MOUSCRON

Emmanuel Mahieu a définitivement posé sa plume

L’écrivain, le poète, le professeur, le petit-fils d’Henri Duchâtel, l’homme au grand cœur s’en est allé pour son dernier voyage, vendredi soir.

Certaines personnes marquent par leur passage dans nos vies et, pour ceux qui ont eu la chance de les rencontrer lorsqu’ils disparaissent, c’est un grand vide qu’ils laissent autour d’eux.

Tel est le cas d’Emmanuel Mahieu, le plus connu des poètes et écrivains mouscronnois qui avait cessé son métier de professeur à l’Item (actuellement ARTEM), en juin 2002, pour se consacrer entièrement à l’écriture.

Emmanuel Mahieu a définitivement posé sa plume
Un livre a notamment été publié, compilant les poèmes de M. Mahieu en français et traduits en chinois. EdA
Nombreux sont les récits, poèmes et romans qu’il a écrits. Ses textes connaissaient un certain succès en Asie où ils furent traduits.

Il a reçu bien des prix comme nous l’écrivions déjà en 2008 en nos colonnes. On avait évoqué sa Palme du Centre d’Études et d’Échanges Internationaux ainsi que les médailles d’or et de vermeil de l’Académie internationale de Paris.

En 2004, il fut même désigné meilleur poète de l’année par le Centre international de Traduction et de Recherches poétiques. Un centre qui lui a d’ailleurs remis le titre de Docteur Honoris Causa en littérature pour l’ensemble de son œuvre.

Mais en dehors du fait que sa plume était reconnue, c’est surtout une belle personne qui s’est envolée vendredi soir à l’aube de ses 73 ans.

Un homme avenant, toujours souriant, bon vivant et éternellement là pour aider les uns et les autres.

Son dernier livre a été celui qu’il n’a pas pu écrire car la maladie l’avait entravé depuis quelques années.

Il était le petit-fils du député-sénateur Henri Duchâtel

Emmanuel Mahieu a définitivement posé sa plume
Le Clan, son clan. Où Manu parle en fin de recueil à ses descendants lorsque lui ne serait plus de ce monde. «Laisse-toi aller à feuilleter ce livre et dis-toi que j’essaie, par ces pages, d’entrer en contact avec toi, au-delà du temps et de l’espace.» EdA
Il nous aura offert de très beaux récits. On pense à «Le Clan» qu’il avait écrit sur sa famille, pour sa famille parmi laquelle on comptait un certain Henri Duchâtel, son grand-père maternel.

«Pourquoi encore écrire, à l’époque actuelle, alors que tant de gens parlent, enregistrent, photographient ou filment?

À chacun son moyen d’expression privilégié, me suis-je dit. Le mien, c’est l’écriture, qui permet de donner un support fixe à la pensée.

Et puis, quoi qu’on prétende, il y a encore beaucoup de gens qui lisent», écrivait-il.

Il a encore écrit «Les Mots de toujours» ou en accord avec son amour de la découverte du monde «Voyages». Sauf que, cette fois-ci, il est parti pour le plus grand et le plus long de ceux-ci en attendant de le retrouver «Quelque part , un jour» et même si c’est difficile pour ceux qui restent , Manu a enfin retiré ses chaînes pour quitter le corps qui l’emprisonnait depuis trop longtemps.

Il nous laisse ainsi qu’à Claudette son épouse, David son fils et sa petite fille Coralynne, des souvenirs joyeux, de la tendresse et des livres à lire et à relire afin de pérenniser sa mémoire.

Questions/réponses avec Emmanuel Mahieu en 2008

Depuis quand couchez-vous vos pensées sur papier?

Cela fait longtemps que j’écris. J’ai commencé à 15 ans. Mes parents pensaient que c’était un péché de jeunesse qui me passerait! C’est une passion comme une autre qui m’est finalement restée. J’ai ainsi rédigé de la poésie, des romans, des nouvelles.

Quel plaisir tirez-vous à produire de la poésie?

C’est mon meilleur moyen de communication. Comme je ne sais ni dessiner, ni peindre, ni jouer de la musique, le poème me permet de m’exprimer. J’essaie de communiquer de manière compréhensible et accessible, pour être le plus proche possible des gens.

Vous êtes impliqué au point de vous investir dans des associations tant en Belgique qu’en France...

C’est exact. On m’a notamment nommé vice-président de la société des poètes français basée à Paris. Nous avons une réunion par mois. Nous sommes des gens passionnés mais qui travaillons de manière simple, sans jouer les prétentieux. Notre but est juste de rendre l’écriture accessible à tous et de permettre aux gens de s’exprimer en leur donnant les clés.

Quels éléments mettent votre imaginaire en émoi pour écrire?

Le quotidien m’attire. La beauté de la nature également. L’amour sous toutes ses formes aussi. De même que la guerre, la misère. Plus largement, je cherche toujours à comprendre ce qui se passe autour de moi.

Vous avez pu forger votre imaginaire par votre côté bourlingueur également!

Effectivement, tout jeune, avant de devenir professeur, je suis parti vivre deux ans en Afrique. C’est là qu’est né mon goût pour les voyages. J’ai parcouru les cinq continents. Mais je n’y suis pas allé dans l’optique de prendre des vacances. Je refuse les circuits «gros budget». À mes yeux, voyager est surtout synonyme de découvertes. J’aime comprendre comment vivent les autres peuples.