FRANCE

Au procès de l’Hyper Cacher, un tueur «totalement dénué d’empathie»

Au procès de l’Hyper Cacher, un tueur «totalement dénué d’empathie»

Archive AFP

Quatre victimes assassinées en un quart d’heure par un tueur «totalement dénué d’empathie»: au procès des attentats de janvier 2015, la cour d’assises spéciale de Paris s’est replongée lundi dans la prise d’otages à la supérette juive Hyper Cacher, marquée par la «cruauté» d’Amédy Coulibaly.

«Il était froid, déterminé». Sans «aucune empathie pour les victimes». Appelé à la barre pour décrire le déroulé de cette attaque, Christian Deau, ex-chef antiterroriste de la brigade criminelle de Paris, insiste sur la «violence» du djihadiste de 32 ans.

Il est 13h05 le vendredi 9 janvier 2015 quand Amédy Coulibaly fait irruption dans la supérette Hyper Cacher à Paris, armé d’un fusil d’assaut, de pistolets et de bâtons d’explosifs, et tire sur un employé.

A l’intérieur du magasin, c’est «la panique». Certains clients et employés parviennent à s’enfuir en essuyant des coups de feu. D’autres se ruent vers le sous-sol. Coulibaly, d’un geste «calme», réarme son fusil et tue à bout portant un premier client, après lui avoir demandé son identité. Puis un deuxième, qui venait d’entrer dans le magasin.

Une caissière, sous sa menace, ferme le rideau métallique de l’épicerie puis descend chercher les clients réfugiés au sous-sol. Une partie d’entre eux, dont un bébé de 11 mois, a réussi à se dissimuler dans une chambre froide.

A l’intérieur de l’épicerie, Coulibaly essaye de «maîtriser la communication», souligne M. Deau. Il regarde sur son ordinateur les chaînes d’information en continu et n’hésite pas en appeler une pour «corriger ce qui est dit».

Le djihadiste, qui a filmé son attaque avec une caméra GoPro fixée à son torse, dit vouloir «mourir en martyr» et agir «à la demande» de Daech (groupe État islamique).

Ces images ne seront pas diffusées à l’audience. Celles des 16 caméras de vidéosurveillance du magasin ainsi que les photos prises par les enquêteurs sont projetées, et témoignent de la violence de l’attaque. Sur ces clichés, les corps de certaines victimes sont visibles, étendus dans des allées.

Surarmé, Coulibaly avait aussi menacé à plusieurs reprises d’utiliser les «20 bâtons de dynamite» retrouvés sur les lieux, de quoi «entraîner un effondrement de l’immeuble», indique le commissaire.

Les choses se précipitent finalement vers 17h10, peu après la neutralisation des frères Kouachi, retranchés depuis le matin dans une imprimerie à Dammartin-en-Goële, en région parisienne, et tués à Dammartin-en-Goèle. Le «risque», c’était qu’Amédy Coulibaly «se venge» sur les otages, rappelle l’enquêteur.

Ordre est alors donné aux forces spéciales du RAID et de la BRI d’intervenir dans l’épicerie, par la porte avant et par la porte arrière. Pris entre deux feux, Amédy Coulibaly riposte, avant d’être abattu.