MÉDITERRANÉE

VIDÉO | Séisme en Égée: au moins 4 morts, 120 blessés en Turquie

VIDÉO |  Séisme en Égée: au moins 4 morts, 120 blessés en Turquie

AFP

Au moins quatre personnes ont été tuées et 120 blessées par un puissant séisme qui a provoqué l’effondrement de plusieurs immeubles dans l’ouest de la Turquie vendredi, selon un premier bilan publié par le ministre de la Santé.

Au moins quatre personnes ont été blessées légèrement à Samos à la suite d’un fort séisme de 6,7 qui a frappé cette île grecque en mer Égée en même temps que la ville turque proche d’Izmir, provoquant un mini-tsunami et des dégâts matériels, selon des sources concordantes.

L’Agence de presse grecque Ana et la télévision publique Ert ont fait état «de quatre personnes blessées légèrement» qui ont été hospitalisées.

«Il y a des blessés mais pas de blessés graves, il s’agit surtout des blessures orthopédiques», a déclaré à la Ert le directeur de l’hôpital de Samos, Nikos Stephanis, sans toutefois préciser leur nombre.

Selon la radio Skaï, le nombre de blessés légers s’élève à huit, dont cinq ont été hospitalisés.

Une partie de la cathédrale de Karlovassi, l’un de deux ports de l’île, s’est effondrée, ainsi que certaines vieilles maisons de Vathy, l’autre port.

Toutefois «aucune personne n’a été pour l’instant bloquée dans des maisons», a indiqué à l’AFP un porte-parole des pompiers.

«Samos a résisté», a tweeté le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, appelant ses habitants à rester «vigilants» durant les prochaines heures.

M. Mitsotakis, qui devait s’adresser à la nation vendredi après-midi et annoncer de nouvelles mesures pour lutter contre la propagation de l’épidémie de coronavirus, a reporté son allocution à samedi.

Un «mini-tsunami» s’est produit à Samos quelques minutes après le fort séisme qui s’est produit à 11H51 GMT, le niveau d’eau au port de Vathy étant monté jusqu’à 50 cm, selon la Ert.

«C’était un fort séisme, j’ai pris mon bébé et je suis sortie», a raconté à l’AFP Irini Georgali, habitante d’un village situé à six kilomètres de Vathy dont la maison n’a pas subi de dégâts.

«C’était le chaos, nous n’avons jamais vécu cela… Pour l’instant nous n’avons pas de victimes. Certains bâtiments ont été abîmés, une église notamment», située dans le port de Karlovassi, a expliqué à Ert Giorgos Dionysiou, vice-maire de Samos.

Le séisme à Samos a fortement été ressenti sur l’île de Crète et à Athènes. Son épicentre est situé à «19 kilomètres au large de Samos et à deux kilomètres de profondeur», selon un communiqué de l’Observatoire grec de sismologie.

D’après Sharif Mohamed, un réfugié irakien habitant dans le camp de Vathi, «tout le monde a eu peur et la police a appelé à s’éloigner de la mer».

Aucun blessé n’a jusqu’ici été enregistré parmi les 4.500 demandeurs d’asile qui vivent dans le camp surpeuplé de Vathy, selon les autorités locales.

L’aéroport de l’île a rouvert après être resté fermé presque une heure.

La Protection civile grecque a averti par SMS les habitants de Samos de rester «en plein air et loin des bâtiments» et de «s’éloigner des côtes».

Le secrétaire général du service d’asile Manos Logothetis et le vice-ministre de la Protection civile Nikos Hardalias doivent se rendre sur place pour évaluer la situation, selon des communiqués officiels.

De son côté, le ministre des Migrations Notis Mitarachi doit visiter l’île proche de Chios, où le séisme a été ressenti et où se trouve également un camp de demandeurs d’asile comptant plus de 3.400 personnes.

La Grèce est située sur d’importantes failles géologiques et les tremblements de terre y sont fréquents, surtout en mer, le plus souvent sans faire de victime.

Le dernier séisme mortel, de magnitude 6,7, avait eu lieu sur l’île de Kos, proche de Samos, dans l’archipel de Dodécannèse en mer Égée en juillet 2017, tuant deux personnes.

Grèce et Turquie «prêtes à s’aider mutuellement»

La Turquie et la Grèce se sont engagées, en dépit des vives tensions qui les opposent, à s’aider mutuellement si besoin après avoir été secouées par un puissant séisme vendredi, a rapporté Ankara.

Lors d’un entretien téléphonique, les ministre des Affaires étrangères des deux pays «ont souligné qu’ils étaient prêts, en cas de besoin, à s’aider et se soutenir mutuellement», a indiqué le ministère turc dans un communiqué.

La mer Égée a été secouée vendredi par un puissant séisme, dont la force a été évaluée à 7 sur l’échelle de Richter par l’Institut de géophysique américain (USGS), et à 6,6 par les autorités turques. Au moins quatre morts et 120 blessés seraient à déplorer en Turquie.

Le tremblement de terre a provoqué l’effondrement de plusieurs immeubles dans la province turque d’Izmir, et un mini-tsunami qui a balayé les côtes de l’île grecque de Samos.

La promesse d’aide mutuelle exprimée vendredi rappelle l’aide que la Grèce avait offerte à la Turquie après un séisme meurtrier en 1999, un geste qui avait permis un réchauffement des relations entre ces deux pays en crise. Des experts avaient parlé de «diplomatie du séisme».

Plus de 20 ans plus tard, les relations entre ces deux voisins membres de l’OTAN sont de nouveau tendues, en raison notamment de recherches gazières menées unilatéralement par Ankara en Méditerranée orientale, Athènes l’accusant de prospecter dans ses eaux.