USA 2020

Le point à 15h: Biden passe en tête en Pennsylvanie et s’approche de la victoire

Joe Biden passe devant Donald Trump dans le décompte des votes en Pennsylvanie. Le démocrate est de plus en plus proche de la victoire présidentielle.

 

Le point sur les résultats

Sur les 270 nécessaires pour l’emporter, Joe Biden compte 253 ou 264 grands électeurs, selon que l’on inclut ou non l’Arizona (11 grands électeurs), considéré comme gagné par deux médias (l’agence AP et Fox News), mais pas par les autres qui estiment l’issue encore incertaine, en raison du nombre de bulletins restant à compter et du resserrement observé ces dernières heures.

Selon les deux cas de figure, il n’a plus besoin que de 6 ou 17 grands électeurs pour atteindre le nombre requis de 270, qu’il pourrait obtenir dans le Nevada (6), la Pennsylvanie (20) ou la Géorgie (16)

+La carte des résultats État par État

 

Le candidat démocrate Joe Biden est passé devant dans l’État-clé de Pennsylvanie, qui doit apporter 20 grands électeurs, selon CNN. S’il venait à emporter cet État situé à l’est, il deviendrait le 46e président des États-Unis.

Le comté de Philadelphie vient de publier les résultats de 30.000 bulletins envoyés par la poste: 27.386 sont attribués à Joe Biden et 3.760 à Donald Trump, selon CNN. Avec ces voix supplémentaires, Joe Biden a rassemblé 49,4% des suffrages, contre 49,3% pour Donald Trump, selon les projections.

L’ensemble des bulletins n’a toutefois pas encore été dépouillé et l’écart se compte en quelques milliers de voix.

 

 

Même scénario en Géorgie

Plus tôt dans la journée, Joe Biden s’était déjà rapproché de la Maison Blanche en prenant la tête de la course dans l’État clé de Géorgie, au lendemain de nouvelles accusations de fraude proférées sans la moindre preuve par Donald Trump, qui continue d’affirmer être le vainqueur de la présidentielle.

Dans un dépouillement qui avançait au compte-gouttes, la tendance s’est inversée au petit matin en Géorgie: mené depuis le scrutin de mardi, l’ancien vice-président démocrate devançait désormais le président républicain d’un peu plus de 1.000 voix.

Au vu des résultats ultraserrés, aucun grand média américain n’a toutefois pour l’instant attribué définitivement la victoire à un des deux candidats.

Le compteur pour arriver au nombre magique de 270 grands électeurs – la majorité du collège électoral – ouvrant les portes de la Maison Blanche restait donc bloqué: 253 ou 264 voix pour Joe Biden, selon que les médias lui aient ou non attribué l’Arizona, et 214 pour Donald Trump. Mais les chances de ce dernier se sont encore amenuisées.

 

Les cinq États où se joue la présidentielle américaine

L’issue de l’élection présidentielle américaine était toujours suspendue jeudi soir à quelques États-clés où le décompte des voix est encore en cours, et la course trop serrée pour déclarer un vainqueur. Le point sur la situation dans chacun d’eux.

Chaque État attribue un certain nombre de grands électeurs. Avec ceux déjà déterminés, Joe Biden compte actuellement 253 ou 264 grands électeurs, en raison d’incertitudes sur les résultats en Arizona, et Donald Trump 214.

Il en faut 270 pour accéder à la Maison Blanche.

Les trois grands électeurs de l’Alaska n’ont pas encore été attribués, mais aucun démocrate ne s’y est imposé depuis des décennies et l’issue du scrutin n’y fait aucun doute.

 

Géorgie: 16 grands électeurs en jeu

 

98% des votes ont été comptabilisés dans cet État du Sud-Est qui a toujours voté républicain depuis 1996.

L’avance de Donald Trump n’a cessé de fondre depuis mardi soir et Joe Biden est passé devant dans la nuit de jeudi à vendredi: le démocrate a 1.096 voix de plus que Donald Trump, soit 49,4% environ des suffrages chacun.

 

Arizona: 11 grands électeurs en jeu

 

Joe Biden y enregistre 50,1% des suffrages, contre 48,5% à Donald Trump, soit un écart de 47.000 voix, selon un décompte partiel de 90% des bulletins.

La chaîne Fox News et l’agence de presse américaine Associated Press (AP) ont jugé dans la nuit de mardi à mercredi que le démocrate avait remporté cet État de l’Ouest, estimant impossible que le président rattrape son retard.

D’autres médias, comme le New York Times ou CNN, préfèrent attendre pour attribuer la victoire dans cet État qui vote traditionnellement républicain.

Les autorités locales ne pensent pas être en mesure de finaliser le dépouillement avant vendredi probablement.

 

Nevada: 6 grands électeurs en jeu.

 

89% des votes ont été comptabilisés dans cet État désertique de l’Ouest, dont la plus grande ville est Las Vegas, et qui avait choisi Hillary Clinton en 2016.

Joe Biden y pointe pour l’instant en tête, avec 49,4%, contre 48,5% pour Donald Trump. Cela représente un écart de moins de 11.500 suffrages.

 

Pennsylvanie: 20 grands électeurs en jeu

 

95% des votes ont été comptabilisés dans cet État industriel de la «ceinture de la rouille» du Nord-Est, où les deux candidats ont âprement fait campagne.

Le candidat démocrate Joe Biden est passé devant dans l’État-clé de Pennsylvanie, qui doit apporter 20 grands électeurs, selon CNN.

Selon les projections de CNN, Joe Biden a rassemblé 49,4% des suffrages, contre 49,3% pour Donald Trump.

 

Caroline du Nord: 15 grands électeurs en jeu

 

95% des votes ont été comptabilisés dans cet État du Sud-Est, traditionnellement républicain.

Avantage pour l’heure à Donald Trump (50,0%) sur Joe Biden (48,6%), soit une avance d’environ 77.000 suffrages.

 

 

Trump plus isolé que jamais

Le 45e président des États-Unis apparaît isolé au sein de son propre parti dans sa croisade contre un «vol» du scrutin dont il serait la victime. «Nous n’avons entendu parler d’aucune preuve», a réagi sur ABC Chris Christie, ex-gouverneur du New Jersey et allié du président, mettant en garde contre le risque d’attiser les tensions sans éléments tangibles.

Il a en revanche reçu le soutien de deux sénateurs républicains, Lindsey Graham et Ted Cruz. «Je peux vous dire que le président est en colère et je suis en colère, et les électeurs devraient être en colère», a déclaré ce dernier sur Fox News.

Les lieutenants et la famille du président ont eux lancé une campagne de désinformation pour persuader leurs troupes que des tricheries massives étaient en cours.

Peu après l’allocution de Donald Trump, Joe Biden a une nouvelle fois appelé au calme et à la patience. «Personne ne nous prendra notre démocratie. Ni aujourd’hui, ni jamais», a-t-il tweeté.

Quelques heures plus tôt, le candidat démocrate s’était dit certain, dans une intervention à la tonalité présidentielle, de sa victoire imminente.

«Je demande à tout le monde de rester calme. Le processus fonctionne, le décompte s’achève et nous saurons très bientôt», a-t-il déclaré depuis le Delaware. «Nous n’avons aucun doute sur le fait que lorsque le dépouillement sera terminé […] nous serons déclarés vainqueurs».

+ VIDÉO | Joe Biden dit n’avoir « aucun doute » sur sa victoire à la présidentielle

Recours judiciaires

Le président républicain avait déclaré, dans la première nuit post-élection, qu’il avait gagné l’élection et qu’il ferait intervenir la Cour suprême, restant évasif sur les motifs.

En réalité, ses avocats ont lancé de multiples actions judiciaires au niveau des États, avec par exemple la menace de demander un recomptage dans le Wisconsin.

Les démocrates estiment les plaintes sans fondement, mais ces recours pourraient retarder de plusieurs jours ou semaines l’homologation des résultats.

Dans le Michigan et la Géorgie, deux juges ont déjà rejeté des recours républicains.

L’une des batailles concerne la Pennsylvanie. À la demande du camp Trump, un juge a ordonné aux autorités locales de laisser entrer des observateurs républicains dans le centre de convention de Philadelphie où le dépouillement a lieu.

Dehors, des partisans de Donald Trump manifestaient pour dénoncer des fraudes, face à des contre-manifestants.

«Trump est en train de faire un coup d’État pour voler les élections», a dénoncé à l’AFP Emma Kaplan, 30 ans.

La police de Philadelphie a de son côté arrêté deux hommes après avoir appris qu’une attaque armée s’y préparait contre ce centre de dépouillement, illustrant les tensions élevées dans un pays extrêmement divisé.