FRANCE

Un serveur témoigne après l’attaque au couteau à Nice: «Courez, courez... il va y avoir des morts»

Un serveur témoigne après l’attaque au couteau à Nice: «Courez, courez... il va y avoir des morts»

- AFP

Les faits se sont déroulés vers 9H00 près de l’église Notre-Dame, d’après une source policière. Le parquet anti-terroriste ouvre une enquête.

Trois personnes sont mortes jeudi à la suite d’une attaque au couteau perpétrée dans le centre de Nice, dans le quartier Notre-Dame, selon le quotidien local Nice-Matin. L’agresseur a été neutralisé par balle et médicalisé sur place. Le parquet anti-terroriste a ouvert une enquête pour «assassinat» et «tentative d’assassinat».

L’attaque a eu lieu au sein même de la cathédrale Notre-Dame vers 9H. Deux personnes sont décédées sur place, une troisième grièvement blessée a réussi à s’enfuir et s’abriter dans un commerce du quartier, mais elle est également décédée. Le Raid et la BRI (brigade de recherche et d’intervention) exploraient toujours l’édifice peu avant 11h00, tandis que le quartier était évacué et bouclé.

Le Premier ministre Jean Castex, qui se trouvait à l’Assemblée, et le président Emmanuel Macron ont quitté leurs obligations pour rejoindre la cellule de crise du ministère de l’Intérieur. L’Élysée a confirmé que le président prendra ensuite la direction de Nice, où il devrait arriver en fin de matinée.

Le parquet anti-terroriste ouvre une enquête

Le parquet national anti-terroriste a annoncé s’être saisi de l’affaire et avoir ouvert une enquête pour «assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste» et pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle». L’enquête a été confiée à la direction centrale de la police judiciaire et à la direction générale de la sécurité intérieure.

Le maire de Nice, Christian Estrosi (Les Républicains), a demandé que «toutes les églises soient mises sous surveillance ou fermées, ainsi que tous les autres lieux de culte de la ville». «Trop c’est trop, il est temps maintenant que la France s’exonère des lois de la paix pour anéantir définitivement l’islamo-fascisme de notre territoire», a-t-il ajouté.

«Je ne peux que condamner avec force la lâcheté de ce geste contre des personnes innocentes», a déclaré dans un communiqué à l’AFP Abdallah Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM), après cette attaque qui survient moins de deux semaines après la décapitation d’un enseignant, Samuel Paty, à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines. Mais aussi un mois après une attaque au hachoir par un ressortissant pakistanais qui pensait s’attaquer au quotidien Charlie Hebdo. Il avait grièvement blessé deux personnes.

 

Un «acte innommable»

La Conférences des évêques de France (CEF) a qualifié jeudi d’acte «innommable» l’attaque au couteau qui a fait trois morts dans la basilique Notre-Dame de Nice et souhaité que «les Chrétiens ne deviennent pas une cible à abattre».

«Nous sommes émus, très touchés et dans une sorte de sidération devant ce genre d’acte innommable», a déclaré à l’AFP le père Hugues de Woillemont, le porte-parole de la CEF. «Il y a une urgence à combattre cette gangrène qu’est le terrorisme, de la même façon qu’il y a urgence à mettre en place de manière concrète une fraternité dans notre pays», a-t-il ajouté.

 

 

«Courez, courez... il va y avoir des morts», un serveur témoigne

«Courez, courez (...) il va y avoir des morts»: Daniel Conilh, serveur dans une brasserie de Nice proche de l’église dans laquelle a été perpétré un meurtrier attentat au couteau jeudi raconte les minutes juste après l’attaque.

«J’étais là directement, je servais. Ça s’est passé entre 8H50 et 9H00», raconte Daniel Conilh, 32 ans, employé du Grand café de Lyon, situé à cinquante mètres de la basilique Notre-Dame de l’Assomption où a eu lieu l’attentat.

L’agresseur, blessé lors de l’intervention de la police et transporté à l’hôpital, a fait irruption dans l’église armé d’un couteau tuant trois personnes.

L’attaque s’est déroulée dans l’un des secteurs les plus commerçants de l’hyper-centre de cette ville de la Côte d’Azur (Riviera française). De nombreux habitants étaient venus boucler rapidement des achats avant le début du confinement, racontent-ils à l’AFP.

«Tout le monde est parti en courant, il y a eu des coups de feu. Une dame est venue directement de l’église et nous a dit «+courez courez, il a quelqu’un qui a planté, il va y avoir des coups de feu, il y a des morts+», poursuit Daniel Conilh.

«Vers 9H10, énormément de voitures dont celles des pompiers ont quadrillé la zone, on a entendu plein de coups de feu», conclut-il.