«Non» aux «nouvelles manigances»

Le Verviétois Jules Voisin, avocat et ancien bâtonnier, adresse une nouvelle lettre ouverte aux mandataires communaux.

Alors qu’il les avait alertés le 16 septembre sur le risque d’une sanction au Conseil d’État, Jules Voisin s’adresse à nouveau aux mandataires politiques verviétois, en appelant à résister aux pressions de nouvelles manigances.

Voici sa lettre:

«Par la lettre que j’avais adressée, le 16 septembre, aux 20 élus qui avaient signé la “motion de méfiance constructive collective et adoption d’un nouveau pacte de majorité” déposée le 7 juillet en mains de Madame la Directrice Générale, je dénonçais le fait que, sous la pression de la “tutelle” mise en place par un parti politique (tutelle qui était évidemment sans pouvoir aucun…), certains des signataires s’apprêtaient à renier leur parole et leur signature.

Je faisais appel à leurs sens de l’honneur en les invitant à agir pour assurer le respect des valeurs essentielles que sont la loyauté et le respect de la parole donnée et des engagements souscrits, tout en attirant leur attention sur le fait qu’ils prenaient le risque inconsidéré de voir le Conseil d’État sanctionner, en les déclarant nulles et de nul effet, les manœuvres qu’ils s’apprêtaient à déployer pour contourner le but poursuivi par le Code de la démocratie locale.

«Certains n’hésiteraient pas à tenter de mettre sur pied de nouvelles manigances»

Le Conseil d’État a aujourd’hui tranché et tous les verviétois – et vous-mêmes bien sûr – savent, à présent, que la voie qui a été suivie est contraire à la Loi et à la démocratie.

Avant de renier leur signature apposée sur la motion du 7 juillet, je suis persuadé que, par des arguments que l’on sait aujourd’hui être fallacieux, l’on avait tenté de vous persuader du bien-fondé de cet incroyable revirement d’attitude.

Je suis persuadé que la plupart de ceux qui ont agi de la sorte ont cru à la pertinence et à la légalité des arguments qui leur étaient présentés par ceux qui, en définitive, n’hésitant pas à bafouer la Loi et les valeurs éthiques, plaçaient leur propre intérêt partisan avant celui du respect de la démocratie.

Le bruit court déjà que certains n’hésiteraient pas à tenter de mettre sur pied de nouvelles manigance pour arriver à leurs fins.

D’autres, parmi vous, vont sans doute encore faire l’objet de pressions que j’estime parfaitement intolérables.

«Sans honte et sans rougir, au pied de la statue de Chapuis»

Je vous invite vraiment à ne pas vous engager dans cette voie et à résister aux pressions que l’on pourrait exercer sur vous et/ou sur vos proches.

Aucun de vos électeurs, aucun citoyen honnête ne songera jamais à vous reprocher d’agir dans le strict respect de la légalité et de la démocratie.

Avec le souci de promouvoir, en tout temps et en tout lieu, les valeurs éthiques, n’est-ce pas là une attitude qui vaut mieux que le respect aveugle de la “discipline de parti”, qu’un parti politique prétend imposer à ses membres tout en demandant aux membres des autres partis de “fermer les yeux” sur les dérives à visée communautariste qui sont les siennes?

En adoptant une telle attitude et en choisissant ainsi le respect des valeurs éthiques, de la légalité et de la démocratie, vous pourrez alors, in fine, vous rendre tous ensemble, sans honte et sans rougir, au pied de la statue de Grégoire-Joseph Chapuis pour y déposer une gerbe de fleurs en mémoire de celui qui, par fidélité à ses convictions, comme il est écrit sur le monument, est “mort pour l’indépendance du pouvoir civil”»

Jules VOISIN,

Avocat – ancien Bâtonnier et citoyen farouchement attaché à la démocratie et aux valeurs éthiques.