TOURNAI

«Hier, Tournai a perdu sa dignité», estime le MOC de Wallonie picarde

«Hier, Tournai a perdu sa dignité», estime le MOC de Wallonie picarde

Le MOC du Hainaut occidental écrit que la Ville de Tournai a manqué d’humanité, jeudi, lors du démantèlement du camp de migrants le long de l’autoroute à Froyennes. ÉdA

Le MOC a écrit une lettre ouverte destinée aux élus communaux de la Ville de Tournai suite à l’opération de démantèlement du camp de migrants jeudi à Froyennes.

Au travers d’une lettre ouverte, le Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC) de Wallonie picarde a demandé aux élus locaux de prendre leurs responsabilités. De faire preuve de solidarité par des actes et non par des paroles.

Voici le texte fort rédigé par la structure:

«Hier a révélé le plus mauvais visage de notre Ville de Tournai.

Hier, la police fédérale est venue démanteler un camp abritant une quarantaine de jeunes filles et de jeunes hommes de 15 à 25 ans venus d’Éthiopie et d’Érythrée. Plus de tentes, plus de sacs de couchage, plus de bâches pour s’abriter un peu de la pluie, du vent et du froid. Ils ont été privés du peu qu’ils avaient pour survivre.

Hier, il est apparu que notre Ville de Tournai a perdu sa dignité. Hier, il est apparu que la Ville de Tournai avait renié sa parole. Alors qu’elle s’était engagée, il y a à peine quelques mois, à être une commune hospitalière.

Pour rappel, une commune hospitalière est une commune qui s’engage à améliorer l’accueil des personnes migrantes, quel que soit leur statut. Une commune hospitalière s’engage, à son échelle, pour une politique migratoire basée sur l’hospitalité, le respect des droits humains et les valeurs de solidarité.

Hier, il est apparu que notre Ville de Tournai se montre inhumaine.

Hier, il est apparu que notre Ville de Tournai a trompé et a renié ses associations et ses nombreux.ses bénévoles et militant.e.s qui depuis maintenant deux ans, sans beaucoup de moyens, font tout leur possible pour apporter un peu de soutien, de nourriture, de soins à ces jeunes femmes et ces jeunes hommes perdus au milieu de l’Europe. Hier, il est apparu que notre Ville de Tournai nourrit les peurs et les fantasmes qui conduisent à la xénophobie et à la division. Dommage.

En effet, depuis de nombreux mois, notre Ville de Tournai joue lamentablement la sourde oreille. Depuis de nombreux mois, la Plateforme pour l’Interculturalité demande un local pour un accueil de jour destiné aux personnes exilées qui transitent par notre territoire. Un lieu de répit!

Hier, il est apparu que notre Ville de Tournai ne respecte pas les textes internationaux.

Il y a quelques jours la Région wallonne a adressé une circulaire à l’attention des bourgmestres, collèges communaux et présidents de CPAS sur la situation des migrants en transit. Cette circulaire rappelait que “Les instruments des Nations unies, la convention européenne des droits de l’Homme et la Charte européenne des droits de l’Homme garantissent à chaque être humain, nonobstant son statut de séjour, le droit à être traité dignement…” et que “En 2017, le Comité européen des droits sociaux définit comme traitement digne, le droit d’accès pour tous à un abri, aux aliments de base et le droit d’accès aux services de santé et aux médicaments essentiels, indépendamment du statut de résidence”.

La circulaire de la Région Wallonne rappelait encore que: “La Convention d’Istanbul et celle relative aux droits de l’enfant renforcent les obligations, à charge des États partie, de protection envers les femmes et les enfants” et que : “La Belgique reprend ces droits fondamentaux dans l’article 23 de la Constitution belge et 422 bis du Code pénal. En étant un État fédéral, chaque niveau de pouvoir, à son niveau de compétence, répond à ces obligations de protection”.

Hier, ces événements ont suscité beaucoup d’incompréhension, de dégoût et de colère de la part de très nombreux.ses citoyen.ne.s.

Hier, notre Ville de Tournai a montré une bien triste image. Hier, notre Ville de Tournai a préféré laisser faire le rejet et la violence plutôt que l’ouverture et la solidarité.

Aujourd’hui, la Ville de Tournai, et vous les conseillères communales et les conseillers communaux qui êtes les dirigeants et responsables politiques de notre Ville durant cette législature, devez réagir.

Vous, les conseillères communales et les conseillers communaux de la majorité et de l’opposition, rendez-nous à nouveau fiers d’être des Tournaisiens et des Tournaisiennes.

Plus de parole, plus de communication (politique), plus de tweet, plus de message d’indignation sur Facebook. Nous voulons des actes de solidarités! Nous voulons un local pour un accueil de jour et un répit pour les personnes migrantes qui transitent par notre territoire, quel que soit leur statut.»


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