POLITIQUE

Accord de gouvernement Vivaldi: ce qu’en pensent FEB, UCM et syndicats

Accord de gouvernement Vivaldi: ce qu’en pensent FEB, UCM et syndicats

Alexander De Croo et son gouvernement prêteront serment ce jeudi. Photo News

Nombreuses sont les réactions suite à l’annonce d’un accord de gouvernement. Parmi celles-ci, les organisations représentant patrons, ouvriers et entreprises, chez qui les avis varient.

 

 

La FEB appelle à garantir la compétitivité des entreprises

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) épingle quelques points positifs dans l’accord de gouvernement, comme une réforme du marché de l’emploi. Mais elle attend avant tout de la nouvelle équipe en place qu’elle puisse garantir la compétitivité des entreprises. La confirmation de la sortie du nucléaire pourrait aller à l’encontre de cet objectif.

«Sur la base de ce que l’on sait déjà de l’accord gouvernemental, la FEB se félicite que le nouveau gouvernement entende miser pleinement sur le redressement économique durant les deux premières années. Comme autre élément positif, soulignons que la nouvelle équipe souhaite procéder à des réformes sur le marché du travail afin d’améliorer le taux d’emploi. La FEB se réjouit en outre qu’une attention toute particulière soit accordée au cadre budgétaire qui devra faire en sorte qu’à terme, la dette publique ne devienne pas insoutenable», écrit la FEB dans un communiqué.

L’organisation patronale regrette par ailleurs «que la norme salariale de 1996, qui assure la compétitivité de notre économie par rapport aux pays voisins, ne soit vidée de sa substance par des circulaires délibérées en Conseil des ministres».

Le débat sur la sortie du nucléaire inquiète aussi la Fédération patronale. Si cette sortie est confirmée pour 2025, la FEB craint des problèmes d’approvisionnement et une augmentation de la facture pour les entreprises, au détriment de leur compétitivité. «En outre, notre dépendance énergétique par rapport à des sources étrangères et/ou incertaines risque encore de s’amplifier.»

L’organisation met encore en garde le gouvernement sur le projet de grande réforme fiscale. «Si cette réforme consiste à imposer de nouvelles taxes aux entreprises, en particulier aux entreprises investissant actuellement le plus en R&D et ayant créé le plus d’emplois ces dernières années, il ne s’agit assurément pas de la bonne recette pour la relance.»

UCM: du soulagement et de la vigilance

L’organisation d’indépendants UCM a réagi avec «un vrai soulagement» à l’annonce d’un accord de gouvernement fédéral vu les défis qui attendent le pays. «Les crises sanitaire, économique, sociale et environnementale doivent être gérées. Le pays a besoin d’un plan de relance et de perspectives», souligne l’UCM mercredi.

L’organisation estime qu’elle devra rester vigilante pour les indépendants et les PME et que l’»accord n’est pas toujours clair et est même inquiétant sur certains points».

L’UCM se réjouit de l’accord sur les pensions pour les indépendants. «La décision est prise de supprimer le coefficient de réduction qui leur interdit, dans la plupart des cas, de toucher plus que le minimum des salariés. À plus court terme, l’augmentation de la pension minimale jusqu’à 1.500 euros par mois pour une carrière complète va leur profiter», dit l’UCM.

«Toutefois, il est question d’augmenter la solidarité entre indépendants, comprenez augmenter les cotisations pour les revenus supérieurs, alors même que la sécurité sociale des indépendants, avec ses forfaits et ses montants réduits, est déjà celle qui exige le plus de solidarité de ses contributeurs», tempère l’UCM.

L’organisation salue aussi les engagements en matière de simplification administrative.

L’UCM restera par contre attentive à la fiscalité et aux charges. «Les intentions du gouvernement sont floues sur ce point comme sur d’autres. Il n’y a pas de garantie que la pression budgétaire ou le nouveau tax-shift annoncé ne vont pas encore charger la barque des entrepreneurs», explique l’UCM.

Enfin, l’UCM salue aussi la volonté de travailler avec les Régions pour améliorer le taux d’emploi et coordonner les investissements en transition énergétique et numérique.

Pour l’Unizo, l’organisation d’indépendants flamands, l’accord de gouvernement fédéral répond aux trois plus grandes attentes de ses membres: pouvoir entreprendre durant la période de coronavirus, pas de charges fiscales supplémentaires, moins de paperasse et surtout une adaptation «historique» de la pension des indépendants.

Sur le plan budgétaire, l’accord de gouvernement sera un défi. «Qui paiera la note est moins clair».

L’Unizo constate dans l’accord de gouvernement «de nombreux éléments et mesures qui sont bons pour les entrepreneurs».

CGSLB: «Un accord de gouvernement avec à boire et à manger pour chacun»

Le syndicat libéral CGSLB s’est montré, mercredi, prudemment optimiste à l’annonce de la conclusion d’un accord de gouvernement. Le syndicat note que c’est un accord «avec à boire et à manger pour chacun».

«Comme tout accord de gouvernement, cet accord a été conclu sur la base de compromis entre les différentes parties. C’est toujours un jeu de concessions mutuelles», dit le syndicat. Le syndicat libéral est convaincu qu’«avec cet accord de coalition, de nombreuses opportunités peuvent être créées pour développer une politique constructive et inclusive dans les années à venir».

Le syndicat remarque par ailleurs que «le mot partenaires sociaux revient pas moins de 41 fois dans l’accord».

«Pour nous, cela souligne l’importance du dialogue social dans différents chapitres et représenterait également une rupture de style avec le gouvernement précédent, qui n’a pas suffisamment pris en compte le dialogue social. De plus, il est souligné que les discussions avec les partenaires sociaux doivent être menées dans un dialogue constructif et qu’il faut donner le temps nécessaire aux partenaires».

Le CGSLB émet des réserves sur la spécificité de certaines mesures gouvernementales. A cet égard, le syndicat libéral appelle les futurs partis gouvernementaux à poursuivre la politique gouvernementale la plus efficace possible et à réaliser les ambitions fixées.

Pour le SNI, «la partition de la Vivaldi comporte quelques fausses notes»

Le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) se montre mitigé par rapport à l’accord de gouvernement de la nouvelle majorité fédérale, estimant que «la partition de la Vivaldi comporte quelques fausses notes».

Parmi celles-ci, le SNI pointe les paiements électroniques, tout en se disant favorable à leur promotion mais contre leur obligation. Le Syndicat neutre pour indépendants regrette également l’extension à 20 jours du congé de paternité. «Ce n’est pas le bon moment pour introduire une telle mesure, alors que nous sommes toujours en pleine crise et que de nombreux entrepreneurs, ainsi que leur personnel, doivent toujours se battre pour y survivre financièrement et ne pas déposer le bilan».

De manière générale, le SNI se félicite tout de même de la formation d’un gouvernement fédéral, d’autant que l’accord de gouvernement est jugé «globalement assez positif pour les entrepreneurs».

Les éléments positifs, aux yeux du SNI, sont l’adaptation de la pension du travailleur indépendant et la prolongation de l’exonération de cotisations patronales pour le premier salarié, mais aussi la volonté d’augmenter le taux d’emploi, de réduire les délais de paiement et la volonté de réduire davantage les charges administratives.

 

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