Chiffres Covid en Province de Namur: contagions en baisses mais soins intensifs encore très encombrés

Chiffres Covid en Province de Namur: contagions en baisses mais soins intensifs encore très encombrés

Cela reste très encombré dans les unités de soins intensifs des hôpitaux namurois. ÉdA – Florent Marot

Les contagions sont en baisse mais la situation reste tendue dans les six cliniques namuroises. Le détail par les chiffres. Encore loin de la ligne d’arrivée

Les chiffres «Covid» s’améliorent mais la situation dans les six hôpitaux namurois reste assez tendue. C’est le message que l’on transmet au cabinet du gouverneur. Voilà les principales tendances.

1. Contagions: baisse de 42%

Le nombre de cas positifs a donc baissé significativement entre la semaine du 8 au 14 novembre et la précédente. Mais le taux d’incidence reste assez élevé (1 108 cas pour 100 000 habitants). La vigilance reste donc de mise.

2. Hospitalisations

Là aussi, les chiffres sont en baisse. Mais c’est peu significatif dans les soins intensifs. Lundi dernier, 16 novembre, 325 personnes étaient hospitalisées dans les cliniques namuroises, dont 79 aux soins intensifs. Le lundi précédent, on était à 368 patients hospitalisés dont 83 dans les unités de soins intensifs.

«Cela diminue en effet mais la situation reste tendue, insiste Marie Muselle, la commissaire d’arrondissement. Il y a un mois, le 16 octobre, on était à 112 hospitalisations dont 22 soins intensifs…»

3. Lits disponibles.

C’est supposé être le matelas de réserve pour encaisser des montées d’admissions, de nouvelles «poussées de fièvre». Le matelas existe mais il n’est guère épais. 105 lits «conventionnels» et 17 places en soins intensifs: c’est tout ce qui reste de disponible pour accueillir les futurs patients touchés par le coronavirus.

«Mais d’une clinique à l’autre, il peut y avoir des réalités assez différentes, aussi en fonction des événements du moment. Un cluster (concentration de cas) s’est récemment déclaré au sein d’un hôpital namurois, plusieurs membres du personnel sont tombés malades ou ont dû être mis en quarantaine et cela pose vraiment problème quand on est déjà dans une situation tendue», signale Marie Muselle, la commissaire d’arrondissement.

4. Décès.

«Ce ne sont pas des statistiques que nous recevons province par province, précise-t-on au cabinet du gouverneur. Mais des informations que nous recevons, notamment au niveau du crématorium, nous savons que les chiffres récents sont plutôt en hausse.» Ce que l’on confirme dans la plupart des entreprises de pompes funèbres. Il y a des rayons de lumière mais le tableau reste bien sombre.

«On n’aura pas le temps de souffler»

À l’inverse de certains coureurs cyclistes, le docteur Frédéric Salomez n’est pas du genre à lever les bras avant d’avoir franchi la ligne d’arrivée. «C’est vrai que depuis quarante-huit heures nous n’avons plus d’admission de cas Covid aux soins intensifs, débute ce chef de service du site sambrevillois du CHR. Mais pour le personnel, on ne peut certainement pas parler d’accalmie pour autant.»

Chiffres Covid en Province de Namur: contagions en baisses mais soins intensifs encore très encombrés
Le docteur Frédéric Salomez, chef des soins intensifs. ÉdA – Florent Marot

Tout d’abord parce que la clinique auvelaisienne doit toujours garantir un «quota» de lits pour les patients gravement atteints par le coronavirus. «Et s’il y a plus de pression du côté des hôpitaux bruxellois, par exemple, on doit rester capables de prendre en charge d’éventuels transferts», rappelle Frédéric Salomez.

La solidarité a aussi joué dans l’autre sens, au plus fort de la deuxième vague. «Nous avons admis beaucoup plus de patients qu’au printemps. Surtout, notre personnel a été bien plus touché par la maladie. Et on ne parle pas ici de mise en quarantaine mais de malades, parfois sérieusement touchés. À un moment, sur les dix-neuf équivalents temps plein, douze étaient sur le flanc… » Aujourd’hui, tout le monde est quasiment de retour. Mais ce n’est pas le Club Med’ pour autant. Loin de là.

«Pour composer les équipes Covid, on a eu le renfort du personnel du bloc opératoire mais aussi des consultations. Aujourd’hui, la pression rediminue un peu au niveau du Covid mais elle remonte sérieusement du côté des opérations. Si on a repéré un nodule dans un poumon, on ne peut plus se permettre de continuer à postposer trop longtemps l’intervention… On n’aura pas le temps de souffler.»

L’accalmie, ce n’est donc pas pour tout de suite. Sans même devoir déjà évoquer une troisième vague. «À mes yeux, elle est quasiment certaine. Sur la première, on estime que moins de 10% de la population a été en contact avec le virus, rappelle Frédéric Salomez. C’est seulement 25% pour la deuxième. Et puis, on connaît de plus en plus de cas de personnes qui semblent avoir été infectés pour la seconde fois. Personnellement, même si j’ai déjà été testé positif, en restant asymptomatique, je n’effectuerais pas mes interventions dans l’aile Covid, franc battant, sans protection. La troisième vague, pour moi, c’est déjà quasiment une certitude. Reste à voir comment on la gérera cette fois.»