FOOTBALL

Foot à l’arrêt: Dinet Bodson, Jean-Claude Michel, Jérôme Stark, François Ledoyen et Nicolas Wuidard sans langue de bois

Foot à l’arrêt: Dinet Bodson, Jean-Claude Michel, Jérôme Stark, François Ledoyen et Nicolas Wuidard sans langue de bois

Dinet Bodson, Jean-Claude Michel, Jérôme Stark, François Ledoyen et Nicolas Wuidard -Eda

Le foot amateur à l’arrêt, sauf chez les jeunes, qu’en pense-t-on dans les clubs? À Dison (D3 ACFF), le président Bodson n’est pas content. L’occasion, aussi, de donner la parole à des acteurs de P1, P2, P3 et P4.

Tombée mardi soir, la décision de l’ACFF de suspendre ses compétitions (de la D2 en P4) jusqu’au 1er novembre à cause de la crise sanitaire, ne fait pas que des heureux dans les clubs. «Pour moi, c’est vraiment la pire des décisions» nous répond le président du Stade Disonais, Jean-Claude Bodson quand nous lui demandons son opinion. Notamment par rapport au choix de maintenir les catégories jeunes des U6 jusqu’en U16. «Je ne vois pas quelle est la différence, par exemple, avec les U17. J’ai vraiment du mal à comprendre» enchaîne-t-il, avant de se demander comment, concrètement, cela va s’organiser pour les catégories autorisées à jouer. «Les jeunes ne pourront aller ni dans les vestiaires et encore moins dans les douches. Quand les terrains seront gras et boueux, comment vont-ils faire? C’est incompréhensible!»

Et d’un point de vue financier, c’est aussi la catastrophe qui s’annonce. «Puisque certaines catégories de jeunes peuvent jouer, cela signifie que nous aurons toutes les charges, mais sans rentrées puisque les buvettes sont fermées. Et quand bien même elles seraient ouvertes pendant quarante minutes après le match, j’imagine mal les gens rester avec leurs enfants qui n’auront même pas pu passer par les vestiaires» commente le président des Stadistes, qui aurait finalement préféré un arrêt complet, comme il y a quelques mois la saison dernière. «Pendant cette période, comme nous sommes locataires des lieux mais que nous n’utilisions rien, la commune (de Dison) s’est montrée très compréhensive et ne nous a rien demandé. Mais cette fois, j’imagine que ce sera différent puisque les lieux seront tout de même utilisés» explique-t-il.

Dimanche, pour la victoire de l’équipe première contre Habay-la-Neuve (4-1) en D3B ACFF, Jean-Claude Bodson avait déjà remarqué une nette baisse de fréquentation au Val Fassotte, «un quart de spectateurs en moins» précise-t-il, avec la buvette déjà fermée.

P1: «C’était la meilleure chose à faire»

De son côté, le président de Ster-Francorchamps (P1 et P4) Jean-Claude Michel se montre partagé.

«Cette pause, c’était la meilleure chose à faire au point de vue sanitaire. Dans la plupart des buvettes et des vestiaires, cela devenait difficile à gérer.Mais je ne pense pas que suspendre trois semaines va changer grand-chose. Il faudrait arrêter pendant une plus longue période pour pouvoir laisser cela derrière nous et retourner au foot avec plaisir.»

Le foot sans buvette comme le week-end dernier n’est pas viable aux yeux de celui qui a été touché par ce Covid-19. «J’ai eu l’équivalent d’une grippe. Désormais, je suis négatif. Le foot sans buvette comme le week-end dernier, c’est triste pour ceux qui comme moi ont été “vaccinés” avec une aiguille à ballon. D’ailleurs, le week-end dernier, les entrées ont servi à payer les arbitres, soit 150€.»

P2: «Pas s’améliorer en trois semaines»

En P2 et plus exactement à Recht, l’entraîneur Jérôme Stark n’est guère optimiste:

«“Je veux vivre”, tel était mon souhait au terme du derby contre Emmels voici quinze jours lorsque vous m’aviez interrogé. Je continue de penser la même chose. Si la solution est d’interrompre le championnat, je ne pense pas qu’en trois semaines la situation se sera améliorée. C’est à mes yeux beaucoup trop court. Sans jouer l’oiseau de mauvais augure, je n’ai pas l’impression qu’on jouera encore en 2020. J’entends que le championnat pourrait se jouer sur un seul tour, je ne suis pas fan. N’a-t-on pas été assez prudent? Il est un fait qu’après trois bières on ne réfléchit plus de la même manière au niveau des distanciations et du port du masque» commente-t-il.

P3: «Merci pour les gamins»

Le Cornésien François Ledoyen s’attendait à être privé de rencontres. «On le sentait venir à des kilomètres. Pour une fois, on peut dire que cette décision était logique et que laisser jouer les gamins était la meilleure chose à faire. De toute manière, sans les rentrées venues de la buvette, c’est très compliqué pour les clubs.»

Privés de la carotte que constitue le match du week-end, les joueurs vont néanmoins pouvoir s’entraîner. «Nous ferons sans doute trois séances par semaine. Il ne faudrait pas être complètement à la ramasse à la reprise. Je ne suis d’ailleurs pas certains que nous pourrons jouer dès début novembre, l’interruption pourrait se prolonger. Le spectre de la saison blanche trotte dans les têtes de tout le monde. Personne n’en veut mais tout le monde y pense.»

P4: «Pourquoi incriminer le foot»

En P4F, s’il y a bien un club qui a déjà été impacté par cette crise sanitaire, c’est Herve B. Ces deux dernières semaines, il a vu ses matches reportés.

«En soi, au niveau sanitaire, la décision qui vient d’être prise peut se comprendre», explique le T1 Nicolas Wuidard. «Par contre, on peut se demander pourquoi on incrimine le foot ou le sport en général. Je pense que c’était simplement la solution la plus facile à prendre. Mais avec les buvettes fermées, ça arrange certainement de nombreux responsables de clubs. Pour eux, ce sont des pertes financières énormes.» Le championnat mis entre parenthèses jusqu’au 1er novembre, voici les clubs obligés de gérer une trêve inattendue.

«L’entraînement de jeudi est annulé. Nous nous entraînerons ensuite une fois la semaine, mais sans pouvoir accéder aux vestiaires. Une chose est sûre, ces nombreux arrêts vont fausser la suite du championnat», conclut-il.