HUY

Un Néerlandais met le feu au château de la Motte en Gée

Un Néerlandais met le feu au château de la Motte en Gée

En conflit avec un organisateur de tournois d’airsoft, l’homme avait mis le feu au château. Heymans

Victime de graves troubles psychologiques, ce Néerlandais avait mis le feu au château de la Motte en Gée à Tihange.

C’est un homme timide, gêné et visiblement fragile qui s’est avancé devant le juge du tribunal correctionnel de Huy ce mercredi matin. Ce Néerlandais, âgé de 40 ans, est en aveux de faits graves qui s’étaient produits le 28 juin 2018. Ce jour-là, l’homme avait déclenché un incendie au château de la Motte en Gée, à Tihange. «Je n’étais pas vraiment moi-même, révèle-t-il devant le juge. Je suis militaire et je souffrais d’un stress post-traumatique, sans m’en rendre compte à ce moment-là.» Amateur d’airsoft, le prévenu était en conflit avec un organisateur de tournois. Lors de son arrestation, il avait alors expliqué à la police qu’il avait voulu détruire le site car il le trouvait dangereux.

Ce 28 juin 2018, il s’était alors rendu sur place, depuis son domicile aux Pays-Bas. Après avoir garé sa voiture dans le bas de Tihange, l’homme est monté à vélo jusqu’au château avec du White-Spirit pour allumer trois foyers dans un salon du château. Deux policiers, en balade en famille près du château ce jour-là, avaient alors repéré le prévenu et immédiatement prévenu les pompiers, ce qui avait permis de limiter les dégâts déjà importants. «Quand j’ai entendu des gens crier, j’ai eu peur et j’ai réalisé ce que je venais de faire, ajoute-t-il. J’avais vraiment honte. Après cela, j’ai contacté l’armée afin d’obtenir un suivi psychiatrique. À présent, je suis suivi dans un centre civil.»

La substitute du procureur a rappelé la gravité des faits dans un lieu fréquenté par des promeneurs. «J’ai toujours du mal à comprendre ce geste, précise-t-elle. La personne avec qui cet homme était en conflit n’était pas la propriétaire du château.» Devant la difficulté de faire prester une peine de travail ou un sursis probatoire à une personne vivant aux Pays-Bas, la substitute a réclamé une peine de trois ans de prison avec sursis. Du côté de la défense, Me de Samblanx a mis en avant l’honnêteté de son client et sa volonté de se prendre en main. «Nous sommes devant des faits désagréables qui auraient pu être dramatiques, admet-il. Sa réaction a été disproportionnée en plus d’être à côté de la plaque. Mon client souffre de grosses difficultés psychologiques après deux missions en Afghanistan et une en Irak et, dès le lendemain des faits, il a demandé sa prise en charge. J’ajouterai qu’il n’y a plus rien à lui reprocher depuis ces événements.» L’avocat du prévenu a quant à lui réclamer une peine de travail que l’homme se dit prêt à effectuer en Belgique.

Jugement le 14 octobre.