CORONAVIRUS

Coronavirus | Enseignement à distance, congés prolongés… «Que les parents et les élèves sachent à quelle sauce ils vont être mangés»

Depuis hier, les élèves du secondaire ont subitement basculé en enseignement distanciel, avant un congé de Toussaint prolongé… Avant le nouveau comité de concertation prévu demain, la Ligue des familles lance un appel clair.

Il y a comme un soudain vent de panique qui a soufflé sur la gestion de l’enseignement, la semaine passée. Dans un premier temps, le 21 octobre, la ministre de l’Enseignement en fédération Wallonie-Bruxelles, annonçait le passage dans une sorte de code orange revu à partir du 12 novembre.

L’idée de ce code orange adapté était que l’enseignement présentiel reste la règle pour tous les élèves de primaire et de secondaire, mais avec la possibilité de prévoir des cours à distance dès la 3e secondaire, à condition que tous les élèves aient les moyens d’y participer.

À peine quatre jours après cette annonce, dimanche dernier au soir, on change à nouveau les plans… On apprend que l’enseignement secondaire va basculer subitement et intégralement en distanciel dès le mercredi suivant, hier donc.

La question qui est désormais sur toutes les lèvres: à quelles nouvelles annonces faut-il désormais s’attendre, alors qu’un comité de concertation est prévu demain? à ce stade, tout ce qu’on sait, c’est donc que le congé de Toussaint sera prolongé jusqu’au 11 novembre inclus, au moins jusque-là serait-on plutôt tenté d’écrire.

Et après? Ça dépendra du/des prochains scénarios. Surprise(s)… Demain est un autre jour, après-demain aussi…

 

On ne peut pas se permettre d’improviser des mesures au fur et à mesure, en fonction de la gravité de l’épidémie

 

À la Ligue des familles, on ne comprend pas pourquoi les décideurs ne s’en sont pas tenus au plan qui avait été décidé en juin.

«Pour nous, clairement, il y a une interrogation sur la cohérence de ces mesures, puisqu’on a établi initialement une série de codes couleur, qui nous semblait plutôt être une bonne idée. Il y avait une forme de prévisibilité sur les scénarios pour les parents. Ici, il semblerait qu’on ait un peu décidé de se passer de cet outil du code», constate Maxime Michiels, chargé d’études au sein de la Ligue des familles.

«Ici, il y a un manque de prévisibilité», poursuit-il. «On est vraiment demandeur que les parents et les enfants puissent savoir à quelle sauce ils vont être mangés pour le dire clairement. On ne peut pas se permettre d’improviser des mesures au fur et à mesure, en fonction de la gravité de l’épidémie. Il faut pouvoir avoir un plan: ce qu’on avait décidé de faire à la base (en juin). Maintenant, la moindre des choses, c’est de s’y tenir.»

 

Il faut essayer au maximum de maintenir une scolarité la plus normale possible

 

On l’a compris, si la Ligue des familles pouvait faire passer un message aux décideurs politiques, ce serait de faire preuve de prévisibilité, de clarté. De s’en tenir au code. «C’est dommage d’avoir rompu cette logique. Ce n’est plus du tout crédible pour les parents, puisqu’on est de nouveau dans des décisions d’urgence, des décisions improvisées. Ce n’est pas comme si on avait été surpris par cette 2e vague. On a l’impression d’être dans la même panique qu’en mars, et ça, ce n’est pas normal. On avait un plan. Maintenant, il faut vraiment l’utiliser», insiste Maxime Michiels.

 

 

«Les parents sont parmi ceux qui ont fait les plus gros sacrifices»