À L’HEURE LOCALE

Protégeons notre savoir-faire

Protégeons notre savoir-faire

«Les pieds dans le passé, la tête dans le futur », Madeleine produit du Herve avec la passion de la tradition, dans une démarche plus actuelle que jamais. Charlotte Van Breusegem

AOP, IGP, STG, les labels ne manquent pas pour certifier la qualité de nos produits. Autant d’appellations à ne pas louper pour mieux choisir ce que l’on consomme.

En partenariat avec l’Apaq-W

Une histoire de propriété intellectuelle

Protégeons notre savoir-faire
La propriété intellectuelle peut coûter cher pour le producteur qui perpétue des traditions uniques. Apaq-W
Notre région regorge de producteurs locaux passionnés. Fromage de Herve, Jambon d’Ardenne ou encore Pâté Gaumais, ces produits – parmi tant d’autres – issus du terroir wallon, uniques et qualitatifs, méritent d’être identifiés comme tels. Depuis la fin des années 90, des labels européens, puis régionaux le permettent. Au-delà de l’étiquette, ces labels ont leur importance et peuvent réellement faire la différence.

Les sigles AOP (Appellation d’Origine Protégée), IGP (Indication Géographique Protégée), STG (Spécialité traditionnelle garantie) ou encore Qualité Différenciée suivent des cahiers des charges très stricts. Ils permettent de certifier la qualité d’un produit selon de nombreux critères, dont son ancrage local, son lieu de production ou encore sa méthode de fabrication.

La démarche prend parfois du temps, mais elle est nécessaire selon Bérénice Fassotte, qui accompagne les producteurs wallons dans leur démarche de reconnaissance avec Agrilabel. « Faire certifier la qualité d’un produit, c’est s’assurer d’être protégé contre l’usurpation.» La propriété intellectuelle peut coûter cher pour le producteur qui perpétue des traditions uniques ou qui développe des produits qualitatifs avec des coûts de fabrication plus élevés.

«Du vrai circuit court»

Protégeons notre savoir-faire
Ce gage de qualité passe aussi par le rapport à cette terre qui a vu naître Madeleine. Charlotte Van Breusegem
Madeleine Hanssen l’affirme: ces labels, c’est le respect du travail et de la qualité. Sur les emballages de ses fromages de Herve au lait cru, les sigles ont leur importance. L’appellation d’origine protégée certifie depuis maintenant plus de 20 ans un produit issu du Pays de Herve, fabriqué à base de lait produit dans la région et avec un savoir-faire reconnu et constaté.

«Les pieds dans le passé, la tête dans le futur », Madeleine produit du Herve avec la passion de la tradition, dans une démarche écologique et sociale plus actuelle que jamais. La réflexion s’opère dans toutes les étapes de fabrication, de l’achat des matières premières à la vente du fromage, en passant par la distribution et le recyclage des sous-produits.

Ce gage de qualité passe aussi par le rapport à cette terre qui a vu naître Madeleine. Le vrai circuit court, c’est celui qu’elle pratique, en valorisant «le lait du voisin, produit par les vaches nourries à l’herbe du pays de Herve ». Un rapport au sol local hyper puissant, fait de souvenirs et du respect de ce que la nature et les anciennes générations faisaient de plus beau.

Au-delà du produit même, ce sont ces histoires fortes portées par une poignée de passionnés qui méritent d’être reconnues et identifiées aux yeux de tous.

Une coopérative pour survivre

Protégeons notre savoir-faire
En tant qu’éleveur, Jordan considère que ces labels sont indispensables. Porc Qualité Ardenne
Jordan Godfriaux, président de la coopérative Porc Qualité Ardenne et éleveur depuis 2006 l’affirme, sans label il ne serait plus éleveur aujourd’hui. La coopérative qu’il préside existe depuis 1989 et permet à plus de 150 éleveurs de certifier la provenance et la qualité des bêtes concernées.

De l’élevage à la vente, c’est toute la chaîne de production qui est protégée par un outil qui met en valeur trois labels, chacun à une échelle différente. Au niveau européen: le porc bio, au niveau belge: le porc plein air et au niveau régional: le porc fermier de Wallonie. Ces trois labels sont reconnus comme des gages de qualité différenciée dont les critères sont contrôlés par des organismes certificateurs indépendants.

Parmi ces critères, une alimentation 100% végétale et garantie sans OGM, plus d’espace pour chaque animal, une luminosité naturelle, un accès à l’extérieur… Autant de conditions qui concernent la qualité de la viande, et par extension le bien-être animal.

En tant qu’éleveur, Jordan considère que ces labels sont indispensables. «C’est une fierté de faire reconnaître la qualité de notre travail» mais aussi une nécessité pour les quelque 150 familles de la coopérative qui vivent de leur activité précaire et pourtant essentielle.

 

 

 

Tout le monde y gagne

Depuis 2011, Agrilabel soutient les producteurs lors de la création de cahiers des charges visant à obtenir des reconnaissances AOP, IGP ou STG.

Ces démarches, souvent effectuées par les producteurs après leurs journées de travail, peuvent mettre du temps à aboutir. Mais quand un label officiel de qualité est décerné, producteurs et consommateurs y gagnent.

Pour le producteur, c’est la garantie d’un savoir-faire reconnu, authentifié et protégé, mais aussi l’assurance d’une rémunération plus équitable. Du côté du consommateur, c’est un rapport de confiance qui s’installe.

Si le consommateur est concerné par les questions de consommation locale et par les nouveaux enjeux sociaux et écologiques, il devrait naturellement pouvoir se tourner vers des produits qui collent avec ses valeurs.

Plus de vingt dossiers en cours

Actuellement, plus d’une vingtaine de produits sont candidats pour obtenir l’un de ces sigles. Parmi eux le Saucisson d’Ardenne, l’Escavèche de Chimay ou encore les fromages de type «Boulette».

Selon le sigle en question, le cahier des charges varie, comme les conditions de vente ou de fabrication. L’objectif est lui toujours le même: assurer la qualité d’un produit lié au sol, authentique et unique!