LA BRUYÈRE

Meux: l’infirmier empoisonneur devra être interné

Meux: l’infirmier empoisonneur devra être interné

L’infirmier avait injecté une dose d’insuline au résident octogénaire. Une injection mortelle. ÉdA – Florent Marot

La chambre du conseil a prononcé une mesure d’internement pour l’infirmier fossois inculpé d’assassinat. Il était notamment poursuivi pour avoir mortellement empoisonné un résident de la maison de repos «La Méridienne» à Meux (La Bruyère).

L’affaire commence le 4 septembre 2017. Un résident de la maison de repos «La Méridienne», à Meux, décède à la clinique Saint-Luc. La famille de cet homme âgé de 87 ans est interloquée par la brutalité de son décès. Le parquet est alerté. Des analyses sont effectuées et elles révèlent chez le défunt un taux d’insuline anormalement élevé. Or, l’octogénaire n’était pas diabétique. L’hypothèse d’une injection, et donc d’un acte mal intentionné, se confirme. Au fil des devoirs d’enquête et des auditions, des suspicions de plus en plus fortes se portent sur Frédéric V., un infirmier âgé de 42ans au moment des faits. Il est entendu mais ses déclarations divergent dans un premier temps. Il sera cependant inculpé pour assassinat et placé sous mandat d’arrêt le 14 septembre 2017.

L’enquête se poursuit, longue, complexe et crispante. Le quadragénaire sera un temps suspecté d’une petite vingtaine d’autres actes d’empoisonnement, à la fois au sein de la résidence de La Bruyère, mais aussi au cours de tournées, aux domiciles des patients.

Des troubles mentaux au moment des faits

Au final, la Justice ne retiendra plus que quatre faits: l’assassinat de 2017, à La Méridienne, et trois tentatives d’assassinat sur des patients soignés à domicile.

Dans sa communication, en avril 2018, la parquet de Namur insistera sur le fait que ces faits «ne remettent pas en cause La Méridienne, résidence qui extrêmement bien tenue.» Il n’y a pas eu de défaut de vigilance dans le chef de ses responsables.

Assez rapidement, se posera aussi la question de l’équilibre mental de Frédéric V.

L’expertise psychiatrique, menée en cours de procédure, déterminera que l’infirmier fossois souffre de sérieux troubles mentaux. Et c’était déjà le cas au moment où il a posé les actes qui lui sont reproches, assure aussi le rapport.

Vers un établissement de défense sociale

Aujourd’hui, la chambre du conseil a eu à se prononcer sur ce délicat dossier. L’instance s’est basée sur l’expertise médicale et a estimé que, si Frédéric V. a bel et bien commis l’assassinat de l’octogénaire et les trois tentatives, il n’est pas responsable de ses actes.

La chambre du conseil a donc prononcé une mesure d’internement à l’encontre de l’infirmier.

La reconnaissance de Frédéric comme ayant commis les faits, conformément au réquisitoire du Parquet représenté par le substitut Charlotte Fosseur, s’avère d’importance. Car au-delà de sa dimension symbolique pour les familles des victimes, elle ouvre la porte à leur indemnisation au civil.

Frédéric, qui n’était pas présent au prononcé de ce jugement, restera dans un premier temps dans l’annexe psychiatrique de la prison où il est actuellement détenu. Avant d’être placé dans un établissement de défense sociale.