NAMUR

Incendie à l’Harscamp: des ombres suspectes

Incendie à l’Harscamp: des ombres suspectes

Les flammes ont ravagé trois cents chaises en plastique empilées dans ces racks. -

Dans la nuit de vendredi à samedi, un incendie s’est déclaré dans la cour intérieure de la maison de repos de l’Harscamp. Inquiétant.

Des flammes qui montent et viennent même lécher la corniche, des vitres qui éclatent, des fumées qui indisposent les résidents et qui forcent à des évacuations de chambres… Voilà la bien pénible épreuve vécue par quelques pensionnaires et membres du personnel de la maison de repos de l’Harscamp, à Namur.

L’alerte a été donnée peu après une heure du matin. Un témoin a ainsi appelé les services d’urgence, signalant au passage qu’il avait vu quatre ou cinq personnes sortir de la cour intérieure de la seigneurie du CPAS. À cette heure-là, ce mouvement n’a rien d’habituel.

Quand les pompiers de la zone NAGE ont débarqué, les flammes détruisaient environ trois cents chaises empilées le long d’une des façades. «Elles étaient rangées dans des racks et on devait venir les placer ce samedi matin, en préparation du spectacle de folklore organisé cette après-midi dans la cour», situe Patrick Dessambre, vice-président du comité central de Wallonie.

Une pensionnaire ne pouvait pas quitter son lit

La chaleur des flammes a fait éclater plusieurs vitres, au rez-de-chaussée et à l’étage. «Au rez, ce sont des locaux administratifs, mais à l’étage, ce sont les chambres de pensionnaires», souffle Philippe Noël. Le président du CPA S de Namur a été alerté en pleine nuit. «Une dame n’était pas en état de quitter son lit. Et les flammes sont montées incroyablement haut. Il y a eu les fumées également. Après avoir maîtrisé l’incendie, les pompiers ont aéré les lieux.» Philippe Noël est encore remué par les événements nocturnes. «Je ne comprends pas ce geste. C’est inqualifiable.» En droit pénal, mettre volontairement le feu à un immeuble en sachant que celui-ci est occupé peut vous amener devant la cour d’assises. «Ce fut également très traumatisant pour les deux membres du personnel qui étaient de service cette nuit.» Toute la communauté de la maison de repos de l’Harscamp a déjà été particulièrement secouée par de très nombreux décès de résidents emportés par le coronavirus.

Origine plus que suspecte

«Avec ce spectacle folklorique organisé cette après-midi dans la cour de la résidence, on veut aussi redonner un peu de moral aux pensionnaires», complète Philippe Noël. «C’est pourquoi on a décidé de ne pas l’annuler malgré l’incendie de cette nuit.»

Quant à l’origine de l’incendie, une enquête est en cours. Mais il serait étonnant que les chaises aient été prises subitement dans un étrange phénomène d’autocombustion.