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53 millions d’aides de la Wallonie: symboliques ou salvatrices?

53 millions d’aides de la Wallonie: symboliques ou salvatrices?

Des secteurs sont toujours à l’arrêt. Les aides de la Région seront-elles suffisantes? pixel78.de - stock.adobe.com

La Wallonie débloque 53 millions d’euros pour les entreprises très touchées. Sera-ce suffisant? Pour l’UCM et le SNI, c’est non.

Depuis le début de la crise du coronavirus, leurs activités se résument à rien ou pas grand-chose. Attractions foraines, discothèques, agences de voyages, transporteurs de voyageurs, traiteurs, sociétés événementielles, activités artistiques, photographiques… sont dans une posture délicate.

Ils donnent de la voix de temps en temps mais le danger est de ne plus les entendre du tout. Hier, Le gouvernement wallon a décidé de leur octroyer un ballon d’oxygène en fonction du nombre de personnes employées.

Le ministre Willy Borsus évoque une indemnité de 15% du chiffre d’affaires du troisième trimestre 2019. «Parce que c’est lors de ce troisième trimestre que la plupart de ces sociétés connaissent un pic d’activité.» Mais cette indemnité est plafonnée à 3 000€ si l’entreprise n’a pas de salarié, 6 000€ pour celles qui occupent jusqu’à 9 équivalents temps plein, 12 000€ jusqu’à 50 ETP et enfin 24 000€ pour les sociétés qui emploient plus de 50 ETP.

Fixer des règles claires

Attention, ce n’est pas un chèque en blanc: pour obtenir cette indemnité, il faudra prouver que le chiffre d’affaires de ce fameux troisième trimestre 2020 a bien enregistré une perte d’au moins 60% par rapport à celui de 2019. Et pour ceux qui n’avaient pas encore d’activités à cette époque? «Pour les starters créés entre le 1er avril 2019 et les 12 mars 2020, ce sera un montant forfaitaire de 1500€.»

En tout, la Wallonie a prévu une enveloppe de 53 millions d’euros.

Cela va-t-il redonner de la voix à tous ces secteurs?

C’est la question à 53 millions: ces aides vont-elles sauver les secteurs ou relèvent-elles du symbole car prise «individuellement» et par mois, ça ne pèse pas très lourd.

Du côté de l’UCM (Union des classes moyennes) on se montre évidemment prudent. «Ça peut aider, bien entendu.» Mais de là à dire que cela va sauver… «Ce qui est important, c’est l’absolue nécessité de fixer des règles claires. Certaines viennent d’être prises pour les traiteurs, par exemple. Là, ça se clarifie. Par contre, pour la culture, l’événementiel, les voyagistes, on en est loin. Il ne faut pas que ces secteurs disparaissent. Parce que s’ils disparaissent, il faudra 10 ans pour les reconstruire.»

Un moratoire sur les faillites

C’est pour cela que l’UCM réclame à cor et à cri d’autres mesures comme permettre l’accès au report des paiements des cotisations ONSS qui vont devoir être payées d’ici la fin de l’année. Qu’il va falloir aussi penser à celles de 2021 où il risque d’y avoir des pénalités.

Pour l’UCM le gros de la crise arrive. «C’est pour cela qu’il faudrait un moratoire sur les faillites. Il faut que des mesures claires soient prises pour que les gens puissent faire des projections claires, faire leurs comptes sur une base solide. En fonction de cela savoir s’ils continuent ou non leur activité.»

Christine Mattheeuws, SNI (syndicat neutre pour indépendants) ne dit pas autre chose: «Est-ce beaucoup? Non. Ces indemnités peuvent aider mais elles ne sont pas suffisantes pour tenir le coup. Il faut des perspectives pour les entreprises pour qu’elles sachent à quoi s’attendre. On attendait ce fameux baromètre, il n’est pas encore là, on est déçu. Il faut agir vite, sinon, tout le monde va payer.» Mais ça, on vous dire que c’est du ressort du Fédéral.

Il existait déjà un simulateur qui vous permettait d’estimer le montant le plus juste de votre, futur, loyer en fonction de sa situation, de sa capacité… Avec 5 600 estimations mensuelles, depuis mars 2019, le site est un succès. Il va connaître un prolongement: l’estimation de la consommation énergétique du logement et du coût mensuel engendré. Cela s’appelle le loyer chaud.

www.loyerswallonie.be

Permis de conduire temporaire prolongé et renforts pour les aides à domicile

1. Chez soi Huit Wallons sur 10 souhaitent pouvoir rester chez eux en vieillissant. En 2020, 50 000 personnes bénéficiaient des services d’aides familiales, d’aides ménagères, de gardes malades.

La ministre Morreale et le gouvernement wallon débloquent un budget de 7 millions pour le renforcement de ces services, soit la création de 114 équivalents temps plein pour un meilleur encadrement des aides familiales mais pas pour le recrutement de nouvelles aides familiales.

2. Plus de coordination Toujours au niveau encadrement, la Wallonie renforce «le financement des médecins coordinateurs dans les institutions résidentielles pour les personnes adultes en situation de handicap. Pour augmenter la présence de ceux-ci dans les structures d’accueil puisqu’ils se sont révélés bien utiles pendant l’épidémie.»

3. Permis de conduire On prolonge. Les centres d’examen pour les permis de conduire sont embouteillés. Modalités sanitaires, retard accumulé pendant le confinement, les plannings des écoles de conduite et des centres d’examen sont complets jusqu’à la fin de l’année. La ministre Valérie De Bue a décidé de prolonger jusqu’au 31 mai 2021 la validité des épreuves au permis de conduire. Pas de panique donc pour les apprentis conducteurs, ils ont un rabiot pour peaufiner leurs réflexes.

4. Client protégé Ça, c’était dans la corbeille du ministre Philippe Henry: le client protégé. Cela vous donne droit à un an de tarif social en gaz et électricité. Soit une réduction d’un tiers de la facture. L’activation de ce statut sera possible jusqu’au 31 mars 2021. Mais attention tout le monde n’y aura pas droit: c’est pour les personnes au chômage temporaire pour force majeure, celles qui sont en chômage complet, qui bénéficie du droit passerelle… Pas loin de 40 000 ménages pourraient en bénéficier. Dont coût: 12 millions d’euros.