MONS

Procès Hakimi/Pauwels: Farid Hakimi conteste l’agression de Lasne et d’autres vols avec violence

Procès Hakimi/Pauwels: Farid Hakimi conteste l’agression de Lasne et d’autres vols avec violence

Farid Hakimi conteste l’agression violente commise en mars 2017 dans une villa à Lasne. BELGA

Après avoir plaidé l’irrecevabilité des poursuites en raison du comportement du chef d’enquête, Me Frank Discepoli, avocat de Farid Hakimi, a plaidé sur le fond de l’affaire.

 

 

Son client, considéré par le parquet fédéral comme le dirigeant d’une association criminelle qui a multiplié les home-jackings, entre 2015 et 2017, dans le Hainaut et le Brabant wallon, encourt 20 ans de prison. Il conteste une partie des faits et le rôle de dirigeant de cette association criminelle.

Le boxeur montois, qui fêtera bientôt ses trente ans, est en aveux d’avoir braqué des dealers mais pas des travailleurs indépendants.

Farid Hakimi conteste avoir donné les renseignements à Hammouda pour commettre un vol avec violence chez le patron d’une friterie «et il n’a pas été entendu là-dessus», indique son avocat, ajoutant qu’Hammouda était revenu sur ses déclarations.

 

Pas assez de preuves dans certaines préventions

 

Concernant un vol avec violence commis à Bernissart, chez un chef d’entreprise, Farid Hakimi le conteste également. Deux coinculpés l’accusent et Farid Hakimi a demandé une confrontation «qui n’a pas eu lieu car les deux accusateurs n’ont pas osé», indique Me Discepoli.

D’autres préventions sont vivement contestées par la défense sur la base des mêmes motifs: déclarations de coprévenus et absence de devoirs d’enquête. Pour la défense, les preuves ne sont pas suffisantes et les déclarations de Marwan Hammouda, dont la compagne a entretenu une relation avec le chef d’enquête, sont fluctuantes.

Dans son réquisitoire, le procureur fédéral avait estimé qu’il ne disposait pas d’assez de preuves pour demander la culpabilité de Farid Hakimi dans certaines préventions. La défense a plaidé l’acquittement, en pointant notamment le fait que, lors de l’enquête, le véhicule utilisé par les auteurs d’un home-jacking avait changé miraculeusement de modèle et de marque.

Concernant un vol commis dans la région de Mons, les premiers soupçons de la victime ont été portés sur trois autres hommes, dont l’un est connu des autorités judiciaires. Le lendemain des faits, on exploite les images vidéos d’une boulangerie voisine et on découvre une voiture suspecte, une Audi A5 foncée dont la plaque se termine par 556 ou 558. Ce qui correspond à la voiture d’un certain A. T., qui n’est pas prévenu dans cette affaire. «Le 14 mars 2017, une information policière désigne Farid Hakimi et deux autres prévenus, Benaouane et Faedda. On s’est braqué sur ces trois-là en n’enquêtant même pas sur A. T.», indique l’avocat.

Cependant, Benaouane est en aveux des faits, comme l’a fait remarquer le président du tribunal. «Mais ce n’est pas pour autant qu’il a été suivi par Hakimi», répond l’avocat.

 

«Où est l’acte de participation?»

 

Au sujet de l’agression violente commise en mars 2017 dans une villa à Lasne, chez l’ancien compagnon de Noëlle «Vanessa» Colassin alors en couple avec Stéphane Pauwels, un document décrivant les lieux a été retrouvé chez Farid Hakimi. Il dit l’avoir reçu d’Ennif pour le remettre à Benaouane. «Où est l’acte de participation?» demande l’avocat. «Il n’y a aucun contact téléphonique entre Jamal Ennif et Farid Hakimi avant les faits», précise-t-il.

Farid Hakimi conteste aussi avoir fait un repérage des lieux. Il prétend s’être rendu chez un ami à Overijse. L’ami ne se souvient pas mais Me Discepoli dépose une capture d’écran où l’on voit les deux hommes à 21h41, le 5 mars, à Overijse.

Pour les stupéfiants, Farid Hakimi conteste la circonstance aggravante d’association, «faute d’éléments suffisants». Son avocat ajoute qu’un seul témoin parle d’une association.

Me Discepoli conteste enfin les coups qu’aurait portés son client à un jeune dans une discothèque. «Ses explications sont cohérentes, au contraire de celles de la victime. Il existe un doute».

Farid Hakimi est sous surveillance électronique après avoir passé trois ans en détention préventive, notamment durant huit mois à Bruges où il a été coupé du monde. Pour son avocat, le chapeau que lui a mis le parquet fédéral est trop grand pour lui. «C’était un boxeur talentueux. C’est un sportif qui souhaite reprendre la compétition, faire parler de lui positivement dans les journaux», a déclaré son avocat.