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USA 2020 | Ce que l’on sait à la mi-journée: Biden s’approche à petits pas de la Maison Blanche

USA 2020 | Ce que l’on sait à la mi-journée: Biden s’approche à petits pas de la Maison Blanche

Biden passe en tête en Georgie AFP

Joe Biden est passé devant Donald Trump en Géorgie. Le dépouillement continue, mais le démocrate semble se diriger tout doucement de la victoire.

 

Le point sur les résultats

Sur les 270 nécessaires pour l’emporter, Joe Biden compte 253 ou 264 grands électeurs, selon que l’on inclut ou non l’Arizona (11 grands électeurs), considéré comme gagné par deux médias (l’agence AP et Fox News), mais pas par les autres qui estiment l’issue encore incertaine, en raison du nombre de bulletins restant à compter et du resserrement observé ces dernières heures.

Selon les deux cas de figure, il n’a plus besoin que de 6 ou 17 grands électeurs pour atteindre le nombre requis de 270, qu’il pourrait obtenir dans le Nevada (6), la Pennsylvanie (20) ou la Géorgie (16)

+ La carte des résultats État par État

 

Joe Biden s’est encore rapproché de la Maison Blanche vendredi en prenant la tête de la course dans l’Etat-clé de Géorgie, au lendemain de nouvelles accusations de fraude proférées sans la moindre preuve par Donald Trump, qui continue d’affirmer être le vainqueur de la présidentielle.

Dans un dépouillement qui avançait au compte-gouttes, la tendance s’est inversée au petit matin en Géorgie: mené depuis le scrutin de mardi, l’ancien vice-président démocrate devançait désormais le président républicain d’un peu plus de 1.000 voix.

Au vu des résultats ultraserrés, aucun grand média américain n’a toutefois pour l’instant attribué définitivement la victoire à un des deux candidats dans cet Etat qui vaut 16 grands électeurs.

Le compteur pour arriver au nombre magique de 270 grands électeurs -- la majorité du collège électoral -- ouvrant les portes de la Maison Blanche restait donc bloqué: 253 ou 264 voix pour Joe Biden, selon que les médias lui aient ou non attribué l’Arizona, et 214 pour Donald Trump. Mais les chances de ce dernier se sont encore amenuisées.

Pennsylvanie déterminante

Les Etats-Unis, qui attendent depuis mardi soir de connaître le nom de celui qui prêtera serment le 20 janvier, avaient donc les yeux rivés sur la Pennsylvanie, qui pourrait mettre fin au suspense avec ses 20 grands électeurs.

Si l’ancien vice-président de Barack Obama remporte cet Etat industriel, il deviendra le 46e président américain.

L’avance initiale de Donald Trump dans cet Etat industriel du nord-est du pays qu’il avait remporté en 2016 continuait de fondre au fur et à mesure que les bulletins envoyés par courrier -- souvent à 80% en faveur de Joe Biden -- étaient comptés.

Vendredi matin, le milliardaire républicain ne menait plus que de 18.229 voix d’avance en Pennsylvanie, avec encore plusieurs dizaines de milliers de suffrages à dépouiller.

A l’inverse de la Pennsylvanie et de la Géorgie, Donald Trump bénéficie directement, dans l’Arizona, de la prolongation du dépouillement.

Il était en train de rattraper Joe Biden, risquant de faire perdre au démocrate les 11 grands électeurs que l’agence AP et Fox News lui avaient attribués dès la nuit électorale, sur la base de résultats partiels et de modèles statistiques, une méthode habituellement sûre.

Signe que le démocrate semble de plus en plus proche de la victoire à la présidentielle, le Secret Service, chargé de la protection des hautes personnalités, va renforcer dès vendredi ses effectifs d’agents autour de Joe Biden dans son fief du Delaware, a rapporté le Washington Post.

Face aux résultats égrenés globalement plus favorables à son rival, Donald Trump a lui crié jeudi une nouvelle fois à la fraude, sans apporter de nouveaux éléments.

«Si vous comptez les votes légaux, je gagne facilement. Si vous comptez les votes illégaux, ils peuvent essayer de nous voler l’élection», a-t-il lancé depuis la Maison Blanche, dans une tirade truffée d’approximations et de contre-vérités sur le décompte en cours.

+ VIDÉO | Trump maintient qu’il a gagné sauf si on lui « vole » l’élection, des TV coupent son allocution

Trump plus isolé

Le 45e président des Etats-Unis apparaît isolé au sein de son propre parti dans sa croisade contre un «vol» du scrutin dont il serait la victime. «Nous n’avons entendu parler d’aucune preuve», a réagi sur ABC Chris Christie, ex-gouverneur du New Jersey et allié du président, mettant en garde contre le risque d’attiser les tensions sans éléments tangibles.

Il a en revanche reçu le soutien de deux sénateurs républicains, Lindsey Graham et Ted Cruz. «Je peux vous dire que le président est en colère et je suis en colère, et les électeurs devraient être en colère», a déclaré ce dernier sur Fox News.

Les lieutenants et la famille du président ont eux lancé une campagne de désinformation pour persuader leurs troupes que des tricheries massives étaient en cours.

Peu après l’allocution de Donald Trump, Joe Biden a une nouvelle fois appelé au calme et à la patience. «Personne ne nous prendra notre démocratie. Ni aujourd’hui, ni jamais», a-t-il tweeté.

Quelques heures plus tôt, le candidat démocrate s’était dit certain, dans une intervention à la tonalité présidentielle, de sa victoire imminente.

«Je demande à tout le monde de rester calme. Le processus fonctionne, le décompte s’achève et nous saurons très bientôt», a-t-il déclaré depuis le Delaware. «Nous n’avons aucun doute sur le fait que lorsque le dépouillement sera terminé (...) nous serons déclarés vainqueurs».

+ VIDÉO | Joe Biden dit n’avoir « aucun doute » sur sa victoire à la présidentielle

Recours judiciaires

Le président républicain avait déclaré, dans la première nuit post-élection, qu’il avait gagné l’élection et qu’il ferait intervenir la Cour suprême, restant évasif sur les motifs.

En réalité, ses avocats ont lancé de multiples actions judiciaires au niveau des Etats, avec par exemple la menace de demander un recomptage dans le Wisconsin.

Les démocrates estiment les plaintes sans fondement, mais ces recours pourraient retarder de plusieurs jours ou semaines l’homologation des résultats.

Dans le Michigan et la Géorgie, deux juges ont déjà rejeté des recours républicains.

L’une des batailles concerne la Pennsylvanie. A la demande du camp Trump, un juge a ordonné aux autorités locales de laisser entrer des observateurs républicains dans le centre de convention de Philadelphie où le dépouillement a lieu.

Dehors, des partisans de Donald Trump manifestaient pour dénoncer des fraudes, face à des contre-manifestants.

«Trump est en train de faire un coup d’Etat pour voler les élections», a dénoncé à l’AFP Emma Kaplan, 30 ans.

La police de Philadelphie a de son côté arrêté deux hommes après avoir appris qu’une attaque armée s’y préparait contre ce centre de dépouillement, illustrant les tensions élevées dans un pays extrêmement divisé.

 

Les cinq États où se joue la présidentielle américaine

L’issue de l’élection présidentielle américaine était toujours suspendue jeudi soir à quelques États-clés où le décompte des voix est encore en cours, et la course trop serrée pour déclarer un vainqueur. Le point sur la situation dans chacun d’eux.

Chaque État attribue un certain nombre de grands électeurs. Avec ceux déjà déterminés, Joe Biden compte actuellement 253 ou 264 grands électeurs, en raison d’incertitudes sur les résultats en Arizona, et Donald Trump 214.

Il en faut 270 pour accéder à la Maison Blanche.

Les trois grands électeurs de l’Alaska n’ont pas encore été attribués, mais aucun démocrate ne s’y est imposé depuis des décennies et l’issue du scrutin n’y fait aucun doute.

 

Géorgie: 16 grands électeurs en jeu

 

98% des votes ont été comptabilisés dans cet Etat du Sud-Est qui a toujours voté républicain depuis 1996.

L’avance de Donald Trump n’a cessé de fondre depuis mardi soir et Joe Biden est passé devant dans la nuit de jeudi à vendredi: le démocrate a 1.096 voix de plus que Donald Trump, soit 49,4% environ des suffrages chacun.

 

Arizona: 11 grands électeurs en jeu

 

Joe Biden y enregistre 50,1% des suffrages, contre 48,5% à Donald Trump, soit un écart de 47.000 voix, selon un décompte partiel de 90% des bulletins.

La chaîne Fox News et l’agence de presse américaine Associated Press (AP) ont jugé dans la nuit de mardi à mercredi que le démocrate avait remporté cet Etat de l’Ouest, estimant impossible que le président rattrape son retard.

D’autres médias, comme le New York Times ou CNN, préfèrent attendre pour attribuer la victoire dans cet Etat qui vote traditionnellement républicain.

Les autorités locales ne pensent pas être en mesure de finaliser le dépouillement avant vendredi probablement.

 

Nevada: 6 grands électeurs en jeu.

 

89% des votes ont été comptabilisés dans cet Etat désertique de l’Ouest, dont la plus grande ville est Las Vegas, et qui avait choisi Hillary Clinton en 2016.

Joe Biden y pointe pour l’instant en tête, avec 49,4%, contre 48,5% pour Donald Trump. Cela représente un écart de moins de 11.500 suffrages.

 

Pennsylvanie: 20 grands électeurs en jeu

 

95% des votes ont été comptabilisés dans cet Etat industriel de la «ceinture de la rouille» du Nord-Est, où les deux candidats ont âprement fait campagne.

L’avance très importante de Donald Trump le soir de l’élection s’est réduite avec la prise en compte des bulletins envoyés par courrier, et il ne compte plus qu’environ 18.000 voix de plus que son rival (49,5% contre 49,2% pour Joe Biden).

La domination probable des bulletins démocrates parmi ceux envoyés par courrier et restant à compter va probablement faire basculer le résultat en faveur du démocrate, selon les médias américains.

 

Caroline du Nord: 15 grands électeurs en jeu

 

95% des votes ont été comptabilisés dans cet Etat du Sud-Est, traditionnellement républicain.

Avantage pour l’heure à Donald Trump (50,0%) sur Joe Biden (48,6%), soit une avance d’environ 77.000 suffrages.