CULTURE

L’acteur Sean Connery, premier et inoubliable interprète de James Bond, est décédé

L’acteur écossais Sean Connery s’est éteint à l’âge de 90 ans, selon la BBC.

L’acteur écossais Sean Connery, premier et inoubliable interprète de l’agent 007 dans la saga des films James Bond, est décédé à l’âge de 90 ans, a annoncé ce samedi la BBC, citant sa famille.

L’acteur a connu une longue carrière couronnée de nombreux prix dont un Oscar, deux Bafta et trois Golden Globes.

«Comme c’est infiniment triste d’apprendre la nouvelle du décès de Sir Sean Connery. Lui et Roger étaient amis pendant de nombreuses décennies et Roger a toujours soutenu que Sean était le meilleur James Bond de tous les temps», a tweeté le compte de l’acteur Roger Moore, qui s’était aussi glissé dans la peau du célèbre agent secret.

«Mum and dad», «Scotland forever»

Sean Connery est né le 25 août 1930 dans la pauvreté en banlieue d’Édimbourg en Écosse. Il avait quitté l’école tôt et s’était engagé à 16 ans dans la Marine.

C’est de cette époque que datent ses deux tatouages – «Mum and dad» et «Scotland forever» – sur l’avant-bras droit.

Rendu à la vie civile au bout de trois ans après un ulcère, il avait enchaîné les petits boulots: maître-nageur, maçon, routier mais aussi livreur de charbon, garde du corps et polisseur de cercueil.

Il s’était aussi lancé dans le culturisme, terminant troisième au concours de Mister Univers 1950, avant d’embrasser la carrière d’acteur.

Endossant pour la première fois le rôle de 007 dans «Dr No» en 1962, il a incarné à six reprises (sans compter le non-officiel «Jamais plus jamais») l’agent secret.

Un Oscar avec «Les Incorruptibles»

Il a gagné un Oscar avec «Les Incorruptibles» et interprété de plus en plus des rôles de père spirituel, dans «Highlander», «Le nom de la rose» ou «Indiana Jones et la dernière croisade».

En 1989, le magazine People le consacrait «homme vivant le plus sexy», alors qu’il va allègrement sur ses 60 ans.

Sean Connery avait pris sa retraite en 2003, restant immensément populaire. En 2013, il avait été élu acteur britannique préféré des Américains.

Seul son combat pour l’autonomie de son Écosse natale fait lever quelques sourcils. Il aurait aussi retardé jusqu’en juillet 2000 son anoblissement par la reine Elizabeth II.

«J’ai grandi en idolâtrant #SeanConnery», a écrit l’acteur Hugh Jackman. sur Twitter le qualifiant de «légende à l’écran et en dehors».

L’acteur Sean Connery, premier et inoubliable interprète de James Bond, est décédé
Sean Connery ici en 1965. AFP

James Bond, six fois

Première incarnation de James Bond à l’écran, le producteur et acteur Sean Connery a prêté sa plastique de rêve, ses moustaches dans tous leurs états et son accent écossais à des dizaines de personnages qui lui valurent un Oscar, un Golden Globe et plusieurs Bafta.

En 1962, naît le mythe James Bond avec «James Bond 007 contre Dr No». Pour incarner son personnage, le romancier Ian Flemming avait plutôt pensé à Cary Grant. Face à la divine Ursula Andress, il juge d’abord Sean Connery «trop frustre». Mais il va changer d’avis rapidement.

Avec «Bons Baisers de Russie» de Terence Young (1963) et «Goldfinger» de Guy Hamilton (1964), Sean Connery assoit définitivement le mythe 007, l’agent secret britannique qui mélange avec élégance machisme, envie d’en découdre et bonnes manières.

Suivront «Opération Tonnerre (1965) de Terence Young, «On ne vit que deux fois» (1967) de Lewis Gilbert, «Les diamants sont éternels» (1971) de Guy Hamilton et enfin le non-officiel «Jamais plus jamais» (1983) d’Irvin Kershner où James Bond vieilli est envoyé en cure par son supérieur.

L’acteur Sean Connery, premier et inoubliable interprète de James Bond, est décédé
Sean Connery, ici dans le making de «Never say, never again» («Jamais plus jamais») à Nice. AFP

Pas de printemps pour Marnie, 1964

Dans l’un des films les plus cruels d’Alfred Hitchcock, Sean Connery – qui échappe ainsi à son personnage de 007 – incarne un riche éditeur qui tombe amoureux d’une jeune secrétaire cleptomane et frigide (Tippie Hedren). Le maître du suspens semble fasciné par Sean Connery et sa virilité presque caricaturale, sa manière obsessionnelle de protéger celle qui deviendra sa femme et la découverte de toutes ses psychoses qui l’effraient et l’excitent.

L’homme qui voulut être roi, 1975

Dans les années 1880, deux anciens officiers britanniques rencontrent Rudyard Kipling et lui proposent de prendre le Kafiristan, un pays mythique où aucun Blanc n’est entré depuis Alexandre le Grand. John Huston livre un film d’aventure palpitant avec un Sean Connery passionné et mystique et un Michael Caine pragmatique.

Le nom de la rose, 1986

Sean Connery, alors en période de disgrâce, était loin d’être le premier choix de Jean-Jacques Annaud pour incarner le rôle principal du moine Guillaume de Baskerville. Mais le réalisateur français raconte avoir eu «la chair de poule» lorsque l’Écossais a commencé à lire le script et il l’engage contre l’avis de son agent qui le taxe de «vieux ringard». Umberto Eco, l’auteur italien du «Nom de la rose», avait les mêmes appréhensions. «Ce que tu as réussi le mieux, c’est ce que je craignais le plus. Sean Connery est formidable», dira-t-il à Jean-Jacques Annaud. Le rôle a valu un Bafta du meilleur acteur à l’Écossais.

Les Incorruptibles, 1987

Le chef-d’œuvre de Brian De Palma sur la pègre à l’époque de la prohibition vaudra un Oscar et un Golden Globe à Sean Connery (meilleur acteur dans un second rôle) et le titre du «pire accent au cinéma de tous les temps». Sean Connery, en vieux flic qui connaît bien le monde des truands, vole la vedette au jeune Kevin Costner face au grand Robert de Niro en Al Capone inattaquable.

Indiana Jones et la dernière croisade, 1989)

En 1989, Steven Spielberg a l’idée de réunir Harrison Ford et Sean Connery dans un formidable duo d’acteurs qui fera un triomphe. Sean Connery incarne avec malice et élégance un médiéviste farfelu mystérieusement disparu que son fils, l’aventurier Indiana Jones, va tenter de retrouver. En 2008, alors que Sean Connery était à la retraite depuis cinq ans, il refusa de rejouer son rôle dans le quatrième volet de la série «Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal», le jugeant trop anecdotique.

Des obsèques privées

La famille de l’acteur écossais a déclaré prévoir des obsèques dans l’intimité avant d’organiser un «service commémoratif» une fois la pandémie passée.

La famille de Sean Connery a déclaré que l’acteur «est décédé paisiblement dans son sommeil entouré de sa famille» et a ajouté: «Il y aura une cérémonie privée suivie d’un service commémoratif encore à planifier une fois que le virus aura pris fin».