CORONAVIRUS

Aménager les fêtes de fin d’année ou les repousser en été: qu’en pensent les experts belges?

Aménager les fêtes de fin d’année ou les repousser en été: qu’en pensent les experts belges?

Si le réveillon de Noël est autorisé, le masque sera de rigueur. ??????? ??????? - stock.adobe.com

Alors que les fêtes se rapprochent à grands pas, la situation sanitaire s’aggrave de jour en jour dans notre pays. Dans ce contexte délicat, que donneront les fêtes de fin d’année? Voici ce qu’en pensent les infectiologues et épidémiologistes belges.

Ces derniers jours, l’augmentation inquiétante des chiffres et de la saturation des hôpitaux font planer la menace d’un reconfinement total en Belgique. Autant dire que la crainte de ne pas pouvoir profiter des fêtes de fin d’année est de plus en plus présente au sein de la population.

Si de nombreux marchés de Noël ont déjà été annulés à travers le pays, ce sont également les réveillons de Noël et du Nouvel An qui posent question. Interrogée à ce sujet sur le plateau de «Questions en Prime» sur la RTBF, Frédérique Jacobs a proposé une solution radicale: reporter les fêtes à l’été prochain.

«Il faut imaginer des fêtes de fin d’année différentes. Peut-être en plus petit nombre, avec des mesures de distanciation, ou carrément reporter les fêtes de fin d’année en juillet-août, quand il fait beau. Là, vous pourrez faire une grande fête dans votre jardin», propose la cheffe du service infectiologie à l’hôpital Erasme.

«Même si on parvient, en reconfinant, à vraiment faire diminuer la courbe, on doit se dire que faire les fêtes de fin d’année telles qu’on les fait habituellement, c’est dangereux», ajoute l’infectiologue.

La proposition choc de l’experte a fait le buzz jusque chez nos voisins français. «Les scientifiques ne savaient plus quoi proposer pour améliorer la situation», a notamment ironisé l’émission «Quotidien» de Yann Barthès.

La crainte de graves conséquences psychosociales en cas de report

Mais qu’en pensent les autres experts belges? Interrogé par nos confrères de La DH, Yves Coppieters a également donné son avis sur le sujet. Selon l’épidémiologiste et professeur de santé publique à l’ULB, «Noël ne sera pas avorté mais il sera différent» et les fêtes seront «proportionnelles à nos efforts réalisés actuellement».

Pour l’expert, un report des fêtes ou un confinement strict durant celles-ci aurait de graves conséquences. «Isoler tout le monde à Noël ou reporter les fêtes de fin d’année auront des conséquences psychosociales plus importantes que les conséquences sanitaires.»

Quatre invités maximum et le port du masque?

De son côté, Yves Van Laethem n’est pas non plus très optimiste et se veut très clair: «Inviter dix personnes chez vous, vous pouvez déjà laisser tomber.»

Le porte-parole interfédéral propose toutefois un mode d’emploi pour minimiser les risques sanitaires durant les fêtes. «J’imagine des fêtes avec un maximum de quatre invités, une maîtresse de maison qui pourrait retirer son masque pour l’occasion, mais pas d’embrassades. Ma fille, je ne lui ai plus fait un bisou depuis le mois de mars par exemple et je ne me vois pas en faire pour les fêtes», explique-t-il à La Dernière Heure.