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Guerre 40-45: c’était quoi, la Résistance ?

Guerre 40-45: c’était quoi, la Résistance ?

Pour les enfants, les résistants ce sont des gens qui ont combattu et qui n’étaient pas d’accord avec ce qui se passait. Mais que se passait-il? Deux expositions sont à voir à Marcinelle, au Tir et au Bois du Cazier. -Jerusalem Pierard

À Marcinelle (Charleroi), des enfants découvrent comment, en pleine Seconde Guerre mondiale, des habitants du coin ont résisté à l’occupant allemand. Non loin de là, au Bois du Cazier, une exposition raconte une opération menée par des résistants pour voler des explosifs… au fond de la mine.

À Marcinelle, il y a un ancien stand de tir. L’endroit n’est plus utilisé aujourd’hui mais il a longtemps servi à l’armée pour ses entraînements.

En 1940, au moment de la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande l’a réquisitionné (s’en est emparée). Elle y a exécuté des résistants qui avaient été arrêtés et pris en otages. Actuellement, on peut y voir une exposition qui parle de la Résistance.

Mais qu’est-ce que c’est, être un résistant? La question est posée aux enfants de 5e et 6e années de l’école de Marcinelle centre par Valérie De Vos, l’animatrice de Hainaut Mémoire.

Pour les enfants, ce sont des gens qui ont combattu et qui n’étaient pas d’accord avec ce qui se passait. Mais que se passait-il?

Des actes de sabotage

Valérie leur rappelle qu’en 1932, les Allemands avaient voté pour Adolf Hitler et son parti, le Parti nazi. Les nazis disaient que les Allemands de «race aryenne» (peau claire, yeux bleus, cheveux blonds) étaient supérieurs aux autres. Selon les nazis, les Aryens devaient dominer le monde. En 1939, Hitler avait ordonné à son armée d’envahir la Pologne. En mai 1940, l’armée nazie était entrée aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg, puis en France. «Les nazis se sont installés en Belgique. Ici à Charleroi, ils ont occupé l’hôtel de ville. Tout le monde devait obéir à leurs lois.»

Dès 1941, dans la population, certains courageux ont décidé de résister à l’occupant allemand. Ils ont réalisé des actes de sabotage. À cette époque, Charleroi, Mons et leurs alentours étaient riches grâce aux charbonnages (mines de charbon) et à la sidérurgie (industries du métal). Les nazis se servaient notamment du chemin de fer pour envoyer ces richesses en Allemagne.

La Résistance voulait empêcher ce vol et faisait sauter les voies des trains ou les ponts. Elle cachait aussi les Juifs dont les Allemands voulaient se débarrasser. Les résistants qui étaient surpris en plein acte de sabotage, par exemple, étaient arrêtés. Au stand de tir, à Marcinelle, 50 d’entre eux ont été exécutés.

300 kg d’explosifs au fond de la mine

La Résistance avait besoin de dynamite pour réaliser ses opérations de sabotage. En 1942, les Partisans armés de Charleroi (des résistants) voyaient leurs réserves d’explosifs s’épuiser. Or, le charbonnage du Bois du Cazier venait de recevoir une quantité importante d’explosifs.

La nuit du 26 au 27 avril 1942, un groupe de 12 résistants s’introduit dans l’enceinte du charbonnage, prend en otage les quelques ouvriers présents avant de descendre à 170 mètres, là où étaient entreposés les explosifs.

Au Bois du Cazier, une exposition raconte cette opération. On y découvre notamment le récit de Raoul Baligand, un de ces jeunes ouvriers, qui dirigeait l’action aux côtés de Victor Thonet. Ce dernier sera arrêté quelques mois plus tard et fusillé par les nazis.

Cette action au Bois du Cazier a été une réussite totale sur le plan opérationnel et les explosifs serviront pour de nombreuses opérations de sabotage. Mais dès l’été 1942, la plupart de ces résistants seront arrêtés et fusillés, suite aux dénonciations de traîtres infiltrés dans leur rang.

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