SANTÉ

VIDÉO | Coronavirus: «rien ne change de manière favorable, actuellement»

Lors de sa conférence de presse organisée ce vendredi matin, l’Institut de santé publique a analysé les dernières tendances de l’épidémie de coronavirus dans notre pays. Yves Van Laethem le constate, rien ne change de manière positive actuellement.

 

 

«Les indicateurs n’ont pas changé, ils restent tous au rouge. Nous avons dépassé pour la première semaine le chiffre des 100.00 nouvelles infections. Les admissions à l’hôpital restent importantes avec un doublement tous les 8 à 9 jours, et nous avons actuellement un doublement de la mortalité tous les 6 jours. En résumé donc, rien ne change de manière favorable, actuellement», a précisé d’entrée Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus.

Il faut être prudent avec les chiffres actuels, selon Yves Van Laethem. «L’augmentation a l’air de prendre un tournant favorable car elle n’est que de 38%. Cependant, on ne teste plus que les personnes symptomatiques. Ce qui fausse la comparaison avec ce que l’on faisait auparavant», a-t-il expliqué, avant de poursuivre: «Pour essayer de rétablir une certaine réalité, Sciensano a fait une projection du nombre de cas qu’on aurait détecté si on n’avait pas changé la méthode de testing, et celui-ci serait à peu près de l’ordre de 18.000 nouvelles infections par jour, soit une augmentation de 66%. Ce qui est proche des chiffres que l’on connaissait alors et clairement différent des 38% actuels».

On pratique encore énormément de tests, environ 65.000 par jour. Le taux de positivité est de 25% par rapport à l’ensemble du pays. 1 test sur 3 pour la Wallonie et 1 test sur 2 pratiquement (43%) est positif à Liège.

La population active principalement touchée

L’augmentation continue principalement dans la population active. La plupart des infections arrivent dans le bloc d’âge entre 20 et 60 ans, et la moitié des contaminations se situe chez les personnes de plus de 41 ans. «Ceci étant dû au fait que l’on a de plus en plus de personnes de 70 et 90 ans qui sont testées positives», estime Yves Van Laethem. Chez les jeunes, la tendance tend à se stabiliser.

Les plus fortes hausses sont toujours présentes en Flandres orientale et occidentale. En nombre absolu, ce sont toujours les provinces du Hainaut, de Liège et la région de Bruxelles-Capitale qui possèdent les nombres de cas les plus importants.

2 000 patients en soins intensifs dans les 7 jours

«Au niveau des admissions à l’hôpital, celles-ci continuent à augmenter sans que l’on puisse voir une diminution significative de la courbe. Ce mercredi 28 octobre, nous avons battu le triste record de 743 admissions et, jeudi, 673 admissions ont été enregistrées. Cela reste supérieur à ce que l’on a connu lors de la première vague» a ainsi commenté le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus. La moyenne est de 618 admissions par jour. 60% de ces admissions surviennent à Liège, en Hainaut et à Bruxelles.

En Belgique, nous avons maintenant 6 187 patients hospitalisés dont 1 057 en soins intensifs, dont 55% d’entre eux sont sous respiration artificielle. Yves Van Laethem prévient: «Si cette tendance se poursuit, s’il n’y a pas de modifications induites par notre comportement et les mesures prises, nous arriverions au cap des 2 000 patients dans les sept jours.»

Au niveau des décès, le doublement est rapide car les décès doublent tous les 6 jours. On note en moyenne 79 décès par jour. La plupart de ces décès surviennent en Wallonie, mais les augmentations sont perceptibles dans toutes les provinces et les régions.

Le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus conclut son intervention par une pensée particulière pour cette période de Toussaint. «Les visites des cimetières peuvent se faire de manière sûre. Gardons nos distances, mettons nos masques. Se retrouver pour discuter ou échanger des souvenirs dans un local ne pourra se faire cette année. Gardez vos précautions, ne vous réunissez pas de manière inadéquate. La situation reste toujours aussi alarmante. Nous sommes malgré tout à la veille d’une période de vacances. Nous allons malgré tout vous souhaiter de tout cœur de bonnes vacances de Toussaint et surtout profitez-en pour être vigilant pour vous et pour les autres.»

 

 

«Toute aide est précieuse»

 

«Nous sommes à la veille des vacances de Toussaint, une période que beaucoup attendaient avec impatience. Mais le personnel soignant ne saura pas prendre de repos dans les semaines à venir. Pour le moment, toutes les mains sont plus que nécessaires pour prendre soin des patients» a rappelé Antoine Iseux, porte-parole interfédéral du Centre de crise.

«Un certain nombre d’institutions compte d’ailleurs sur des bénévoles. C’est réconfortant de constater que des centaines voir milliers de personnes ont déjà proposé leur aide.» D’autres manières existent aussi si l’on veut apporter notre soutien, comme le don de plasma auprès de la Croix-Rouge, si vous avez déjà été affecté et êtes guéri, ou en faisant les courses pour une personne en quarantaine ou malade du coronavirus.

Antoine Iseux estime que «toute aide est précieuse. Mais l’aide la plus précieuse que nous pouvons apporter consiste à respecter les mesures. C’est la manière la plus efficace pour briser de potentielles chaînes de contamination et pour réduire la pression dans les hôpitaux», rappelant que «le comportement de chacun d’entre nous est vraiment important et nous nous en sortirons que si chacun, à son niveau, apporte sa pierre à l’édifice.»

Le porte-parole interfédéral du Centre de crise a terminé en donnant un conseil. «Pour ceux qui ont des vacances, prenez le temps de vous reposer, de vous ressourcer, mais faites-le de manière responsable. Évitez de vous rendre dans des endroits fréquentés, évitez également d’entretenir des contacts rapprochés. Il est clair que la situation est alarmante. Ensemble, nous devons faire baisser les courbes d’hospitalisation et de contamination. Cela prendra malheureusement du temps, mais à 11 millions, nous devrons le faire.»