article abonné offert

FOOTBALL

Comment organiser la suite de la compétition? L’avis de Thierry Nicolay, Pol Leemans et Quentin Faymonville

La question est sur toutes les lèvres: comment va s’organiser la suite de la saison en football? Beaucoup sont du même avis, des matches sans enjeu, c’est non.

Saison blanche, saison clôturée après une moitié de championnat, saison qui va jusqu’au bout, les possibilités sont nombreuses pour la suite de la saison.

Nous avons sondé plusieurs entraîneurs de première provinciale.

Nicolay ne veut pas jouer des matches de fancy-fair

Ne parlez pas à Thierry Nicolay de saison blanche. Compétiteur dans l’âme, le coach de Saint-Hubert n’adhère pas, et c’est un euphémisme, à cette idée. «Jouer des amicaux pendant six mois, ce n’est pas comme cela que je vois mon sport, dit-il. Chez nous, nous sommes sevrés de matches officiels depuis mars. Jouer des matches de fancy-fair, cela ne m’intéresse pas.» Thierry Nicolay sait toutefois que jouer tout un championnat risque d’être compliqué. «Nous, il nous reste 25 matches à jouer, calcule Thierry Nicolay. Avec quatre week-ends par mois pendant six mois, cela fait 24 matches. Et c’est sans compter les remises. Un hiver sans remise, c’est très compliqué. Maintenant, s’il faut jouer un peu plus à Pâques ou jouer en semaine, je ne suis pas contre. Mais il faut que tout le monde soit sur un pied d’égalité. Il ne faut pas se retrouver dans une situation en octobre, lorsque nous étions censés disputer neuf matches en un mois. Mais je sais que ce sera compliqué. Arrêter après un demi-championnat? Cela peut être envisageable. Mais si vous devez par exemple rencontrer tous les gros en déplacement, c’est un désavantage. L’an dernier, nous devions encore recevoir Marloie et Gouvy par exemple. Il faut aussi voir quand nous allons pouvoir nous entraîner dans des conditions correctes, avec un accès aux vestiaires. Car devoir aller s’entraîner dans la boue et devoir rentrer à la maison directement en étant trempé de la tête aux pieds, c’est tout sauf agréable. Enfin, le football reste secondaire et est très aléatoire dans nos esprits. Notre priorité, c’est que nos proches se portent bien. Ne pas savoir comment la saison va se terminer ne hante pas mes nuits.

Les calculs de Pol Leemans

Une saison blanche? Pol Leemans ne veut pas en entendre parler. L’entraîneur novillois ne conçoit pas le football sans compétition. «Il nous reste 22 matches à jouer. J’ai regardé le calendrier et il est possible de les caser si on reprend en janvier et qu’on prolonge la saison jusqu’en juin.» Du dimanche 10 janvier au dimanche 27 juin, on dénombre 25 week-ends. «En jouant deux fois à Pâques (3-5 avril), on a encore une possibilité en plus», insiste-t-il. 26 dates disponibles, certes, mais quid des éventuelles remises? «Il neige beaucoup moins qu’autrefois, assure le policier marchois. Habituellement, la trêve s’étend de décembre à février alors que les terrains sont tout à fait jouables en janvier. Mais il est clair que pour aller au bout, il ne faudra pas remettre à tout bout de champ comme on a pris l’habitude de le faire ces dernières années. Je considère que nous sommes des Ardennais et l’Ardennais, il ne craint pas la neige, ni la pluie, ni la boue.» Jouer jusqu’en juin risque aussi d’ennuyer les nombreux étudiants, et par conséquent leurs clubs. «On ne veut plus jouer en janvier ni en février parce qu’il fait froid, en mars parce qu’il pleut et en juin parce qu’il y a les examens. On ne jouera bientôt plus au football, alors! La compétition est indispensable pour les footballeurs. C’est leur carotte. Donc s’il faut choisir entre une demi-saison et une saison blanche, je prends la demi-saison.»

 

Faymonville est partisan d’une saison blanche

Quentin Faymonville fait partie des partisans d’une saison blanche sans descendants, ni montants. Parce que les Sartois sont mal embarqués, avec un seul petit point au compteur après quatre matches? «Honnêtement, non, j’aurais eu le même avis si nous avions eu cinq ou six points de plus, dit-il. Je ne trouvais d’ailleurs pas normal que des équipes descendent la saison dernière alors que nous n’avions même pas joué deux tiers des matches.»

Si l’ACFF décide de supprimer le deuxième tour et de valider la saison avec 50% de matches joués, cela signifierait qu’il ne resterait que neuf rencontres aux Spirous pour sauver leur ferraille. Un véritable sprint! «Un championnat ne peut se résumer à treize matches et à quatre mois et demi de compétition selon moi. À mes yeux, il faut plus que treize matches pour mériter un titre de champion ou une relégation», dit-il.

Le mentor des Nordistes pense aussi à la saison suivante. «Certains sont prêts à tirer en longueur, jusqu’en juin. Moi pas, dit-il. La saison serait à peine terminée que la suivante reprendrait déjà. La campagne de transferts serait encore plus compliquée que d’habitude.»

Il s’interroge aussi sur la reprise. «On ne peut pas reprendre du jour au lendemain. Il faudra compter au moins trois semaines de préparation avant de reprendre la compétition.»