Un implant pour connecter le cerveau au PC: les 5 choses à savoir

Un implant pour connecter le cerveau au PC: les 5 choses à savoir

Un robot pourra dans le futur vous greffer cet implant sous le crâne en une heure, assure le milliardaire Elon Musk. AFP/ NEURALINK

Le père de la voiture autonome se lance à corps perdu dans l’aventure de l’implant neuronal connecté.

Le milliardaire Elon Musk entend implanter une puce connectée dans notre cerveau. Après les voitures autonomes Tesla et les fusées SpaceX, l’implant neuronal Neuralink est le troisième grand projet de l’entrepreneur américain. C’est aussi le plus ambitieux et le plus controversé.

En connectant l’homme à la machine, le cerveau à l’ordinateur et au smartphone, la start-up Neuralink espère aider les personnes souffrant de lésions cérébrales ou de la moelle épinière, de déficits cognitifs comme la perte du langage… C’est du moins la partie visible et honorable de l’iceberg.

Voici les 5 choses à savoir sur cette technologie de demain.

1.Le principe

Toute l’architecture du projet Neuralink repose sur un implant neuronal dont la miniaturisation progresse à pas de géant. Avec ses 23 millimètres de diamètre, la dernière version ressemble à une pièce de monnaie très épaisse (8 millimètres).

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Le diamètre de l’implant neuronal s’apparente à celui d’une pièce de 20 eurocents. NEURALINK

Greffée sous le crâne, la petite puce est connectée à un millier de fils extrêmement fins dotés d’électrodes. Déployées dans la zone du cortex, ces électrodes étudient l’activité électrique des neurones et sont susceptibles de leur envoyer des instructions sous forme d’impulsions.

L’implant neuronal communique en Bluetooth avec une application installée sur un ordinateur ou un smartphone. Son autonomie est limitée à une journée. Sa recharge par induction se fait de nuit.

2.La chirurgie

Elon Musk promet monts et merveilles à l’heure d’évoquer la chirurgie destinée à greffer l’implant neuronal Neuralink sous le crâne. Le bouillant milliardaire estime qu’à terme, un robot ultra-perfectionné sera en mesure d’assurer son placement en une heure, dans le cadre d’une procédure ambulatoire.

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Elon Musk a récemment dévoilé le prototype du robot qui sera chargé de la greffe de la puce connectée sous le crâne. AFP/NEURALINK

Bref, le patient entrera le matin à l’hôpital, avant d’en ressortir quelques heures plus tard avec une petite cicatrice sur le cuir chevelu. Une anesthésie générale ne serait pas nécessaire.

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La puce connectée sera placée à proximité du cerveau depuis le sommet du crâne. AFP/NEURALINK

3.Les tests

Après les singes en 2019, les tests de l’implant neuronal Neuralink se concentrent en 2020 sur trois truies. «Des truies en bonne santé et heureuse de vivre», s’enthousiasme Elon Musk.

La puce greffée dans le cerveau de Gertrude analyse son activité neurologique. Dorothy, quant à elle, a simplement été greffée pour montrer que l’opération et la présence de l’implant ne provoquent aucun dommage, tout en étant réversible.

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Le crâne de la truie baptisée Gertrude accueille depuis deux mois la puce Neuralink. AFP/NEURALINK

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L’activité cérébrale de la truie Gertrude est analyse en temps réel par l’implant neuronal. AFP/NEURALINK

La prochaine étape, c’est évidemment les tests sur des humains. Neuralink se prépare progressivement à demander toutes les autorisations nécessaires aux autorités américaines. Dans ce cadre, Elon Musk vient d’annoncer une campagne de recrutement massif, visant à faire grimper le nombre d’employés de Neuralink d’une centaine à… 10.000.

4.Les usages

Stimuler et envoyer directement des instructions dans des zones du cerveau endommagées ou déficientes ouvre de nombreuses possibilités. Selon Elon Musk, l’implant Neuralink pourrait de la sorte aider les personnes qui souffrent de lésions cérébrales, de paralysie, de dépression, d’anxiété, de séquelles d’accidents vasculaires cérébraux, de cécité…

Le milliardaire estime carrément qu’un cas de lésion de la moelle épinière, placer une puce à l’endroit de la blessure permettrait de «contourner les circuits de transmission» endommagés. «Sur le long terme, je suis certain qu’on pourra retrouver l’usage complet de son corps», assure-t-il.

Il est fort à parier que le projet vise aussi à terme à renforcer et doper les capacités cognitives de chacun, dans une vision intrigante et inquiétante de l’humain augmenté.

5.Les doutes

«Nos sens fonctionnent avec des signaux électriques envoyés par des neurones à notre cerveau», estime Elon Musk. «Si vous corrigez ces signaux, vous résolvez les problèmes. Les neurones sont comme des câbles, on peut utiliser de l’électronique pour résoudre des problèmes électroniques.»

Même si l’entrepreneur s’entoure de neurochirurgiens et d’experts, son raisonnement est jugé simpliste par une partie de la communauté scientifique. «Chaque cerveau a une structure unique, massivement interconnectée», prévient Dean Burnett, chercheur de l’université de Cardiff, cité par l’agence de presse AFP.

Au-delà de la communauté scientifique, la start-up devra également convaincre les autorités sanitaires au moment de solliciter les autorisations nécessaires au développement du projet.

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