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USA 2020 | Le point sur la présidentielle américaine ce vendredi à l’aube: Trump se cabre face à la perspective de la défaite, Biden optimiste

USA 2020 | Le point sur la présidentielle américaine ce vendredi à l’aube: Trump se cabre face à la perspective de la défaite, Biden optimiste

Trump et Biden se sont exprimés jeudi soir. Montage AFP

Le président américain Donald Trump a crié jeudi à la fraude, sans la moindre preuve, réaffirmant être vainqueur de la présidentielle en décalage avec les résultats de plus en plus favorables à son adversaire démocrate Joe Biden.

 

Le point sur les résultats ce vendredi 10h

Sur les 270 nécessaires pour l’emporter, Joe Biden compte 253 ou 264 grands électeurs, selon que l’on inclut ou non l’Arizona (11 grands électeurs), considéré comme gagné par deux médias (l’agence AP et Fox News), mais pas par les autres qui estiment l’issue encore incertaine, en raison du nombre de bulletins restant à compter et du resserrement observé ces dernières heures.

Selon les deux cas de figure, il n’a plus besoin que de 6 ou 17 grands électeurs pour atteindre le nombre requis de 270, qu’il pourrait obtenir dans le Nevada (6), la Géorgie (16) ou la Pennsylvanie (20).

+ La carte des résultats État par État

 

«Si vous comptez les votes légaux, je gagne facilement. Si vous comptez les votes illégaux, ils peuvent essayer de nous voler l’élection», a-t-il lancé depuis la salle de presse de la Maison Blanche, dans une tirade souvent confuse, truffée d’approximations et de contre-vérités sur le décompte en cours.

 

 

Plus de deux jours après l’élection, le 45e président apparaît isolé au sein de son propre parti dans sa croisade contre un «vol» du scrutin dont il serait la victime. «Nous n’avons entendu parler d’aucune preuve», a réagi sur ABC Chris Christie, ancien gouverneur du New Jersey et allié du président, mettant en garde contre le risque d’attiser les tensions sans éléments tangibles.

Peu avant 02H30 du matin vendredi, M. Trump a répété dans un tweet être en mesure de «remporter facilement la présidence avec les votes légaux exprimés».

Il avait plus tôt reçu le soutien de deux sénateurs républicains, Lindsey Graham et Ted Cruz. «Je peux vous dire que le président est en colère et je suis en colère, et les électeurs devraient être en colère», a déclaré ce dernier sur Fox News.

Peu après cette allocution, Joe Biden a une nouvelle fois appelé au calme et à la patience. «Personne ne nous prendra notre démocratie. Ni aujourd’hui, ni jamais», a-t-il tweeté.

Quelques heures plus tôt, le candidat démocrate s’était dit certain, dans une allocution à la tonalité présidentielle, de sa victoire imminente. «Je demande à tout le monde de rester calme. Le processus fonctionne, le décompte s’achève et nous saurons très bientôt», a-t-il déclaré depuis le Delaware. «Nous n’avons aucun doute sur le fait que lorsque le dépouillement sera terminé […] nous serons déclarés vainqueurs».

 

 

Les États-Unis, qui attendaient de connaître le nom du président qui prêtera serment le 20 janvier, avaient les yeux rivés sur la Pennsylvanie, qui pourrait mettre fin au suspense.

Si l’ancien vice-président de Barack Obama remporte cet État industriel, il deviendra le 46e président américain.

 

Biden près du seuil «magique»

 

Les 20 grands électeurs de cet État lui permettraient en effet de franchir le seuil «magique» de 270 --la majorité du collège électoral- – qui le propulserait à la Maison Blanche et ferait de Donald Trump le président d’un seul mandat.

L’avance initiale de Donald Trump au soir de l’élection dans cet État a fondu au fur et à mesure que les bulletins envoyés par courrier - – à 80% en faveur de Joe Biden - – étaient comptés.

Vendredi peu après 08H00 GMT, le milliardaire républicain ne menait plus que de 18.229 voix d’avance en Pennsylvanie.

Dans l’Etat de Géorgie, suivant la même tendance, l’écart s’est resserré et les deux candidats sont désormais dans un mouchoir de poche. Vendredi peu après 08H00 GMT, M. Trump devançait de seulement 665 voix M. Biden, une marge si serrée qu’elle allait vraisemblablement retarder l’annonce d’un vainqueur dans cet Etat.

 

Recours judiciaires

 

A l’inverse de la Pennsylvanie et de la Géorgie, Donald Trump bénéficie directement, dans l’Arizona, de la prolongation du dépouillement.

Il était en train de rattraper Joe Biden, risquant de faire perdre au démocrate les 11 grands électeurs qu’AP et Fox News avaient attribués à Joe Biden dès la nuit électorale de mardi, sur la base de résultats partiels et de modèles statistiques, une méthode habituellement très sûre.

Le président républicain avait déclaré, dans la première nuit post-élection, qu’il avait gagné l’élection et qu’il ferait intervenir la Cour suprême, restant évasif sur les motifs.

En réalité, ses avocats ont lancé de multiples actions judiciaires au niveau des Etats, avec par exemple la menace de demander un recomptage dans le Wisconsin.

Les démocrates estiment les plaintes sans fondement, mais ces recours pourraient retarder de plusieurs jours ou semaines l’homologation des résultats.

Dans le Michigan et la Géorgie, deux juges ont déjà rejeté des recours républicains.

 

Fatalisme chez les républicains

 

L’une des batailles concerne la grande Pennsylvanie, où les autorités ont été débordées par le volume de bulletins reçus par la poste.

A la demande du camp Trump, un juge a ordonné aux autorités locales de laisser entrer des observateurs républicains dans le centre de convention de Philadelphie où le dépouillement a lieu.

Dehors, des partisans de Trump manifestaient pour dénoncer des fraudes, face à des contre-manifestants.

«Trump est en train de faire un coup d’État pour voler les élections», a dit à l’AFP Emma Kaplan, 30 ans.

Les lieutenants et la famille du président ont lancé une campagne de désinformation pour persuader leurs troupes que des tricheries massives étaient en cours, notamment dans les États comme la Pennsylvanie qui sont gouvernés par des démocrates.

Mais un certain fatalisme semblait gagner le camp républicain.

Karl Rove, ancienne éminence grise de George W. Bush, a noté sur son blog que «voler des centaines de milliers de voix signifierait un complot d’une ampleur digne d’un film de James Bond. C’est impossible».

 

Les cinq États où se joue la présidentielle américaine

L’issue de l’élection présidentielle américaine était toujours suspendue jeudi soir à quelques États-clés où le décompte des voix est encore en cours, et la course trop serrée pour déclarer un vainqueur. Le point sur la situation dans chacun d’eux.

Chaque État attribue un certain nombre de grands électeurs. Avec ceux déjà déterminés, Joe Biden compte actuellement 253 ou 264 grands électeurs, en raison d’incertitudes sur les résultats en Arizona, et Donald Trump 214.

Il en faut 270 pour accéder à la Maison Blanche.

Les trois grands électeurs de l’Alaska n’ont pas encore été attribués, mais aucun démocrate ne s’y est imposé depuis des décennies et l’issue du scrutin n’y fait aucun doute.

 

Arizona: 11 grands électeurs en jeu

 

Joe Biden y enregistre 50,3% des suffrages, contre 48,3% à Donald Trump, soit un écart de 58.000 voix, selon un décompte partiel de 86% des bulletins.

La chaîne Fox News et l’agence de presse américaine Associated Press (AP) ont jugé dans la nuit de mardi à mercredi que le démocrate avait remporté cet État de l’Ouest, estimant impossible que le président rattrape son retard.

D’autres médias, comme le New York Times ou CNN, préfèrent attendre pour attribuer la victoire dans cet État qui vote traditionnellement républicain.

Les autorités locales ne pensent pas être en mesure de finaliser le dépouillement avant vendredi probablement.

 

Géorgie: 16 grands électeurs en jeu

 

98% des votes ont été comptabilisés dans cet État du Sud-Est qui vote traditionnellement républicain.

L’avance de Donald Trump n’a cessé de fondre depuis mardi soir et ne tient plus qu’à un fil: il n’a que 3.486 voix de plus que Joe Biden, avec 49,4% des suffrages contre 49,3% à son adversaire.

 

Nevada: 6 grands électeurs en jeu.

 

89% des votes ont été comptabilisés dans cet État désertique de l’Ouest, qui avait choisi Hillary Clinton en 2016.

Joe Biden y pointe pour l’instant en tête, avec 49,4%, contre 48,5% pour Donald Trump. Cela représente un écart de moins de 11.500 suffrages.

 

Pennsylvanie: 20 grands électeurs en jeu

 

94% des votes ont été comptabilisés dans cet État industriel de la «ceinture de la rouille» du Nord-Est, où les deux candidats ont âprement fait campagne.

L’avance confortable de Donald Trump s’est réduite et il ne compte plus qu’environ 64.000 voix de plus que son rival (49,8% contre 48,9% pour Joe Biden).

Les bulletins restant à dépouiller sont tous arrivés par courrier, une modalité beaucoup plus utilisée par les électeurs démocrates, ce qui pourrait, selon les médias américains, inverser le résultat final.

 

Caroline du Nord: 15 grands électeurs en jeu

 

95% des votes ont été comptabilisés dans cet État du Sud-Est, traditionnellement républicain.

Avantage pour l’heure à Donald Trump (50,0%) sur Joe Biden (48,6%), soit une avance d’environ 77.000 suffrages.

Mais les votes par correspondance envoyés au plus tard le jour de l’élection – le 3 novembre – y sont acceptés s’ils arrivent dans les neuf jours suivants.