PROVINCIALES

Didier Petitjean: «Interrompre les championnats est la moins mauvaise des solutions»

Didier Petitjean: «Interrompre les championnats est la moins mauvaise des solutions»

Didier Petitjean reste optimiste. imagesports. be

Didier Petitjean, le Senior Manager de la province de Liège, fait le point alors que le foot provincial va être à l’arrêt 3 semaines.

Les dernières semaines ont été particulièrement agitées pour Didier Petitjean, le Senior Manager de la province de Liège. Entre les remises, les cas de Covid-19 qui se multiplent et le reste, le numéro 2 du CP liégeois n’a pas chômé. Il revient sur ces dernières semaines mais évoque aussi le présent et le futur du foot provinciale. Avec optimisme, malgré tout.

Didier Petitjean, interrompre le championnat, c’était bel et bien la meilleure décision à prendre?

Cette décision n’est pas dans mes prérogatives. Donc, je n’ai pas à la commenter. Elle a été prise par différents acteurs en concertation avec la Ministre. Mais je pense, et je me contenterais de ce commentaire-là, qu’elle l’était, oui, eu égard à la situation sanitaire qui concerne 175 équipes pour 875 rencontres par semaine.

Les cas se sont multipliés ces dernières semaines dans notre province. La situation devenait-elle à ce point injouable?

Sincèrement, non. Dans notre calendrier, on avait replacé nos matchs. Mais si on regarde les chiffres, oui, il fallait sans doute agir. Je suis un homme de terrain et je suis allé voir plusieurs matchs ces dernières semaines. Dont un en P3. J’ai été choqué par le comportement des joueurs alors qu’on était en septembre. Ils se passaient tous leur gourde. Je comprends qu’on accepte mal cette interruption mais c’est ce genre de comportement qu’on ne peut pas accepter si on ne veut pas faire face à des mesures plus drastiques encore. Et peut-être, d’ailleurs, que si on avait respecté les premières mesures en évitant tous ces selfies et autres danses dans les buvettes, nous n’en serions pas là… Je dis bien «peut-être…»

Depuis vendredi dernier, le gouverneur de la province de Liège a interdit l’ouverture des buvettes. Mardi, la Ministre des Sports a interdit l’accès aux vestiaires. Si l’un et l’autre avaient été autorisés, on aurait continué de jouer?

Je ne pense même pas, non. Avec le protocole de 7 jours qu’on avait mis en place avant l’interruption, et cette surcharge dans les endroits de dépistage, on allait avoir de plus en plus de matchs remis. Croyez-moi: interrompre la saison est la moins mauvaise des solutions.

Les entraînements vont, eux, continuer. Mais comment faire si on ne peut pas accéder aux vestiaires?

Il faudra juste s’organiser un peu plus et un peu mieux. Les joueurs peuvent, par exemple, se présenter en training et retourner en les remettant sans refroidir. Puis, on a de plus en plus de terrains synthétiques partout. Donc, il y a moins de boue. Et les buvettes seront fermées. Il y aura donc moins de raisons de s’attarder. De toute façon, en l’état actuel des choses, c’est ça ou rien.

Une partie des jeunes va continuer de jouer. Pourquoi cette décision en ce qui les concerne?

Encore une fois, je n’étais pas aux réunions où les décisions ont été prises. Mais d’après ce que j’ai entendu, la pratique d’un sport restait, aux yeux de tous, capitale. Puis, une chose me semble claire: le virus ne se propage pas sur les terrains, mais en dehors dans les buvettes ou les vestiaires. On a juste limité les catégories pour avoir le moins de mélanges et de risques.

Vous auriez aimé, vous aussi comme certains cadres de l’ACFF, qu’on joue les matchs remis pendant cette suspension, histoire que tout le monde reparte sur la même ligne quand on reprendra?

Pour moi, en tant que responsable du CP Liège, cela aurait été une bonne chose, oui. Mais la santé passe avant tout. On a déjà règlé le souci en reprogrammant les matchs de ce jeudi à des dates ultérieures, de toute façon.

S’arrêter trois semaines, pensez-vous que ce sera suffisant?

Si tout le monde respecte les consignes, oui. On peut l’espérer. Mais, vraiment, et j’insiste, il faut que tout le monde soit un peu sérieux.

Le spectre de la saison blanche gagne-t-il de plus en plus du terrain?

C’est totalement prématuré d’évoquer ça pour le moment. Et si on ne joue plus jusqu’en janvier? Alors, là, il sera temps d’en reparler même si la décision ne m’incombera pas.

Serait-ce une catastrophe?

Si j’en crois le retour déjà reçu de certains clubs, non même si d’autres veulent jouer. Le tout, c’est que cette nouvelle ne tombe pas trop tard, genre en avril. Dans ce cas, ce serait plus compliqué.

L’interruption des championnats va-t-elle rimer avec une suspension des factures pour les clubs?

C’est une bone question et je vous avoue qu’elle sera sur le bureau du CP Liège ce jeudi. Je rappelle déjà à tous que de ma propre initiative, vu la crise de la saison passée, je n’ai pas envoyé la facture habituelle de septembre aux clubs. Va-t-on la suspendre? On doit en parler, mais rien n’est encore fixé.

Et si on n’atteint pas les 50% de matchs, on fait quoi avec ceux joués: on annule tout, tout simplement?

Le protocole qui ficelle la chose n’est pas encore totalement fini. Mais on va le peaufiner car on doit y penser, malheureusement.

Que dire à un coach amateur qui ne comprend pas qu’on interrompe sa saison alors que ce week-end, un Standard-Bruges va être autorisé devant 8000 personnes?

Je comprends cette remarque. Mais je sors mon joker, là (rires). Je dirais simplement que s’agissant des joueurs, ce sont des professionnels et qu’eux, ils sont testés tout le temps, ce qui n’est pas possible avec les amateurs. Surtout avec cette explosion de tests qui mettent un temps bien plus long à revenir. Mais si on veut s’en sortir, tout le monde, oui, tout le monde doit faire un effort.