BELGODYSSÉE 2020

EN IMAGES | Coronavirus : le désir d’entreprendre, plus que jamais

Le nombre de nouvelles entreprises est à la hausse depuis cet été. Les chiffres d’août et de septembre seraient mêmes supérieurs à ceux de 2019 à la même période. Le désir d’entreprendre semble donc bien présent alors que nous traversons une période des plus incertaines. La crise sanitaire serait-elle un moment propice pour lancer de nouveaux projets?

 

AVANT DE LIRE

Chaque semaine durant deux mois, un(e) jeune journaliste sélectionné(e) pour le concours Belgodyssée propose un reportage avec pour thème l’impact du coronavirus: les changements, temporaires ou structurels dans notre société. Cette semaine: Salomé Mossakowska

Lætitia, 25 ans et Cédric, 26 ans n’ont qu’une envie depuis des mois: ouvrir les portes de leur bar à cocktails zéro déchet, Botèye, à Spa. Tous deux ont eu l’idée de ce projet il y a quelques années lorsqu’ils travaillaient dans un bar à Bruxelles. C’est seulement en septembre 2019, grâce à un incubateur d’entreprises durables, Boost Your Project, que leur rêve a doucement pris forme.

Début 2020, Lætitia et Cédric étaient prêts à rencontrer les banques avec, dans leurs mains, une bonne étude de marché et un plan financier en béton. La suite de l’histoire, on la connaît, le confinement a quelque peu perturbé leurs plans, mais le jeune couple ne se décourage pas pour autant.

«On était censés ouvrir en juin et finalement, on a ouvert mi-octobre, aujourd’hui on essaie de lancer des cocktails à emporter», explique Lætitia. Elle ajoute: «Il faut rester positif et apprendre à vivre avec ce qu’il se passe. Devenir indépendant, c’est toujours relever des défis.»

Le nombre de starters en hausse en Belgique

Après une période assez sombre entre mars et juin 2020, le nombre de créations d’entreprises est reparti à la hausse, selon les derniers chiffres du Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI). Incroyable mais vrai, ces chiffres dépasseraient même ceux de l’année 2019 à la même période.

Mais qu’est-ce qui pousse les Belges à entreprendre en pleine crise sanitaire?

Margaux Burton, coordinatrice chez Boost Your Project, y voit plusieurs raisons. «Le confinement a été une réelle opportunité de réflexion, de remise en question. Pas mal de gens ont vu leur temps de travail diminuer, un chômage économique est arrivé. Ça a laissé beaucoup de temps aux gens qui voulaient développer leurs projets. De plus, les demandeurs d’emploi qui étaient face à un marché du travail peu florissant ont également préféré se concentrer sur leurs propres projets».

Résilience, le mot d’ordre des futurs entrepreneurs

Si nombreux sont ceux qui ont lancé leur activité en pleine crise Covid, la tâche n’était pas sans embûches et retournements de situation. Pour Olivier Willocx, secrétaire délégué de la Chambre de Commerce de Bruxelles, trois qualités sont devenues indispensables pour les entrepreneurs en 2020: la résilience, la persévérance et la créativité.

«Aujourd’hui, on rencontre des gens qui font le même métier et, alors que les uns s’en sortent, les autres vont très mal et ne savent pas suivre», dit-il. Ce qui importe pour lui, c’est «le regard qu’on porte sur une difficulté. La résilience est de savoir traduire une contrainte en avantage.»

Olivier Willocx est persuadé que lancer son activité en 2020 reste une bonne idée. Selon lui, tout dépend du domaine d’activité. Il faut que le projet d’entreprise envisage dès le début le volet digital et soit compatible avec la crise sanitaire sur le long terme.

Difficile d’y voir clair pour les mois à venir. Et pourtant, le temps que certains ont devant eux aujourd’hui pourrait bien leur être utile pour développer de futurs projets. Certains changements apportés par la crise sanitaire risquent de perdurer et pourraient représenter une réelle opportunité pour les jeunes starters.

Des mesures de soutien qui se font attendre en Wallonie et à Bruxelles

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Entre mars et juin 2020, le confinement a porté un coup très important aux entreprises existantes, mais a aussi sérieusement freiné la création d’entreprises. La diminution du nombre de starters sur l’ensemble de la période était de -37% en Wallonie, -31% à Bruxelles contre -23% chez nos voisins flamands.

Selon Christine Matheeuws, présidente du Syndicat Neutre pour Indépendants, cette différence serait liée aux mesures de soutien apportées aux entreprises. A Bruxelles et en Wallonie, les indépendants ont dû attendre plus longtemps pour les aides aux entreprises qu’en Flandre.

«Ces mesures sont surtout importantes pour les entreprises existantes, mais en même temps, tous ceux qui ont envie de démarrer une activité vont regarder comment s’en sortent les entreprises dans leur secteur», explique Christine Matheeuws.

La présidente du SNI se montre donc assez pessimiste pour le mois d’octobre au vu des nouvelles mesures prises par les trois Régions.

Qui est l’auteur de ce reportage?

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Emmanuel de Crooÿ
Salomé Mossakowska

25 ans – Bruxelles

Après un baccalauréat en réalisation cinéma à l’IAD, je termine aujourd’hui mon master en journalisme à l’ULB et à la VUB avec le programme Belgica. Je suis de nature curieuse et je rêve de pouvoir faire du journalisme d’investigation. Ce métier est pour moi une manière de découvrir le monde et d’appréhender différentes manières de penser.