VERVIERS

«Héros du quartier», il risque 30 mois de prison après une course-poursuite

«Héros du quartier», il risque 30 mois de prison après une course-poursuite

Un des trois «héros» est poursuivi par le tribunal correctionnel. Archive ÉdA – 501007140770

Un trentenaire de Verviers risque 2,5 ans de prison pour avoir, entre autres, pris la fuite lors d’un contrôle de police.

Un trentenaire verviétois a comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Verviers où lui sont reprochées des préventions d’entrave méchante à la circulation mais aussi de la détention et de la vente de cannabis entre avril 2019 et mai 2020.

Le 13 mai 2020, un policier procède au contrôle d’un véhicule, avec deux occupants à bord, qui est en défaut de contrôle technique. Dans un premier temps, le conducteur s’est arrêté et a répondu aux injonctions du policier. Par contre, lorsque ce dernier lui a demandé de rejoindre un parking afin de poursuivre le contrôle, le conducteur a pris la fuite.

S’est alors engagée une course-poursuite avec la police, au cours de laquelle le prévenu a commis une série d’infractions routières. C’est finalement après avoir embouti un autre véhicule qu’il a été interpellé.

Les policiers constateront qu’il s’est débarrassé de deux objets: une boîte contenant 200 grammes de cannabis et une balance de précision.

Pour le ministère public, qui souligne la situation de récidive légale du prévenu, l’analyse de la téléphonie et les auditions des témoins permettent d’établir un trafic de cannabis. Il réclame à son égard une peine de 30 mois de prison.

Si le prévenu ne nie pas la conduite dangereuse, son conseil explique que l’intention morale constitutive de l’entrave méchante à la circulation fait défaut. Concernant les stupéfiants, la consommation et la détention de cannabis sont reconnues mais l’avocat de la défense conteste la longueur de la période infractionnelle déterminée, selon lui, sur base de l’analyse de la téléphonie ainsi que d’un seul témoignage.

Il réclame un sursis probatoire en soulignant l’héroïsme dont son client a fait preuve en octobre 2016 lorsqu’il avait porté secours à des habitants de la rue Spintay dont la maison était en flammes (il avait alors été rebaptisé, avec deux amis, les «héros du quartier», voir nos éditions des 10 et 12 octobre 2016).

Si le second occupant de la voiture a bénéficié d’un non-lieu concernant les préventions relatives aux stupéfiants, il doit répondre d’un séjour illégal sur le territoire belge. Le parquet a réclamé à son encontre la peine minimale.

Jugement attendu le 10 novembre.