WALLONIE PICARDE

VIDÉO | Coronavirus: la galère des salons de coiffure

Le confinement avait déjà fait très mal aux salons de coiffure mais voilà que s’ajoute la perspective d’une fin d’année sans fêtes…

Sandrine Wibaut et Christine Trannoy sont sorties en même temps de l’école de coiffure il y a une trentaine d’années. Après avoir travaillé l’une et l’autre pour un patron ou une patronne, elles ont ouvert chacune leur salon de coiffure en tant qu’indépendante. La première à Gaurain (Coiffure Sandrine) depuis 25 ans et la seconde, à Molenbaix, ensuite à Mourcourt (L’épi-tête), depuis 7 ans.

Deux salons qui accueillent une clientèle fidèle. Enfin, on devrait écrire «accueillait» car, comme l’explique Sandrine: «Juste après le confinement, dès le 18 mai, les clients(e)s sont revenu(e)s assez massivement, parce qu’ils (ou elles) se sentaient libérés tout d’un coup. Et puis, il y a eu un tassement et, aujourd’hui, on sent que certain(e)s hésitent à revenir.

Et ce n’est pas nécessairement toujours par peur d’attraper la maladie. Pendant le confinement, certain(e)s client(e)s ont pris d’autres habitudes, quelques-un(e)s ont acheté une tondeuse ou se faisaient couper les cheveux par une autre personne NDLR: leur conjoint(e), par exemple. Si bien qu’une partie de la clientèle a pris de nouvelles habitudes et il est difficile d’en changer…»

«Pourtant, les clients(e)s ne doivent pas avoir peur d’entrer dans un salon de coiffure, renchérit Christine. Nous n’avons pas attendu le coronavirus pour respecter les règles d’hygiène. À l’école de coiffure, on nous apprenait comment désinfecter notre matériel et c’est une habitude chez nous. On nous dira que nous ne savons pas respecter la distanciation en coiffant, mais le port du masque est obligatoire tant pour nous que pour le client… Il n’y a pas de raison d’avoir peur.»

Plus de fêtes, plus de coiffures…

Ce qui inquiète aujourd’hui nos interlocutrices, c’est la perspective d’une fin d’année sans fête. «Les mariages et autres cérémonies se font en comité restreint, et nous le ressentons sur le taux de fréquentation du salon. Si les gens passent les fêtes à la maison, ils n’auront pas envie de se faire coiffer comme ils le font lorsqu’ils sortent…», nous disent de concert les deux consœurs.

VIDÉO | Coronavirus: la galère des salons de coiffure
Les coiffeurs et coiffeuses n’ont pas attendu le corona pour appliquer les règles d’hygiène dans leur salon… ÉdA

Au bas mot, elles estiment la perte de leur chiffre d’affaires à environ 40%. Et ce n’est pas le droit passerelle de relance – 1 600€ avec un enfant à charge et 1 200€ sans enfant – qui leur permettra de combler les trous. Pourtant, Sandrine et Christine gardent le moral. Soulignant même qu’elles ne sont pas les plus à plaindre parce qu’elles travaillent seules au sein d’un salon qui leur appartient, ce qui permet de réduire les charges. Mais elles pensent aux autres, à ceux qui emploient du personnel, et, de manière plus générale, aux petits indépendants qui sont en train de sombrer. Avec d’autant plus d’attention de la part de Sandrine qu’elle est administratrice au sein de l’ASBL Tournai centre-ville. Les deux coiffeuses sont conscientes qu’il faut se battre pour vaincre ce foutu virus. C’est pour cela qu’elles font tout pour que celui-ci déserte leur salon, au profit d’un retour de la clientèle…