JUDICIAIRE

Vasile Zaharia plaide l’acquittement pour meurtre et pour coups et blessures

Vasile Zaharia plaide l’acquittement pour meurtre et pour coups et blessures

Vasile Zahari BELGA

Me Caroline Dumoulin et Me Valérie-Anne Decerf ont plaidé l’acquittement de Vasile Zaharia sur toute la ligne, mercredi, devant la cour d’assises de Bruxelles. Les deux avocates ont soutenu que leur client n’avait donné aucun coup à la victime et qu’il ne pouvait donc être reconnu coupable de meurtre, pas même de coups et blessures. Nicolae Dragu et Vasile Zaharia sont accusés d’avoir tué Traian Zoltan, dans une cabane de fortune à Bruxelles, la nuit du 15 au 16 septembre 2018. Les trois hommes avaient consommé de l’alcool ensemble, puis une dispute avait éclaté au sujet d’argent volé.

«L’ambiance entre Vasile, Nicolae et Troian était bonne le soir du 15 septembre, dans la cabane. Vasile Zaharia s’est ensuite endormi et, au cours de la nuit, il a été réveillé par une altercation entre les deux autres», a exposé Me Lecerf. «Il a demandé à Nicolae d’arrêter de frapper Troian. Il n’a donc non seulement pas porté de coups mais il s’est aussi désolidarisé de l’action de Nicolae Dragu», a-t-elle insisté.

«A ce moment-là, Vasile est terrorisé par Nicolae qui, je le rappelle, a des antécédents judiciaires pour des faits de violence. Il n’a pas non plus de téléphone pour appeler les secours et il ne sait pas qui appeler», a plaidé l’avocate, raison pour laquelle, selon celle-ci, son client n’a averti les secours que vingt-quatre heures environ après les faits, via l’une de ses connaissances.

Me Caroline Dumoulin a ensuite entrepris d’expliquer aux jurés pourquoi Vasile Zaharia avait autant varié dans ses déclarations.

«Nous défendons ici la cause d’un homme démuni, perdu, qui erre dans les rues depuis de nombreuses années et dont, malheureusement, les neurones ont été grignotés par l’éthanol. La cheffe d’enquête l’avait elle-même déclaré: ‘les souvenirs de Vasile Zaharia étaient confus’«, a-t-elle avancé.

Me Dumoulin a expliqué que son client avait, selon un mécanisme psychique décrit par des psychologues, tenté «de combler les blancs dans sa mémoire», sans aucune intention de mentir sur son rôle dans les faits. La pénaliste a également soutenu que Nicolae Dragu avait tenté de charger Vasile Zaharia, ce qui avait été relevé par un expert psychiatre.

Selon la défense, il y a, à tout le moins, un sérieux doute quant au fait que Vasile Zaharia a donné des coups. «Rendre la justice, c’est accepter le doute», a terminé Me Dumoulin.

Nicolae Dragu, âgé de 44 ans, et Vasile Zaharia, âgé de 53 ans, sont accusés du meurtre de Traian Zoltan, âgé de 50 ans, commis la nuit du 15 au 16 septembre 2018 à Bruxelles.

Le corps sans vie de la victime avait été découvert à l’intérieur d’une cabane en bois, située le long du Boulevard de l’Empereur à Bruxelles, le 17 septembre. Elle était décédée des suites de coups par objet contondant et de manoeuvres d’étouffement, associées à une intoxication alcoolique sévère et à une fragilité cardiaque.

Lors de sa première audition, Vasile Zaharia, qui est à l’origine de l’appel passé aux services de secours le 17 septembre, avait déclaré qu’il avait passé la nuit du 15 au 16 septembre dans cet abri de fortune, en compagnie de Nicolae Dragu et de Traian Zoltan. Ils avaient consommé de la bière et de la vodka puis ses deux comparses s’étaient disputés pour une question d’argent.

Nicolae Dragu, quant à lui, avait été arrêté en France une quinzaine de jours après les faits. Il avait confirmé s’être disputé avec Traian la nuit dont il est question, l’avoir giflé puis l’avoir frappé avec un tuyau en plomb à plusieurs reprises dans les bras et les jambes. Il avait ajouté que Vasile avait ensuite également donné plusieurs coups à la victime avec cet objet.

Réinterrogé, Vasile Zaharia avait alors admis avoir donné un coup à la victime, au niveau de la plante des pieds. Mais il est revenu sur cette déclaration devant la cour d’assises, affirmant avoir été arrêté par Nicolae Dragu dans son geste de frapper Traian Zoltan.

Les accusés avaient tous deux déclaré qu’ils en voulaient à la victime parce qu’ils la suspectaient d’avoir commandité des vols d’objets et d’argent qui leur appartenaient, plusieurs mois auparavant.

Le procès se poursuivra jeudi matin avec les répliques et les derniers mots des accusés. Le jury entrera ensuite en délibération et devrait rendre son verdict dans le courant de la journée.