SOCIÉTÉ

Les syndicats se mobilisent lundi pour réclamer une hausse des allocations, les réseaux STIB et TEC perturbés

Les syndicats se mobilisent lundi pour réclamer une hausse des allocations, les réseaux STIB et TEC perturbés

Mobilisation syndicale (illustration). Photo News

La FGTB, la CSC et la CGSLB organisent des rassemblements dans tout le pays ce lundi, «dans le strict respect des règles sanitaires en vigueur», afin de réclamer une négociation «sans chantage» sur les allocations sociales. Des actions sont notamment prévues à Tournai, Verviers, Arlon, Liège, Mons, Charleroi, La Louvière et à Bruxelles, où le réseau de la STIB sera perturbé. Des perturbations peuvent avoir lieu dans les transports en commun.

Les syndicats soulignent que la crise sanitaire a creusé les inégalités mais que les organisations patronales «n’ont toujours pas compris l’importance de la concertation sociale». D’après eux, le patronat refuse de remettre à temps un avis commun sur l’enveloppe bien-être, négociée tous les deux ans.

Cette enveloppe contient un budget fixe qui permet aux interlocuteurs sociaux, après validation par le gouvernement fédéral, d’augmenter certaines allocations au-delà de l’indexation normale (chômage, pensions, indemnités de maladie et d’invalidité, indemnités en cas d’accident du travail et de maladie professionnelle). «Les employeurs préfèrent une fois de plus lier ce débat aux négociations de l’accord interprofessionnel (AIP) 2021-2022, ce qui réduit fortement les chances d’aboutir à un vrai progrès social pour les travailleurs et travailleuses», déplore le front commun syndical. Les négociations sur l’AIP ne pourront débuter que début 2021.

Pension minimum de 1 500 euros

Les syndicats demandent donc au futur gouvernement une pension minimum légale à 1 500 euros net par mois, le maintien du gel de la dégressivité des allocations de chômage et d’insertion (y compris pour les artistes) ainsi qu’un refinancement de la sécurité sociale, des services publics et des soins de santé. Les allocations sociales ne peuvent par ailleurs pas se trouver sous le seuil de pauvreté, ajoutent-ils.

Les différents rassemblements de militants programmés le 28 septembre respecteront les règles de lutte contre le coronavirus, soulignent les syndicats. Ils prévoient des prises de parole, notamment à La Louvière où le président de la FGTB Thierry Bodson tiendra un discours.

Mobilisation dans la capitale

À Bruxelles, la FGTB, la CSC et la CGSLB se sont réunis lundi sur la place Victor Horta. Mêlant discours, chants, coups de sifflet et témoignages vidéos, les trois syndicats ont exigé que la lutte contre la pauvreté soit une «priorité absolue».

Le collectif citoyen du «Gang des Vieux en Colère» a ouvert le bal en réclamant des «soins de santé décents» et un «minimum universel de pension pour tous». «Soyons solidaires. Ceux qui luttent peuvent gagner, ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu», a-t-il martelé.

Les syndicats dénoncent le «chantage» des organisations patronales qui, selon eux, refusent de remettre à temps un avis commun sur l’enveloppe bien-être, négociée tous les deux ans. Cette enveloppe contient un budget fixe qui permet aux interlocuteurs sociaux, après validation par le gouvernement fédéral, d’augmenter certaines allocations au-delà de l’indexation normale (chômage, pensions, indemnités de maladie et d’invalidité, indemnités en cas d’accident du travail et de maladie professionnelle).

Un chantage illégal, malhonnête et inacceptable

«Ils ne respectent pas ce qui est pourtant écrit dans une loi et ils prennent en otage les plus fragiles pour faire pression sur les salaires», fustige Estelle Ceulemans, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles, qualifiant ce chantage d’ «illégal, malhonnête et inacceptable».

Ensemble, ils demandent au futur gouvernement une hausse des allocations sociales, une pension minimum légale à 1.500 euros net par mois, le maintien du gel de la dégressivité des allocations de chômage et d’insertion (y compris pour les artistes) ainsi qu’un refinancement de la sécurité sociale, des services publics et des soins de santé.

«Notre société belge, qui se targue d’être démocratique, doit pouvoir protéger les citoyens les plus précarisés», affirme Philippe Vansnick, de la CSC Bruxelles.

«Le virus qu’il faut combattre, c’est la pauvreté et notre remède, c’est la sécurité sociale», abonde Michael Dufrane, secrétaire général bruxellois de la CGSLB, plaidant pour que celle-ci soit «renforcée, refinancée et inclusive». «Nous avons besoin d’une sécurité sociale qui garantisse à chacun et chacune de vivre dignement. Nous avons patienté plus de 600 jours et maintenant, nous voulons des actes politiques forts et courageux», ajoute-t-il.

Le réseau de la STIB fortement perturbé

MISE À JOUR 11h15 | Les actions syndicales organisées ce lundi ont un impact important sur le réseau de la STIB. «Le métro est particulièrement touché», indique la société de transports en commun bruxelloise, qui invite ses voyageurs «à n’emprunter les transports publics que s’ils n’ont pas d’autres alternatives ou à décaler leurs horaires, afin d’éviter de surcharger les lignes qui circulent».

Le manque de conducteurs et de chauffeurs ne permet pas d’assurer toutes les lignes ni les fréquences habituellement offertes en semaine. «Des surcharges importantes ont été constatées dans le métro à l’heure de pointe matinale», précise la STIB.

Afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise lors des sorties d’école et des retours du travail et «pour ne pas devoir fermer le métro», l’entreprise demande instamment à ses voyageurs de ne prendre les transports publics que s’ils n’ont pas d’autres alternatives et de décaler, dans la mesure du possible, leurs horaires. Cela afin d’éviter de surcharger les lignes qui circulent et permettre à ceux qui en ont besoin de se déplacer en sécurité.

Il est conseillé aux navetteurs de consulter le site web de l’opérateur ou les réseaux sociaux pour se tenir informés des perturbations en temps réel.

Wallonie: les TEC aussi perturbés

En Wallonie, des perturbations sont également enregistrées sur le réseau du TEC. Dans les régions du Brabant Wallon et de Namur-Luxembourg, la majorité des lignes circule normalement, des perturbations un peu plus importantes ont par contre lieu dans la région de Liège-Verviers ainsi que dans les régions de Charleroi et du Hainaut.

Là encore, pour le détail des lignes impactées, les voyageurs sont invités à consulter le site web de l’opérateur ou les réseaux sociaux.

En Flandre, les transports publics du réseau De Lijn semblent circuler normalement.