SANTÉ

VIDÉO | La fin des tests «Covid» sur les asymptomatiques: «Pas idéal mais transitoire»

Depuis ce mercredi, les asymptomatiques ne seront plus testés dans le cadre de la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus. «Pas idéal», reconnaît Sciensano qui explique tout de même les raisons de ce revirement de situation.

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«Les chiffres continuent d’augmenter. C’était inévitable!» Bien que certaines tendances soient un peu plus encourageantes – la moyenne des infections double tous les 9 jours alors que cette moyenne doublait tous les 7 jours il y a encore quelques jours – l’Institut de santé publique a une fois de plus lancé sa conférence de presse organisée ce mercredi matin par une mise en garde: «Il ne faut pas penser que la courbe va se casser. Nous avons déjà été leurrés à plusieurs reprises […] Nous devons inverser la tendance.»

Invitant continuellement les Belges à respecter les gestes barrières et les nouvelles mesures sanitaires imposées par les autorités, Sciensano a aussi profité de la tribune de ce mercredi pour apporter quelques explications et précisions sur la nouvelle procédure de testing.

Comme décidés par les ministres de la Santé et le commissaire coronavirus Pedro Facon, les personnes asymptomatiques ne seront plus testées à partir de ce mercredi. Objectif? Désengorger les centres de dépistage et les laboratoires, surchargés de travail.

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«Il y avait des embouteillages à différents endroits de la chaîne. Ce qui aboutissait à des délais d’attente de plusieurs jours», confirme Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral.

Jusqu’au 15 novembre, seules les personnes présentant des symptômes compatibles avec le coronavirus pourront être testées. Toutes les asymptomatiques et les cas contacts devront respecter, pour leur part, une quarantaine de 10 jours. Seule exception: le personnel soignant pourra encore être testé au 5e jour de sa quarantaine et en sortir au 7e jour si ce dernier test est négatif.

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«Idéalement, la quarantaine porte sur 14 jours pour exclure de potentielles infections qui pourraient se réveiller», explique Yves Van Laethem. Mais 14 jours, «c’est long», reconnaît l’Institut de santé publique. «Il a donc été choisi de faire un compromis avec une quarantaine de 10 jours.»

«Ce que l’on sait par rapport aux 10 jours de quarantaine, c’est que moins de 10% des personnes (infectées, NDLR) développent la pathologie dans les quatre jours qui suivent», assure Sciensano. Il existe donc toujours un risque, mais «il est limité». Conseil: respecter la quarantaine de 10 jours et des mesures supplémentaires (ne pas inviter des gens chez soi, ne pas côtoyer des personnes à risque,…) pendant les quatre jours suivants.

Actuellement, un quart des tests effectués sur des personnes présentant les symptômes du Covid-19 sont positifs au nouveau coronavirus. «Si on teste les contacts à haut risque, 15% des tests sont positifs», souligne l’Institut de santé publique.

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«Si on suit la quarantaine de 10 jours et les quatre jours de précaution, nous ne courons pas de risque par rapport à l’ancien système», estime même Yves Van Laethem. Et le porte-parole interfédéral d’ajouter, en référence aux nombreux changements de politiques et mesures sanitaires, que «ce n’est pas la décision qui est importante, mais son application.»

Conscient que cette nouvelle stratégie de dépistage va (encore) modifier la perception que l’on aura de la perception du virus en Belgique – «On aura probablement une diminution du nombre de nouveaux cas […] Et comme on va tester plus de gens malades, on aura donc une augmentation du pourcentage de tests positifs.» -, l’Institut de santé publique rassure: «On en tiendra compte dans nos commentaires dans l’évolution des chiffres.»

Reste que, même si «elle est transitoire», la méthode de testing actuel «n’est pas idéale», conclut Yves Van Laethem.

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