TRAIL

Difficile de garder la tête hors de l’eau

Difficile de garder la tête hors de l’eau

Ni départ en groupe, ni chrono individuel: pas de Lumeçons. ÉdA – Frédéric de Laminne

Il n’y aura pas de Lumeçons cette année à la Plante et dans le bois de la Vecquée. Leur trail, même adapté, est annulé.

La période n’est évidente pour personne et encore moins pour les organisateurs d’événements sportifs, qui avaient pourtant pu reprendre un peu du service. Et le plus connu d’entre eux, dans le Namurois, c’est Florian Badoux. À la tête notamment de l’Xterra Belgique et de l’Ironlakes, l’Andennais, qui vit maintenant à Wépion, a dû revoir sa manière d’organiser. «Tous mes événements ont été annulés cette année, depuis la mi-juin avec l’Xterra, jusqu’à il y a quelques semaines, avec l’Ironlakes, annulé en «dernière minute». Avec l’ASBL Sports et Tourisme Promotion, nous avons donc dû revoir nos façons d’organiser. Les événements de masse, terminé. Place à des épreuves de type «contre-la-montre, précise Florian. C’est ainsi qu’est né le Houppy Trail, qui est une collaboration entre le secteur de l’Horeca et nous».

Pas de Lumeçons en 2020

Avec la fermeture des bars, les prochains Houppy Trail passent à la trappe, même si l’organisateur espère pouvoir remettre sur pied encore quelques éditions d’ici le mois de février. Mais avec les mesures prises vendredi, c’est le mythique Trail des Lumeçons qui se voit menacé. Le Tri4Us, l’équipe à la tête de l’organisation, présidé justement par Florian Badoux, avait pourtant proposé une édition 2020 toute particulière, avec des départs libres répartis sur plusieurs soirées, avec un maximum de 200 participants par soir. Malheureusement, l’événement est d’ores et déjà annulé. «Il faut être conscient que, un événement comme le TDL, si on le fait individuellement, il n’y a aucun risque ou presque. Mais c’est certain qu’en l’organisant, même en limitant les inscriptions quotidiennes, c’est pousser au rassemblement. Car souvent, quand on fait ce genre de courses, on n’y va pas seul, mais à deux, trois, quatre ou plus. Je peux comprendre, bien entendu, qu’on annule les événements sportifs et culturels, mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi nous pouvons continuer à aller à l’école, à donner cours», poursuit celui qui est également professeur d’éducation physique.

Où est la priorité?

Pour le team, comme pour l’ASBL, l’objectif est de sortir de cette crise le plus rapidement possible, sans quoi il faudra raccrocher la casquette d’organisateur. «Nous avions des économies pour pallier au déficit de cette année, mais si nous revivons la même chose en 2021, nous ne parviendrons pas à garder la tête hors de l’eau. Je peux comprendre que la priorité ne soit pas dans le sport pour le moment, mais la véritable question est de savoir si, après tout ça, le sport et l’activité physique seront remis en haut de la liste des priorités. Je ne suis pas statisticien, mais j’ai tout de même l’impression, au vu des infos que j’ai pu lire, que les sportifs sont loin d’être les plus touchés et c’est peut-être un argument à prendre en considération. Mais encore une fois, je ne suis pas un spécialiste et je prêche un peu pour notre chapelle», ajoute encore celui qui ne cache pas sa déception à la suite de toutes ces annulations.