SANTÉ

VIDÉO | Une Toussaint cruciale pour contrer le coronavirus: «N’essayez pas de chipoter avec les règles»

Pour sa première conférence de presse de la semaine, l’Institut de santé publique souhaite sensibiliser les Belges à l’importance de vivre des vacances de la Toussaint… à domicile et en petit comité.

À situation exceptionnelle, conférence de presse exceptionnelle! Contrairement à son habitude, Sciensano a débuté sa traditionnelle tribune du lundi par un message à destination des Belges: les deux prochaines semaines – qui coïncident avec les vacances de Toussaint – seront cruciales.

«Durant cette période, profitez de la nature, allez faire quelques courses – les magasins sont sûrs, seuls ou à deux – lancez-vous dans des petits travaux à domicile, profitez de la musique que vous aimez écouter, redécouvrez des bouquins ou une série bien ficelée, mais surtout, limitez vos contacts! N’essayez pas de chipoter avec les règles, comme on a l’habitude de le faire en Belgique: ce n’est pas le moment!»

 

Ce que nous allons faire pendant ces 15 jours sera décisif pour l’évolution de la situation.

 

À l’instar d’Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral, l’Institut de santé publique estime qu’il est temps pour les Belges de prendre conscience de la dure (et triste) réalité qui frappe le pays. Charge aux Wallons, aux Bruxellois et aux Flamands de respecter les nouvelles mesures, plus strictes, actuellement en vigueur.

«Il ne faut pas vivre comme des moines, ce n’est pas nécessaire. Mais il faut assumer nos responsabilités», résume ainsi le centre de crise tout en rappelant qu’il ne faut pas se couper du reste du monde pour autant et qu’il est encore possible de nouer des contacts sociaux hors du foyer.

Estimant que les vacances de Toussaint seront peut-être «le moment ou jamais de découvrir le bouton pause de notre tableau de bord personnel», Yves Van Laethem prévient: «Ce que nous allons faire pendant ces 15 jours sera décisif pour l’évolution de la situation.»

 

2.000 patients en soins intensifs d’ici 15 jours?

Face à des indicateurs qui ne cessent d’augmenter, comme le nombre de décès quotidiens, Sciensano ne se montre logiquement pas enthousiaste. Principale inquiétude: la hausse continue des hospitalisations.

«Il n’y a pas de ralentissement des hospitalisations pour le moment, déplore Yves Van Laethem. «À 40 admissions près, nous sommes au niveau du pic de la première vague!»

Sur les 4.827 patients «Covid» qui sont actuellement hospitalisés en Belgique, 757 se trouvent actuellement aux soins intensifs. «Et nous devrions franchir le cap des 1.000 en soins intensifs d’ici 4 jours, à la fin du mois d’octobre, prévient le porte-parole interfédéral. Si nous ne modifions pas cette courbe par nos comportements, on devrait atteindre d’ici 15 jours les 2.000 patients en soins intensifs, soit notre capacité maximale.»

Une situation d’autant plus inquiétante que les bras viennent à manquer dans les hôpitaux. Et pour cause, les hôpitaux de Belgique accusent de 10 à 30% d’absentéisme parmi le personnel médical, lié à la contraction d’une maladie, au confinement ou à une mise en quarantaine, a précisé Yves Van Laethem.

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Et bien que Sciensano ait toutefois noté «une certaine diminution» dans la croissance des tests positifs – en raison du fait que les asymptomatiques ne sont plus testés – les raisons d’espérer une éclaircie prochaine sont faibles.

Entre les taux de positivité (20%) qui ne diminuent plus et des seniors de plus en plus touchés par le coronavirus, ce sont désormais toutes les provinces qui sont profondément atteintes par la pandémie. Seul le timing diffère, comme l’assure Yves Van Laethem: «La Flandre a 10 jours de retard sur l’évolution que nous connaissons en Wallonie.»

Bref, rien de rassurant. Pour personne.