TOURNAI

Le Tournai d’avant: dans l’enthousiasme, une ville.. royale

Ils furent très nombreux, les curieux, pour suivre l’évolution de la construction de leur station. Les pessimistes eurent tort: tout est prêt et pas que la gare.

La Ville fait preuve, à cette époque, d’un dynamisme bienvenu. Leur cité moyenâgeuse, les édiles la transforment à grand renfort de chantiers et de projets grandioses.

La gare s’avère un joyau, il faut lui donner un collier digne d’elle. Pour en faciliter l’accès, la «Petite rivière» est voûtée sur toute la largeur de la place, la caserne des Capucins est détruite, les masures et ruelles entre l’église Saint-Brice et le square font place à des rues droites, larges où s’érigeront peu à peu de hautes maisons bourgeoises.

Le grand pavois

Plus encore que jamais, la ville s’est pavoisée. Innombrables sont les drapeaux, les feuillages, les fleurs, les arceaux tricolores ou en rouge te blanc de la cité. Portiques, arcades, arcs de triomphe se dressent de tous côtés notamment au pont Notre-Dame avec un arc de 27 mètres de haut, dessiné par Legendre.

Le samedi 23 août, les mines sont pourtant contrites, il pleut à torrents. La retraite aux flambeaux des Chasseurs à pied parcourt quand même les rues.

Le banquet de la société d’horticulture et d’agriculture est une grande réussite, couronnée de discours et d’espoirs pour le lendemain, ses membres ayant œuvré avec cœur et talent pour offrir au roi, une arrivée parmi les fleurs.

Cérémonial officiel

A dix heures, ce dimanche 24 août, LL.MM. et LL.AA. RR. les comte et comtesse de Flandres ainsi que les sommités locales et nationales se soumettent à l’écoute de la Brabançonne et du (long) discours du bourgmestre Crombez, Le premier d’une série d’autres car chaque hôte tient à s’adresser aux souverains. Tous furent, dans la verve du temps, féconds en rappels historiques, fidélité à la Patrie et à la couronne, évocation d’espérances.

Les courtes mais cordiales réponses royales (Louis XIV eut apprécié) sont entrecoupées de présentations dont celles des officiers nés à Tournai.

La voiture de la famille parcourut, au centre d’un enthousiasme exceptionnel, les principales artères avant de gagner la cathédrale, d’y entendre la messe. Plus officielle, la cérémonie à l’hôtel de ville, un banquet succulent mais rapide car à 14 h 00, la famille royale prend place dans la tribune du forum pour assister au cortège, promis et il le fut, très attrayant.

Cantons à l’honneur

Toutes les autorités, les sociétés, les musiques des six cantons de l’arrondissement formeront un cortège coloré; chacun d’eux s’enorgueillit d’un char allégorique le symbolisant.

Rendez-vous à Maire pour quatre à cinq cents groupes, divisés en sept sections qui déambulent de la Madeleine à La Grand-Place au milieu de milliers de spectateurs. Lesquels applaudirent Antoing et les produits calcaires, Celles, en l’agriculture, Leuze, la bonneterie, la filature et teintureries,, Péruwelz, la sucrerie, la tannerie et la brasserie Templeuve, le tissage, le lin, le tabac;, Tournai (canton) la culture maraîchère. La ville termine le défilé avec un char superbe, attelé de huit chevaux blancs; où trône une déesse couronnée accompagnée de personnages portant cartels de ses forces vives, enseignement, arts, musique.

Ovation, cantate, visite au couvent des Sœurs Noires afin d’y remercier Sœur Vincent, de l’expo d’agriculture, banquet à la salle des concerts, bal, discours du roi qui quitta Tournai à 23 h 15.

Les Tournaisiens ne gagneront leur lit que bien plus tard car, dans tous les quartiers, il y a bals, jeux, animations. Ils s’en souviendront de l’inauguration de la station…

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