L’accueil de la petite enfance face à une pénurie de main-d’œuvre

L’accueil de la petite enfance face à une pénurie de main-d’œuvre

Le secteur de la petite enfance souffre pourtant d’une pénurie importante de main-d’œuvre. ÉdA

L’accueil de la petite enfance se voit confronté aux mêmes problèmes que lors de la première vague de l’épidémie: pénurie de main-d’œuvre et manque à gagner lié à l’absence d’enfants.

Alors qu’il avait fini par «voir des mesures (lui) venir très partiellement en aide» au printemps, le secteur dit aujourd’hui que ses demandes de rendez-vous et courriers à la ministre de tutelle Bénédicte Linard restent lettre morte, indique lundi la fédération Unessa.

«Les premières crèches ont déjà dû fermer leurs portes, faute de personnel ou pour cause de contamination Covid. Dans certaines équipes, on frôle les 30% d’absentéisme du personnel! Et pas de solution à l’horizon», déplore l’Unessa.

La fédération affirme ne jamais avoir de retour de ses demandes auprès du cabinet Linard. Le secteur souffre pourtant d’une pénurie importante de main-d’œuvre et a besoin de «directives claires» pour affronter la nouvelle période de crise, indique la fédération, qui déplore également les nouvelles dispositions en matière de testing.

«Le principe de la quarantaine préventive pour les personnes asymptomatiques va sans doute aggraver le manque de personnel dans les crèches», relève-t-elle, puisque désormais seules les personnes malades peuvent se faire tester, les personnes ayant eu un contact à risque devant s’isoler d’elles-même pendant 10 jours. «A l’instar des hôpitaux, les crèches ont poursuivi leurs activités depuis le début de la crise. A l’instar des hôpitaux, le personnel y est au bout du rouleau. La moindre des choses serait de lui témoigner un minimum de considération et de l’informer utilement», fulmine Christophe Happe, le directeur général d’Unessa.

En outre, le problème est également financier car les membres du personnel ne sont pas les seuls à être temporairement écartés: il en va de même pour les enfants. Lors de la première vague, un régime de compensations limitées avait été mis en place pour suppléer le manque à gagner des lieux d’accueil. Il a pris fin au 31 août. «Comme précédemment, les absences d’enfants se multiplient et rien ne vient compenser la participation financière de leurs parents. Dans son ensemble, cette participation représente environ 30% du budget d’une crèche», détaille l’Unessa.

«Ici aussi, les fermetures guettent, mais pour cause financière et pourraient être définitives cette fois… La ministre Linard est-elle prête à en endosser la responsabilité?», s’interroge M. Happe, rappelant que la fédération se tient prête à discuter avec le cabinet des meilleures solutions envisageables.