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Julien élève et vend des colonies de fourmis !

Julien Hendrickx est passionné de fourmis et c’est devenu son métier. Il fabrique et vend des fourmis et le matériel nécessaire pour les élever.

Il y a quelques années, des problèmes de santé poussent Julien Hendrickx à quitter son travail. Cet habitant de Stambruges (Belœil, Hainaut) décide alors d’exploiter sa passion pour en faire un métier. Il avait déjà élevé des colonies de fourmis dans des terrariums (aquariums sans eau, mais avec de la terre, des pierres, des plantes…). Le myrmécologue (qui s’intéresse aux fourmis) avait vu un magasin spécialisé en fourmis à Berlin (Allemagne). Et il connaissait des groupes de passionnés, sur Internet, Julien décide donc de commencer à vendre des fourmis… et des terrariums qu’il fabrique lui-même!

Ce genre d’entreprise existe déjà en Chine, en Australie, en Angleterre, en France, en Allemagne… mais pas en Belgique. «J’ai cherché des outils pour pouvoir produire du matériel de qualité en grande quantité. J’ai commandé une fraise cnc (un outil relié à un ordinateur, qui peut graver, creuser et couper du plexiglas, par exemple). Je n’y connaissais rien en informatique, donc je me suis enfermé pendant un an dans l’atelier avec la machine, à faire des tests, des essais: un couvercle, une fourmilière… jusqu’à être au point

Julien fabrique les couvercles de ses terrariums en plexiglas, dans la forme adéquate (qui convient). Il creuse aussi des jolies galeries dans des formes sympas, pour créer une chambre de reine où l’on pourra observer la reine, les œufs, les larves et les ouvrières s’activer à travers la paroi du terrarium.

Des fourmis coupeuses de feuilles

Julien vend plusieurs espèces de fourmis. «Principalement des coupeuses de feuilles, qui viennent d’Amérique du Sud. Je sais qu’elles sont tellement fragiles qu’il n’y a presque aucun risque qu’elles s’adaptent dans la nature chez nous. Il fait trop froid en hiver. Et en vente via Internet, je refuse de les vendre vers des pays tropicaux et subtropicaux. Là, elles survivraient et s’attaqueraient aux végétaux. Je n’ai pas envie d’être responsable d’un désastre écologique ou de l’effondrement de la culture du riz dans un pays d’Asie parce que j’ai vendu des fourmis coupeuses de feuilles à un Asiatique. D’autres font n’importe quoi, mais moi je veux avoir une certaine éthique (respect de règles morales).»

Julien vend également des reines de fourmis moissonneuses européennes, faciles pour débuter. «En été, je récolte aussi des fourmis du jardin que je donne à ceux qui débutent et qui m’achètent un terrarium.»

Utiles, les fourmis?

Certains détestent les fourmis ou en ont peur. Ces toutes petites bestioles jouent un rôle important dans la nature, pourtant! «Sans elles, on marcherait sur un tapis d’insectes morts. Parce que, dès qu’un insecte meurt et tombe au sol, il ne faut que quelques minutes pour qu’une fourmi le trouve et le rentre au nid. Évidemment, elles élèvent des pucerons qui sont dommageables aux cultures, et ce n’est pas très hygiénique d’en avoir dans sa cuisine. Mais à part ça, chez nous, on ne peut pas leur reprocher grand-chose.»

Julien fait une pause et ajoute: «Par contre, à Trinidad et Tobago (en Amérique du Sud), ça arrange bien les agriculteurs que mon fournisseur aille les débarrasser des coupeuses de feuilles. Une colonie de coupeuses de feuilles peut effeuiller un grand chêne en une nuit! C’est très difficile de faire pousser quoi que ce soit quand on a ces fourmis sur son terrain. Donc, avant la mise en culture, au lieu de pulvériser, les agriculteurs font venir mon fournisseur qui fait le tour des champs et déterre les jeunes colonies. Puis il ramène ça ici dans une valise, en avion.»

Qui achète ça?

En temps normal, Julien vend ses terrariums et ses fourmis à des bourses (foires) où l’on vend des nouveaux animaux de compagnie (iguanes, serpents, sauterelles, etc.). Il en fait une trentaine par an en Belgique et dans les pays voisins. Avec le coronavirus, les événements ont été supprimés donc il vend dorénavant beaucoup par Internet. Des familles et des professeurs commencent à passer commande. Les terrariums et les chambres reconstituées fabriquées par Julien sont tellement jolis qu’on peut les installer dans le salon, comme un aquarium. On peut y mettre des plantes et une petite cascade, ou des pierres sèches, selon la variété de fourmis… Il faut prévoir un éclairage et surveiller la température. Julien commence aussi à être invité à placer des terrariums avec des fourmis dans des écoles, et à y faire des animations.

 

En savoir plus

Une dizaine d’espèces de fourmis sont interdites de transport et de vente parce qu’elles sont reconnues comme problématiques au niveau écologique: elles pourraient se développer sans limite, au détriment d’espèces locales d’animaux. Certaines peuvent aussi nuire aux cultures.

En Belgique, il y a environ 80 espèces de fourmis. Dans le monde, on pense qu’il y en a environ 16 000 espèces différentes.

Certaines fourmis valent très cher. Ça peut aller à 500-600€ la reine.

 

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