Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge

Les déchets : nos ressources de demain

Les déchets : nos ressources de demain

Florine Wildschutz

Dans les années soixante, en plein boom économique des Trente Glorieuses, personne ou presque n’était attentif aux retombées de ce que l’on faisait, que ce soit pour la planète, pour notre avenir, pour les générations futures. On voulait consommer, il fallait donc produire ! Le monde occidental vivait d'ailleurs sans se soucier des ressources et sans réfléchir à la gestion de ce qui restait en fin de cycle. Et puis, la conscientisation a fait son chemin… et le législateur, non sans mal, a commencé à légiférer. Ce fut le début d’un processus qui, aujourd’hui, semble évident à chacun, alors que trente ans auront été nécessaires pour y voir en- fin vraiment clair.

La gestion des déchets en Wallonie, toute une histoire !

Il y a trois décennies, nous sommes alors dans le milieu des années ’80, un premier cadre juridique clair apparaît, il permet d’encadrer la gestion des déchets en Wallonie. À l’époque, on s’intéresse principalement aux décharges, sou- vent situées dans d’anciennes carrières. Viennent ensuite les années ’90, avec le lancement des collectes sélectives et le 1er Plan wallon de gestion des déchets. Tout un programme, quasi une révolution. Mais un vrai engagement aussi. Résultat, en 2002, la Belgique savoure ce qui résulte de ses efforts. Elle entre alors dans le top 10 des meilleurs élèves en matière de gestion des déchets. S’ensuivent de nombreuses actions de sensibilisation des citoyens et des entreprises…

Trier les déchets… et en produire moins

Les années passent, avec un objectif auquel on ne déroge plus. En 2007, nouvelle étape, un cadre fiscal neuf est mis en place pour inciter au tri et au recyclage, via la mise en place de diverses taxes (mise en CET, incinération, collecte des déchets). Et la dynamique ne fléchit pas. En 2015, c’est l’entrée progressive des obligations de tri de certaines fractions de déchets en entreprise (piles, huiles usagées, DEEE, papiers/cartons, PMC, verre…). L’année suivante, on franchit encore un pas supplémentaire en interdisant l’usage des sacs en plastiques à usage unique. Côté outils wallons, on crée à ce moment la cellule ‘Be Wapp’, structure née d’un partenariat public-privé dédiée à l’amélioration de la propreté publique.

Et si le déchet devenait ressource ?

En 2018, l’adoption du 3e Plan wallon des déchets ouvre une nouvelle vision dans l’approche ancestrale du déchet puisque tout est désormais pensé - et construit - autour de la notion de « Déchet-Ressources » et de l’échelle de Lansink. L’idée étant désormais non seulement de produire moins de déchets, mais surtout de recycler cette nouvelle ressource dans le cycle classique de production. En 2019, la Wallonie poursuit son engagement en prônant l’utilisation progressive du nouveau sac bleu P+MC (fraction de tri supplémentaire pour les plastiques), le focus étant maintenant dirigé vers 2025, avec l’idée de la séparation des déchets organiques des ordures ménagères brutes d’application partout en Wallonie.

Et si le déchet-ressource devenait stratégique ?

C’était déjà le cas hier, c’est encore plus le cas à l’heure où l’économie entière souffre des suites de la crise liée au coronavirus, l’économie circulaire pourrait fort bien s’imposer dans les années à venir comme un moyen intelligent d’appréhender une certaine relance économique. En tout cas, la Wallonie y croit ! En juillet dernier, le 16/07 (ndlr), le Gouvernement wallon a d’ailleurs adopté, en 1re lecture, un avant-projet de loi sur le sujet. Son nom : Circular Wallonia.  Concrètement, il s’agit d’une vraie stratégie de déploiement de l’économie circulaire. L’idée ? Réduire les déchets et les coûts qui y sont liés et créer de l’emploi et une activité innovante en Wallonie. Timing : lancement programmé avant fin 2020, rien que ça

Bientôt, un déchet n’en sera plus nécessairement un !

Comme vous le savez certainement, l’économie circulaire implique notamment de maintenir, aussi longtemps que possible, les matières physiques et leur valeur dans le cycle économique. D’où l’idée de considérer désormais les déchets comme de véritables ressources ! Mais comment faire pour favoriser les filières de recyclage ? C’est tout l’enjeu de la politique wallonne sur le sujet, une conscientisation nécessaire qui nous arrive.

Florine Wildschutz, responsable Service environnement de la Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge – Grand Rue, 1 à 6800 Libramont – Contact général 061 29 30 40 – www.ccilb.be

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