Fédérales: le roi refuse la démission des préformateurs

Egbert Lachaert (Open Vld) et Conner Rousseau (sp.a) avec le roi.Photo News

Coup de théâtre, les préformateurs ont remis leur démission au roi. Mais ce dernier a refusé. Un nouveau rapport est attendu pour le 23 septembre.

Le roi Philippe a refusé, lundi, la démission des préformateurs Egbert Lachaert et Conner Rousseau, a annoncé le Palais vers 18h00.

Environ une heure plus tôt, le duo était arrivé pour remettre au roi ce qui devait être le rapport final de leur mission. Ils ont proposé leur démission après une réunion de crise des sept partis d’une potentielle coalition Vivaldi.

«Le roi a refusé leur démission et leur a demandé de poursuivre leur tâche», communique le Palais.

Le duo est donc chargé de poursuivre son travail de préformation d’un futur nouveau gouvernement fédéral, appelé à remplacer l’exécutif minoritaire de Sophie Wilmès. Le souverain demande parallèlement «à tous les partis concernés de rétablir au plus vite la confiance».

48h de plus

Egbert Lachaert et Conner Rousseau sont attendus au palais pour un nouveau rapport «au plus tard le mercredi 23 septembre», soit ce mercredi. Ce qui laisse théoriquement le temps aux sept partis (PS, sp.a, MR, Open Vld, Ecolo, Groen et CD&V) d’accorder leurs violons, sachant qu’ils se sont engagés à inscrire une déclaration gouvernementale à l’ordre du jour du Parlement le 1er octobre.

Georges-Louis Bouchez dans la ligne de mire

Le palais évoque clairement la confiance entre les partenaires, qui s’est rompue ce week-end. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, est pointé du doigt de toutes parts ou presque. Son attitude a exaspéré les partis non libéraux de la coalition, et aurait même indisposé son homologue de l’Open Vld, Egbert Lachaert. Plusieurs sources l’accusent de s’opposer à tous les projets d’accord en matière budgétaire, sociale, fiscale ou institutionnelle alors que les techniciens de son parti ont donné leur feu vert dans les groupes de travail.

Les présidents des sept partis auxquels s’étaient joints la Première ministre, Sophie Wilmès (MR), et le vice-Premier ministre Open Vld, Alexander De Croo, ont rejoint le palais d’Egmont vers midi et se sont réunis durant quelques heures. Une réunion plénière a eu lieu durant une petite heure avant des entretiens bilatéraux.

Certains présidents attendaient des gages de la volonté du MR de faire aboutir les discussions pour former la Vivaldi mais ils semblent avoir été déçus, n’ayant obtenu que des paroles, a-t-on expliqué à bonne source. Ils soupçonnent les libéraux francophones de vouloir élargir le gouvernement Wilmès sur la base d’un programme de relance et non de mettre sur pied un réel nouveau gouvernement.

Bouchez, le bouc émissaire ?

Dans la matinée, le MR a réuni son bureau et les mandataires libéraux ont réaffirmé leur soutien à leur président ainsi qu’à la Première ministre. «Pour nous, il n’y a pas d’autre solution que la Vivaldi», a assuré le ministre wallon Jean-Luc Crucke.

En coulisses, les libéraux jugent que les attaques contre le comportement de M. Bouchez sont un «bon alibi». Les problèmes soulevés par leur président sont d’ordre budgétaire. «Il s’agit de problèmes de fond», assurait-on.

Le roi n’a pas mis fin à la mission des préformateurs. «Cela veut dire que c’est pas totalement mort», commentait un observateur en fin de journée.

Les présidents de parti n’ont pas fait de commentaire à leur sortie du palais d’Egmont. Dans la matinée, les écologistes ont appelé à reprendre au plus vite les négociations, estimant que le pays avait besoin d’un gouvernement rapidement.

Le PS a souligné qu’il restait «disponible et constructif», et pense qu’ «il est encore possible de trouver une solution pour le 1er octobre».

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