LEUZE-EN-HAINAUT

Un conseil communal très chahuté qui a dû être écourté en raison du couvre-feu

Le conseil communal de Leuze a notamment été marqué par l’accueil chahuté réservé par des manifestants à Elia mais aussi par le couvre-feu qui a provoqué la fin prématurée des débats.

Partout où il passe, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité haute tension, Elia, a droit à un comité d’accueil particulièrement hostile. Ce mardi soir, juste avant le conseil communal de Leuze, ils étaient plusieurs dizaines de citoyens, agriculteurs et membres d’associations comme Revolth ou la Fugea, à être venus manifester contre le projet «explosif» de Boucle du Hainaut. Une manifestation qui n’a pas connu de débordement.

C’est à coups de klaxons de tracteurs et de sifflets que les deux représentants d’Elia, bien encadrés par les services de police, ont rejoint la salle de l’hôtel de ville pour présenter leur projet d’autoroute électrique aérienne reliant Avelgem à Courcelles. Une liaison qui impactera quatorze communes du Hainaut, dont Leuze et six autres entités de Wallonie picarde.

Une partie du public filtrée à l’entrée?

À l’issue de débats animés et d’explications qui n’ont pas vraiment convaincu les élus leuzois, ces derniers ont sans surprise rejeté la demande de révision de plan de secteur ainsi que le tracé envisagé par Elia. Seul le groupe Écolo s’est abstenu en déplorant que ses remarques n’aient pas été prises en compte dans la délibération.

Baptiste Leroy, le chef de file des «Verts», s’est interrogé sur le caractère public du conseil communal, dans la mesure où « la police a filtré le public à l’entrée alors qu’il restait des sièges vides.» Le bourgmestre libéral Lucien Rawart a contesté vivement les propos du conseiller de l’opposition en assurant que les places inoccupées étaient destinées à des membres d’un collectif citoyen qui avaient demandé de pouvoir assister au conseil.

Des points expédiés, la colère d’un échevin

On pouvait s’en douter, le projet Boucle du Hainaut a monopolisé les débats au point qu’après plus de deux heures d’échanges (la séance a débuté à 19 h), Christian Brotcorne (Idées) a soulevé la question de la validité du conseil en cas de prolongation au-delà du couvre-feu imposé à 22 heures.

Après une intervention du directeur général, qui proposait un report de séance, les points les plus urgents liés au vote des budgets fabriciens et des impôts pour l’exercice 2021 ont dû être expédiés. Au final seulement un tiers des trente dossiers ont pu être évoqués. « Je trouve absolument hallucinant que l’on doive ainsi présenter en triple vitesse des points aussi importants et que l’on n’ait pas pensé à une diffusion des débats sur internet. Si l’on avait pu tenir un conseil en vidéoconférence, on n’en serait pas là», fulminait l’échevin Idées Nicolas Dumont.