ROCOURT

Moins de militaires, plus de civils: la Défense reste à la tête de l’Arsenal

Moins de militaires, plus de civils: la Défense reste à la tête de l’Arsenal

Philippe Goffin en visite à l’Arsenal de Rocourt BELGA

Le ministre de la Défense, Philippe Goffin, a annoncé jeudi matin que «la volonté est de garder le niveau d’expertise de la Défense» lors d’une visite à l’Arsenal de Rocourt à Liège. Au total, ce sont 298 militaires et 117 civils qui y travaillent ensemble, au sein du Centre de Compétence Matériel Roulant et Armement (CC R & A).

«On a l’impression que l’arsenal de Rocourt a été petit à petit délaissé voire oublié. On constate que ce n’est pas du tout le cas. Quand je vois les bancs d’essais de tirs qui sont d’une haute qualité et reconnus par l’Otan, nous sommes dans des lieux de haute technologie et Rocourt possède des centres d’expertise très importants», a expliqué le ministre à l’agence Belga.

Le lieu se caractérise par la présence partagée entre civils et militaires. Le secteur privé s’est installé aux fils des années et de moins en moins de militaires sont désormais présents sur le site.

Selon M. Goffin (MR), la Défense s’intègre à la fois dans le tissu local et dans le tissu européen. «C’est vrai qu’il y a eu de l’outsourcing où l’on a confié au privé certaines tâches. Il y a des entreprises liégeoises qui travaillent ici et nous sommes intégrés dans le tissu local», a-t-il expliqué.

Parmi les entreprises privées, on retrouve les belges John Cockerill et Q-Team, l’allemande KMW et la suisse MOWAG.

Malgré cette présence, le ministre libéral estime qu’il est important de garder l’expertise et la connaissance à la Défense même si le civil semble essentiel. «Le fait de travailler avec le privé est parfois nécessaire parce que le niveau de technologie est tel que l’investissement n’est pas rentable. Selon moi, les expertises doivent rester à la Défense, quitte à ce qu’elles soient partagées avec le privé dans certains domaines précis».

Sur un peu plus de 20 ans, plus de 1.000 militaires ont quitté l’arsenal de Rocourt pour diverses raisons. «Il y a une volonté de repartir vers une dynamique positive, certaines personnes se sont retrouvées dans d’autres sociétés avec le niveau d’expertise qu’ils ont appris ici, d’autres sont partis à la retraite, mais le site garde un bel avenir», a souligné M. Goffin.

Parmi les outils présentés au ministre de la Défense sur le site de Rocourt, il y a notamment l’aléseuse-fraiseuse Pegard, utilisée depuis 1984 pour moderniser les chars Léopard. Aujourd’hui, elle sert toujours sur des obusiers et d’autres véhicules blindés. «Dès qu’il y a des pièces de grandes dimensions et qui sont assez lourdes, il n’y a que sur cette machine-là que cela peut se faire. Il s’agit d’une machine unique en Belgique de par sa grande dimension», raconte le chef du service fabrication au CC R & A, le commandant Thierry Ponsard.

A l’avenir, la Défense prévoit la démolition de plusieurs bâtiments qui consomment beaucoup d’énergie, mais aussi la centralisation de l’ensemble des activités dans un grand bâtiment, le BM 49, pour faciliter la communication entre les différents services.