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De l’arsenic et du mercure dans le Geer!

De l’arsenic et du mercure dans le Geer!

Ce mercredi, le Geer était la proie d’une pollution anormale. «Et sur la photo, vous n’avez pas les odeurs»,, ironise Christophe Nihon. eda

Depuis la mi-juin, Christophe Nihon a constaté une pollution anormale du Geer à sept reprises. Après analyse, le résultat est accablant!

«C’est un peu en désespoir de cause que je vous contacte. Depuis le 14 juin dernier, soit en 2 mois, il y a eu au minimum sept déversements immondes dans le Geer. C’est à pleurer. À chaque fois, c’est le même scénario. Il a plu le jour précédent, et puis tel du champagne encre pétrole, notre rivière pétille de bulles au mercure, à l’argent et à l’arsenic sous sa couche de pollution.»

Christophe Nihon connaît fort bien le Geer. Il habite en effet dans le moulin à eau de Bergilers où il a d’ailleurs aménagé un système de production d’hydro-électricité. «Pour faire fonctionner la turbine, il faut une hauteur d’eau suffisante, car c’est le poids qui la fait tourner. Un système de vannes me permet d’y arriver. Du coup, je retiens toutes les crasses présentes à la surface. Sans cela, je n’aurais jamais rien vu.»

La première pollution a été détectée le 14 juin. «Je voyais bien que cela ne provenait pas des égouts et autres fosses sceptiques. J’ai porté plainte auprès de la Police de l’environnement. Le 9 juillet, nouvel arrivage de déchets. J’ai alors décidé de prendre des échantillons et de les faire analyser. Le résultat est accablant puisqu’il y avait de grosses quantités d’arsenic, d’argent, mais aussi de mercure. Cela s’est encore reproduit le 27 juillet, les 1er, 11 et 13 août, et finalement aujourd’hui. Ça a commencé vers 14 h. En quelques dizaines de minutes, la surface de la rivière est entièrement recouverte sur environ 100 m2.»

Le Bergilersois a même tenté de résoudre ce mystère par lui-même. «Les autorités sont informées, elles cherchent et font ce qu’elles peuvent, mais elles sont impuissantes. J’ai moi-même été de nombreuses fois me promener le long du Geer pour tenter de trouver une explication. J’ai aussi pris contact avec la station d’épuration de Lantremange, mais visiblement, la pollution se fait en amont de celle-ci.»

Soucieux de la préservation de la nature et de la biodiversité locale, Christophe Nihon ne sait plus quoi faire. «Au niveau biodiversité, il n’y a plus rien. Même plus un canard. Dès lors, je pense qu’il faut avertir le plus grand nombre de citoyens, pour qu’ils puissent aider à faire cesser cette pollution du Geer. Il faut prendre le pollueur sur le fait. Si quelqu’un a des informations, il peut contacter directement le centre 1718 de la Police de l’environnement. Il faut que cela cesse.»