FRANCE

Un prêtre orthodoxe blessé par balle à Lyon: un suspect interpellé

Un prêtre orthodoxe grec a été grièvement blessé par balles ce samedi après-midi à Lyon alors qu’il fermait son église par un homme seul aux motivations inconnues.

Le prêtre était «en train de fermer son église», a précisé cette source, ajoutant qu’il se trouve dans un état grave.

«Il n’y avait pas de cérémonie» en cours et «le prêtre n’était pas en tenue», a précisé cette dernière source.

Le religieux, âgé de 52 ans, visé par deux coups de feu, a été touché une fois «au foie et à bout touchant» et se trouvait dans un état grave, selon des sources proches de l’enquête.

La petite église est installée dans un quartier résidentiel, avec très peu de gens dans les rues en ce premier week-end de reconfinement.

À l’arrière du lieu de culte, un camion de pompiers pour assurer un poste de commandement était visible, tandis que des militaires assuraient un périmètre de sécurité.

Une cellule de crise ouverte

Le maire de Lyon, Grégory Doucet, s’est rendu sur les lieux.

À Paris, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a ouvert une cellule de crise au ministère.

Pour sa part le Premier ministre Jean Castex, en déplacement ce samedi à Rouen et Saint-Étienne-du-Rouvray (Nord-Ouest) où un prêtre catholique, le père Hamel, avait été égorgé en 2016 par deux jihadistes, a mis l’accent sur «l’entière détermination du gouvernement pour permettre à tous et à chacun de pratiquer son culte en toute sécurité et en toute liberté».

«Notre volonté est forte: notre détermination ne faiblira pas, c’est l’honneur de la France, c’est l’honneur de la République», a-t-il dit.

Le parquet de Lyon ne pouvait être joint dans l’immédiat. En l’état, le parquet national anti-terroriste n’a pas été saisi.

Dans la foulée de l’attaque de Nice

Ces faits surviennent deux jours après l’attaque de la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption de Nice, où trois personnes ont été tuées.

Le gouvernement a laissé une dérogation jusqu’à lundi inclus aux lieux de culte pour célébrer la Toussaint, avant un reconfinement pour lutter contre l’épidémie de Covid-19.

Après l’attentat de Nice, le président français Emmanuel Macron a annoncé le passage de 3.000 à 7.000 soldats pour l’opération Sentinelle afin de protéger les lieux de culte et les écoles.

À cela viennent s’ajouter quelque 7.000 membres des forces de l’ordre, pour moitié des gendarmes réservistes, qui seront mis dès lundi à disposition des préfets pour assurer la sécurité.

Un suspect interpellé

Un suspect «pouvant correspondre au signalement donné par les premiers témoins a été placé en garde à vue», a indiqué le procureur de Lyon Nicolas Jacquet, alors le pays est encore sous le choc de l’attentat contre une église de Nice, qui a fait trois morts.

«À ce stade aucune hypothèse n’est écartée, ni privilégiée», précise le magistrat.

L’arme probablement utilisée, un fusil à canon scié, n’a pas été retrouvée sur lui. «Les vérifications se poursuivent sur son éventuelle implication».

Étant donnée la proximité temporelle avec l’attentat de Nice, le parquet a précisé qu’une enquête pour «assassinat» était ouverte. Il «reste en contact étroit avec le Parquet national anti-terroriste» qui n’est pas saisi pour le moment.

Certaines sources policières invitaient d’ailleurs à la «prudence sur le motif de l’agression».