EMPLOI – ÉCONOMIE

Coronavirus: les travailleurs indépendants et de l’événementiel lancent un SOS au fédéral et à la Région

Une centaine de travailleurs fortement impactés par la crise du coronavirus, entre autres du secteur de l’événementiel (organisateurs d’événements, forains, traiteurs, food trucks…), ont manifesté ce mercredi matin à Namur, indique la police namuroise.

Ces travailleurs souhaitent lancer un appel à l’aide aux différents gouvernements, alors que la crise sanitaire les empêche en grande partie de travailler.

Plusieurs représentants ont quant à eux pris la direction de Bruxelles pour y rencontrer peu avant midi le ministre des Indépendants et des PME Denis Ducarme. «Dès maintenant, il est indispensable de soutenir bien davantage ceux qui sont à l’arrêt», explique l’un d’eux, Vincent Maillen. Dans l’après-midi, les mêmes revendications seront portées au gouvernement wallon.

Un cortège de mécontents s’est réuni en matinée sur le parking du Carrefour de Jambes. Une soixantaine de véhicules étaient présents, dont une vingtaine de food trucks et des camions de forains. Une opération escargot de 30 minutes était par ailleurs prévue dans Namur et Jambes, a indiqué la police.

Les manifestants étaient venus de toute la Wallonie. Des départs étaient organisés de Nivelles, Liège, Dinant ou encore Eghezée.

«Un tas de gens dépités»

Parmi eux, de nombreux indépendants dont l’activité a été fortement perturbée, voire complètement interrompue, par le confinement puis les limitations liées à la lutte contre la propagation du coronavirus. «Le malaise du statut est clairement là», explique en fin de matinée Vincent Maillen, lui-même promoteur immobilier dans le Namurois et par ailleurs conseiller communal cdH à Namur. C’est en tant que citoyen et entrepreneur qu’il a récemment lancé une page Facebook, «Indépendant», qui a rapidement rassemblé près de 40.000 personnes «qui connaissent les mêmes problématiques», explique-t-il. Il fait partie, mercredi, d’un groupe de 7 «représentants» qui vont rencontrer (vers 11h45, selon les dernières nouvelles) le ministre fédéral Denis Ducarme puis, dans l’après-midi, le ministre-président wallon Elio Di Rupo et son ministre de l’Économie Willy Borsus. Ils parleront au nom des forains, de travailleurs de l’événementiel, de traiteurs, de clubs sportifs et d’indépendants qui se sentent «la vache à lait de l’État», affirme-t-il, en route vers le cabinet Ducarme.

«Nous avons rencontré un tas de gens qui sont dépités, qui n’ont aucune perspective d’avenir», raconte-t-il. En cause: des aides financières jugées trop faibles par rapport aux coûts supportés par les indépendants et entrepreneurs, même quand l’activité est à l’arrêt, mais aussi le manque d’une perspective précise de reprise. «Les concerts, les mariages,… s’organisent longtemps à l’avance! Ces gens veulent un ‘temps T’qui leur donne une perspective de reprise», explique M. Maillen. Quant au droit passerelle organisé par le fédéral, «ces 1.600 euros (1614,10 euros par mois, pour indépendant ayant charge de famille, NDLR) permettent de beurrer sa tartine, mais pas de rembourser son crédit», tempère-t-il. Si cette aide est malgré tout positive, elle devrait être prolongée «au moins jusqu’au mois de mars» pour les professionnels qui s’appuient essentiellement sur la belle saison pour réaliser leur chiffre d’affaires, comme ceux qui gèrent un food-truck ou organisent des évènements estivaux, propose-t-il.

Le droit passerelle jusque fin décembre

Actuellement, le droit passerelle «corona» est prévu jusque fin décembre pour les indépendants qui répondent à certaines conditions, soit ceux qui souffrent de fermetures, même partielles, imposées par les pouvoirs publics: discothèques, forains, night shops, entre autres.

Côté régional, les demandes qui seront portées au gouvernement wallon concernent les aides spécifiques décidées au sud du pays (indemnité unique de 2.500 ou 5.000 euros, récemment complétée d’une indemnité complémentaire de 3.500 euros pour les entreprises), jugées plus faibles qu’en Flandre. Les professionnels souhaitent entre autres qu’on ne limitent pas les indemnités à certains codes NACE.