TRAIL

La Belgique est championne du monde

La Belgique est championne du monde

Karel Sabbe s’est offert le sacre mondial individuel. Deux Namurois partagent avec lui et le team belge le titre par équipe. EdA - Amandine Gilson

Après 3 jours de course, 15 Belges sont devenus champions du monde par équipe d’ultra-trail d’endurance. Parmi eux, deux Namurois.

Les trailers belges l’ont fait! La Belgique est championne du monde d’ultra-trail d’endurance. Samedi à 14h, les 15 représentants de chaque pays engagé sur la Big Dog’s Backyard (c’est le nom de l’épreuve qui fait office de championnats du monde) se sont élancés sur une boucle de 6,7km. Un tracé différent de pays en pays puisqu’il était impossible en ces temps de crise sanitaire de réunir tout le monde en un même endroit. Chaque nation participait donc depuis son territoire. Côté belge, c’est à Kasterlee, dans la province d’Anvers, que tournaient nos 15 porte-drapeaux.

Le principe de l’épreuve pour décrocher le titre de champion du monde: cumuler, à quinze, le plus grand nombre de boucles de 6,7km. Avec comme condition pour en entamer une nouvelle d’avoir terminé la précédente en moins d’une heure. Autre consigne pour valider sa performance: maintenir au minimum deux trailers en course.

À ce petit jeu, la Belgique a été la meilleure, et sans doute aussi l’équipe la plus homogène, ce qui lui a permis de prendre une avance considérable dès les premières 30 heures de course.

L’union fait la force

Dans cette formation noire-jaune-rouge, certaines individualités sont sorties du lot, à l’image de Karel Sabbe et Merijn Geerts qui, à eux deux, ont réalisé pas moins de 149 boucles sur les 574 réussies par l’équipe belge. Mais on retrouvait aussi deux Namurois au sein du team national. Benoît Badot a bouclé 34 tours et Frédérick Hardenne en a terminé 36. Quant à Jérémy Munaut, un Durbuysien membre du Running Club Namur, il a accompli 49 tours.

C’est Tim Devriendt, l’organisateur des courses du label Legends Trail qui a composé cette équipe belge. Connaissant très bien les ultra-trailers du monde entier, Tim savait que la Belgique avait ses chances. Sur le papier, certaines nations étaient peut-être plus fortes individuellement mais, en termes de collectif, tous les espoirs étaient permis pour les Belges, qui visaient clairement le top 5. États-Unis, France, Espagne, Canada… Au final, la Belgique a terrassé tous ses adversaires et explosé le compteur du nombre de tours. Comme le glissait Fred Hardenne, la devise belge «l’union fait la force» a encore pris tout son sens.

Une victoire écrasante

Après une trentaine d’heures, la Belgique s’est hissée sur le podium, derrière l’Espagne et le Canada. À ce moment, 10 trailers belges étaient encore occupés à courir, alors que beaucoup de pays avaient déjà jeté l’éponge. Dans le courant de la 2e nuit, de dimanche à lundi, le pays de la frite s’est retrouvé propulsé à la 1ère place. Une pole position que les Belges n’ont plus lâchée jusqu’à l’arrêt des autres concurrents.

C’est à 10h, mardi matin, soit après 68h (et donc 68 boucles individuelles) que la Belgique a été sacrée championne du monde, le duo de trailers américains – le dernier à tenir tête aux deux Belges encore en lice – ayant dû s’arrêter. Mais Karel et Merijn n’en sont pas restés là. La règle était simple: il ne fallait qu’un seul vainqueur individuel. Les deux hommes ont encore couru 6 boucles tous les deux mais, dans le 75e tour, seul Karel Sabbe est rentré dans les délais. Il décroche le titre individuel, en plus du record du monde de l’épreuve grâce aux quelque 502 kilomètres qu’il a parcourus. Impressionnant.