TÉLÉVISION

Les travailleuses de l’audiovisuel confrontées aux discriminations et au harcèlement

Les travailleuses de l’audiovisuel confrontées aux discriminations et au harcèlement

BELGA (Illustration)

Un tiers des femmes travaillant dans l’audiovisuel ont déjà été victimes de discrimination ou de harcèlement sur leur lieu de travail, ressort-il d’une étude du CSA sur l’égalité des genres publiée ce jeudi.

Seuls 7% des répondants masculins ont également souffert d’actes de harcèlements ou de discrimination.

Par ailleurs, un quart des femmes ont déjà été témoin de discrimination ou de harcèlement au travail, contre moins d’un homme sur dix (9%). Une femme sur trois a déjà été victime, témoin ou informée de harcèlement sexuel dans l’entreprise audiovisuelle dans laquelle elle travaille, contre un homme sur cinq.

Un tiers des répondantes à l’étude du CSA ont été victimes de blagues ou remarques sexistes au cours des 12 derniers mois, un tiers déclare qu’on s’est adressé à elles de manière condescendante ou infantilisante. Près de 20% témoignent qu’il leur est arrivé qu’on leur fasse des avances inappropriées. Enfin, 3% des répondantes ont déjà été victimes d’attouchements.

Prise de conscience

L’étude du CSA relève qu’en réalité, les victimes pourraient être bien plus nombreuses, observant que les femmes rencontraient des difficultés à reconnaître et nommer le sexisme, la discrimination ou la violence dont elles font l’objet.

La recherche constate que plusieurs stratégies sont déployées face à ces comportements: l’intériorisation – les travailleuses considérant cela comme constitutif de leur milieu professionnel, notamment – ou la minimisation et l’excuse, expliquant qu’il s’agit d’humour. En outre, certaines victimes s’invisibilisent.

La prise de conscience intervient lorsqu’un certain seuil de tolérance est dépassé. Certaines femmes vont alors résister, en confrontant l’auteur et/ou en alertant la hiérarchie.

Ces comportements sexistes entraînent des conséquences pour les femmes, qui peuvent prendre la forme d’un impact psychologique, comme un épuisement, ou à une stigmatisation de la victime, qualifiée de «coincée» par exemple. «Certaines ne vont avoir d’autre choix que se distancer de leur environnement professionnel: elles vont quitter leur métier, démissionner de leur entreprise, voire parfois perdre leur poste.»

Différence de perception

Le CSA soulève que les hommes restent plus nombreux à ignorer que ce genre de situation existe sur leur lieu de travail. Aussi, «les hommes salariés ont davantage que les femmes le sentiment de pouvoir s’ouvrir sur les questions de harcèlement et de discriminations sans crainte des répercussions négatives dans leur entreprise».

Une différence de perception des inégalités et des obstacles rencontrés par les femmes dans le secteur audiovisuel constatée tout au long de l’enquête.

L’étude du CSA se base sur l’analyse de 753 profils LinkedIn, 404 questionnaires complétés par des membres du personnel, 16 questionnaires complétés par des membres de la direction, 22 entretiens avec des femmes et une analyse des bilans sociaux de 2018 des entreprises étudiées.

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