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Plus de 600 enfants de djihadistes européens retenus en Syrie, selon une étude belge

Plus de 600 enfants de djihadistes européens retenus en Syrie, selon une étude belge

Photo d’illustration AFP

Plus de 600 enfants de djihadistes européens, dont au moins 38 Belges et plus de 200 Français, sont actuellement retenus dans les camps du nord-est syrien sous contrôle kurde, selon une étude de chercheurs belges publiée mercredi, qui déplore «l’inaction» des gouvernements européens.

Selon Thomas Renard et Rik Coolsaet, experts du djihadisme à l’Institut Egmont à Bruxelles, «entre 610 et 680» enfants ressortissants de l’UE sont retenus avec leurs mères dans les camps syriens de Roj et d’Al-Hol, où de nombreuses anciennes combattantes du groupe État islamique ont été regroupées depuis 2019.

En ajoutant les quelque 400 adultes, y compris les hommes en prison, il y aurait actuellement un gros millier d’Européens privés de liberté en zone irako-syrienne, poursuit l’étude, qui compile des chiffres gouvernementaux, d’experts et d’ONG actives sur place.

La Belgique est le 5e pays à compter le plus de ressortissants sur place, avec 35 adultes, dont 14 hommes et 21 femmes, et au moins 38 mineurs. L’étude signale également deux Belges en Irak.

La France est le premier pays concerné: selon les chercheurs, 150 à 200 de ses ressortissants adultes et 200 à 250 enfants seraient sur place, en très grande partie en Syrie. Viennent ensuite l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède.

Les chiffres portent sur onze pays au total, dont sont issus «plus de 95%» des Européens recensés parmi les combattants étrangers, précise l’étude.

Pour les adultes ayant combattu dans les rangs de l’EI, dont le rapatriement a été exclu, la détention «hors de tout cadre légal international», conjuguée au flou sur la perspective d’un procès, rappelle le cas des prisonniers du camp américain de Guantanamo, soulignent les auteurs.

Quant aux enfants, dit le chercheur, «ils sont victimes des choix de leurs parents, de la guerre, des conditions extrêmement difficiles dans ces camps et aussi de l’inaction des gouvernements européens». Ceux-ci «sont tout au fait au courant de leur situation mais ont choisi de ne pas rapatrier, souvent malgré les recommandations de leurs propres administrations ou services antiterroristes», poursuit Thomas Renard.

Pour lui, il faut écarter l’argument parfois brandi des «bombes à retardement» que représenteraient ces enfants une fois de retour sur le sol européen. «Soixante à 70% d’entre eux ont moins de cinq ans, et quasiment tous les autres ont moins de 12 ans, il n’y a qu’une poignée d’adolescents», justifie-t-il.

Depuis octobre 2019, quand une offensive turque contre les forces kurdes a détérioré encore davantage les conditions de vie dans ces camps, «plus de 53» femmes européennes ont fui avec leurs enfants vers la Turquie, qui les a ensuite expulsés vers leur pays d’origine.

Mais en deux ans, seule une grosse soixantaine d’enfants ont été rapatriés de Syrie vers un État européen.

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