BELGIQUE

«Reporter la sortie du nucléaire est une solution trompeuse»

«Reporter la sortie du nucléaire est une solution trompeuse»

La centrale nucléaire de Tihange EdA

«Retarder partiellement la sortie du nucléaire est une fausse solution, qui prolonge de plus le risque nucléaire et augmente les coûts», déclare Jan Vande Putte, expert en énergie à Greenpeace.

Une étude du projet collaboratif flamand EnergyVille rapportait jeudi que le maintien des centrales nucléaires pendant encore dix ans coûterait chaque année 100 millions d’euros en moins que leur fermeture en 2025. Greenpeace souligne que les coûts et les risques liés au stockage des déchets nucléaires n’ont pas été pris en compte.

Selon l’étude, une économie de 25 mégatonnes d’émissions de CO2 serait perdue en fermant les centrales nucléaires, puisqu’on passerait aux centrales au gaz. Pour Greenpeace, on ne peut pourtant pas conclure que la fermeture des deux centrales nucléaires est une mauvaise chose pour le climat. L’étude d’Energyville a pris en compte la fermeture de centrales énergétiques dans nos pays voisins, principalement des centrales au charbon en Allemagne, et tire des conclusions pour la Belgique. Des investissements dans les centrales au gaz seraient notamment nécessaires.

Cependant, il est «impossible» de calculer l’impact du CO2 uniquement au niveau belge, selon Greenpeace. Le système d’échange de quotas d’émission de l’UE garantit également que ces 25 mégatonnes de CO2 présentes sur le marché du CO2 doivent être compensées par des émissions plus faibles ailleurs en Europe.

Il ressort également de l’étude que maintenir les centrales nucléaires ouvertes ne freine pas les énergies renouvelables, ce que Greenpeace conteste. En cas de surproduction, les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire ou au charbon sont difficiles à combiner. Par conséquent, l’énergie renouvelable est sérieusement limitée et un effet peut être observé dans un cadre européen, selon l’organisation. «Ceux qui veulent prolonger l’énergie nucléaire mettent un frein au développement d’alternatives. C’est difficile à quantifier, mais le secteur l’expérimente», ajoute-t-elle.

En outre, il est possible d’éviter en grande partie la construction de nouvelles centrales au gaz, d’après Greenpeace. Selon une étude de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg), cela pourrait être possible dans les quatre prochaines années. «Si nous fermons les centrales nucléaires, nous pouvons tout mettre en oeuvre avec tous les acteurs pour éviter autant que possible des nouvelles centrales au gaz, et cela en collaboration avec les pays qui nous entourent», déclare M. Vande Putte.