LIÈGE

La mission de Maud, prof d’éducation physique: faire bouger les enfants cancéreux au MontLégia, à Liège

La mission de Maud, prof d’éducation physique: faire bouger les enfants cancéreux au MontLégia, à Liège

Maud Burelli travaille au service d’hémato-oncologie pédiatrique de la clinique du CHC MontLégia dans le cadre d’un projet baptisé «Gym and Joy». Eda Thomas Longrie

À Liège, la clinique du CHC MontLégia propose une approche innovante pour stimuler l’activité physique et le sport chez les enfants traités pour un cancer. Avec un professeur d’éducation physique qui les épaule dans leur épanouissement personnel.

Professeur d’éducation physique, Maud Burelli (23 ans) travaille au service d’hémato-oncologie pédiatrique de la clinique du CHC MontLégia dans le cadre d’un projet baptisé «Gym and Joy». Sa mission? Réaliser des exercices physiques avec les enfants malades.

Un projet mis sur pied pour la seconde année consécutive grâce au soutien de la Fondation contre le cancer et aux grants «Activité physique» attribués en 2019. Le service d’hémato-oncologie pédiatrique, en collaboration avec le service de médecine de l’appareil locomoteur du CHC, propose une approche innovante pour stimuler l’activité physique et le sport chez les enfants traités pour un cancer.

«J’essaie de les faire bouger durant leur traitement, pour éviter notamment qu’ils perdent l’équilibre», souligne Maud Burelli. «Je permets à l’enfant de continuer à se mettre en mouvement durant son hospitalisation au travers du jeu, avec des jeux d’équilibre, de ballon ou encore des danses.»

Une mission qui est d’habitude dévolue aux kinésithérapeutes. «À ma connaissance, il n’y a pas d’autres professeurs d’éducation physique qui se rendent dans les hôpitaux. Ce n’est pas encore un travail qui est reconnu pour les profs, même si je travaille toujours en collaboration avec les kinés. Mais ici, c’est la Fondation contre le cancer qui me paie.»

Une équipe pluridisciplinaire regroupant des pédiatres hémato-oncologues, des spécialistes en médecine de l’appareil locomoteur, des kinésithérapeutes, des infirmières, des psychologues et un professeur d’éducation physique se concentre donc sur la mobilisation de l’enfant et ses activités physiques tout au long de la prise en charge et de sa réinsertion post-traitement.

Quand je vois des enfants malades qui continuent à bouger, j’ai réussi ma journée.

Le projet «Gym and Joy» comporte cinq objectifs: prévenir et/ou limiter les effets secondaires liés à la maladie ou aux traitements; renforcer les liens sociaux, sortir de l’isolement; se retrouver et s’exprimer à travers son corps; stimuler et renforcer le développement psychomoteur; se réinsérer, s’épanouir dans le monde de demain.

«Ce travail est passionnant et très enrichissant», précise Maud Burelli. «Lorsque je vois des enfants malades qui gardent, malgré tout, le sourire et continuent à bouger, je me dis que j’ai réussi ma journée.»

Seul bémol? En cette période de pandémie du coronavirus, chaque exercice s’effectue de manière individuelle, ou par bulle.

En mai dernier, Maud était à l’origine de l’organisation d’un flash mob sur le toit de la clinique du CHC MontLégia, en vue de remercier les personnes qui soutiennent le personnel hospitalier en cette période de pandémie de Covid-19. Une vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, avait connu un franc succès.