons. Il faisait 24 ou 26m», reprend Pierre Demesmaeker. Le pépiniériste de Vlezenbeek sait de quoi il parle quand il s’agit de sapin de Noël: il livre près de 120 arbres chaque année. «Nous fournissons les plus grosses villes belges et néerlandaises, mais aussi le palais de la famille royale des Pays-Bas ou le Vatican», raconte ce chef d’orchestre en gesticulant sous la ramure pour diriger la grue qui treuille le géant waimerais. Dont la descendance est garantie: «Pour chaque sapin de 5m ou plus qu’on coupe, on replante minimum 10 nouveaux arbres. Et après les fêtes, on récupère le bois: il est broyé et répandu dans les jeunes plantations pour les protéger des mauvaises herbes».

«Un beau bébé» de 18m et 5 tonnes: le sapin waimerais planté sur la Grand-Place de Bruxelles
Les propriétaires du sapin, chez qui l’arbre a été coupé la veille, n’ont rien perdu du spectacle, immortalisé sur leur smartphone. Il faut dire que le chef d’orchestre Pierre Demesmaeker, pépiniériste à Vlezenbeek, est un expert: il livre plus de 200 sapins de Noël chaque année. ÉdA – Julien RENSONNET

 

Avec cette année tellement particulière, c’est important d’amener de la lumière et de la magie aux Bruxelloises et Bruxellois. On les remercie pour leurs efforts

 

À 7h20, la tronçonneuse s’est tue. Sans heurt, le sapin a déployé ses épines vert impérial sous le regard de dizaines de smartphones et caméras. C’est là sans doute le plantage le plus applaudi de l’année en Belgique. D’autant plus cette année où l’opération a peut-être bien battu son record de vitesse.

«Un beau bébé» de 18m et 5 tonnes: le sapin waimerais planté sur la Grand-Place de Bruxelles
L’échevine Delphine Houba a déjà mis une branche du sapin à l’abri dans son bureau. ÉdA – Julien RENSONNET
«18m et 5 tonnes, c’est pas rien: c’est un beau bébé», se félicite l’échevine bruxelloise des Grands Événements Delphine Houba (PS), qui avait enfilé son bonnet à pompon pour voir arriver l’animal. «Avec cette année tellement particulière, c’est important d’amener de la lumière et de la magie aux Bruxelloises et Bruxellois. On apporte un peu de réconfort et on remercie ainsi la population de ses efforts pour réduire sa vie sociale et culturelle». Très fan de l’événement, Delphine Houba se verrait bien y assister depuis la nacelle tournoyante déployée pour le photographe de la Ville. Elle se contentera en souvenir d’une branche abandonnée par le sapin. «Je l’ai déjà mise à l’abri dans mon bureau. Où j’ai encore une de l’an dernier», sourit l’échevine, qui se réjouit de voir l’arbre décoré sur le thème du renouveau.